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9 mars 2014

Bouygues-SFR-Free: craintes pour l’emploi dans la téléphonie mobile .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 17 min

Bouygues-SFR-Free: craintes pour l'emploi dans la téléphonie mobile . 2014-03-09bouygue

 

Social-Eco -            humanitefr            le 9 Mars 2014

 

Bouygues-SFR-Free: craintes pour l’emploi dans la téléphonie mobile

Mots clés :                           bouygues,                            iliad,                            sfr,                            telephonie mobile,                            Free,                            numéricable,

 

 

Rachat de SFR par Bouygues Télécom, qui cèderait son réseau d’antennes et ses fréquences mobiles à Free: face aux grandes manoeuvres dans la téléphonie mobile française, Arnaud Montebourg fixe une « ligne rouge », « zéro plan social, zéro plan de départs volontaires, zéro  licenciement ».

Le ministre du Redressement productif réagit ce dimanche à la recomposition de la téléphonie mobile qui s’opère en France. Dans un entretien au Parisien dimanche, Arnaud Montebourg prend fait et cause pour le projet de fusion de Bouygues Telecom avec SFR, au détriment de l’autre candidat au rachat, Numéricable. Soulignant la nécessité, « dans le désordre européen, d’augmenter la taille  de nos acteurs pour qu’ils soient capables de participer à la  consolidation européenne et pas d’en être victimes », le ministre estime que « la concurrence par la destruction s’arrêtera si nous revenons à trois  opérateurs mobiles tout en maintenant des prix bas. Elle ne  s’arrêtera pas si Numéricable conquiert SFR, puisque la concurrence  restera à quatre dans le mobile. Et, au final, soit Free soit Bouygues  sera à ramasser à la petite cuillère avec des milliers d’emplois  perdus ».

Délocalisations et fusions

Le héraut du made in France veut surtout éviter une casse sociale de grande ampleur et fixe une « ligne rouge » pour les candidats au rachat : « Ce  sera zéro plan social, zéro plan de départs volontaires, zéro  licenciement ». « Et engagement de patriotisme économique, c’est-à-dire  cotation à la Bourse de Paris, siège social en France, recherche et  developpement en France, relocalisation de call-centers et achat des  équipements télécoms chez le français Alcatel ». « Je demande donc à  voir. Mais nous souhaitons déjà que les candidats améliorent ces offres  au regard de nos exigences », précise Arnaud Montebourg.

L’inquiétude est vive pour ce secteur qui a déjà subi la délocalisation d’un grand nombre de services client et qui pourrait à nouveau connaître une saignée avec la fusion des activités des groupes qui se rapprochent. Ainsi, Bouygues Télécom va revendre à son concurrent Free et pour 1,8 milliards d’euros, selon le JDD, son réseau mobile et une partie de ses fréquences 4G, afin d’obtenir de l’Autorité de la concurrence le feu vert pour le rachat de SFR.

Les assurances de Bouygues

Interrogé par le JDD sur les conséquences sociales d’un rapprochement Bouygues-SFR, Olivier Roussat, pdg du groupe, affirme que ce « ne provoquera aucun départ ». Il prend l’engagement que les réinvestissements dans la nouvelle antitée « créera de l’emploi ». Quant aux boutiques et services de relation client, « en cas de fusion, nous aurons besoin des tous les salariés pour gérer la clientèle ». Même engagement pour le réseau de boutiques.

La CGT ne croit pas à ces promesses. Le syndicat dénonce le seul objectif poursuivi par ces grandes manoeuvres. « Dans les télécoms, en  Europe, la rentabilité financière, compte tenu de la concurrence entre  les opérateurs, se maintient via un mécanisme de concentration. Le  gâteau diminue un peu, le besoin d’investissements reste très important  et les actionnaires veulent maintenir leur taux de profit. Dans cette  logique capitaliste, les besoins des salariés et des « clients » ne  sont jamais pris en compte. La stratégie demeure le versement de  dividendes aux actionnaires. »

Pas inquiets

Des grandes manoeuvres qui n’inquiètent pas Nicolas Faber, délégué syndical CFTC, le premier syndicat chez Bouygues télécoms (47%): « Aujourd’hui, par rapport à l’emploi, je suis pas plus inquiet que ça. On est dans un groupe où tous les engagements pris ont toujours été tenus. Depuis l’arrivée d’un quatrième opérateur (Free, ndlr), on voit bien que c’est un marché qui est tiré par le bas en permanence. Aujourd’hui on est peut-être obligé de revenir à trois », a estimé le délégué syndical. « Cela peut garantir une concurrence constructive ».

« Quand vous tirez les prix vers le bas, automatiquement les niveaux de service et les qualités de service ne peuvent être que le reflet du prix », a-t-il estimé. « Un réseau ça coûte cher (…) et pour qu’un réseau puisse répondre aux demandes de nos clients, il faut impérativement qu’on arrive à le faire évoluer », a-t-il précisé.

Mutualisation

Selon Bernard Allain, délégué FO, « la partie fréquence ne représente pas des emplois directs mais des capacités en termes de volumes de données et d’hébergements de clients. Quant aux antennes, a-t-il expliqué, « on était déjà dans une mutualisation d’une grande partie de notre réseau, en dehors des projets actuels. Donc, on savait de toute façon qu’il y aurait des antennes en doublon ». « Je ne pense pas que ça rajoute une pression supplémentaire sur l’emploi », a-t-il ajouté, estimant que « l’emploi dépend directement de la guerre des prix et de la capacité des entreprises à investir notamment dans la fibre ».

Chez Free, « on est plutôt rassurés », a indiqué un délégué syndical CFDT, premier syndicat dans l’entreprise. « Nous développer davantage de manière fiable et performante sans passer par Orange est une garantie d’emploi pour nos salariés », a-t-il affirmé. « On est dans une dynamique de recrutement et c’est une opportunité supplémentaire de recrutement », selon lui.

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Stéphane Guérard

JE N’AI RIEN DIT…

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 12 h 00 min

Brigitte Caffin

 

« Je n’ai rien dit…

Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit…

Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes je n’ai rien dit

je n’étais pas syndicaliste

quand ils sont venus chercher les juifs je n’ai rien dit

je n’étais pas juif

quand ils sont venus chercher les catholiques je n’ai rien dit

je n’étais pas catholique

Puis ils sont venus me chercher

Et il ne restait plus personne pour protester.  »

POUR LA RELAXE DES 4 DU HAVRE, signez la pétition ! : C.G.T

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 53 min

POUR LA RELAXE DES 4 DU HAVRE, signez la pétition !

Le 21 Février dernier, le Procureur de la République du Havre a requis des peines complètement démesurées à l’encontre de 4 militants de l’UL CGT : 2 mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende dans une 1ère affaire et 6 mois de prison ferme et 500 euros d’amende contre les 2 secrétaires généraux de l’UL dans une 2ème affaire. Cet acharnement judiciaire fait suite à des plaintes du PS et du PRG havrais fiers d’avoir fait reculer l’âge légal du départ en retraite, d’avoir allongé la durée de cotisations, d’avoir imposé l’ANI et facilité ainsi les licenciements économiques. Ainsi que d’une plainte d’un huissier sans fondement suite au conflit SPB !

La CGT refusera d’être un bouc émissaire et de servir d’exemple à ceux qui tentent, coûte que coûte, de régler des comptes !

SIGNER  et faites signer, LA PETITION POUR EXIGER LA RELAXE TOTALE ET SANS CONDITION DES 4 MILITANTS SYNDICAUX AUJOURD’HUI INCULPES.

* en lien, la pétition : http://chn.ge/1f5Fi5V

SYNDICALISTES, PAS VOYOUS !

ENSEMBLE REFUSONS LA CRIMINALISATION

DE L’ACTION SYNDICALE !

L’Ukraine et le savoir-faire de la nouvelle diplomatie allemande .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 49 min

L’Ukraine et le savoir-faire de la nouvelle diplomatie allemande . 2014-03-10steinmeir

Frank Walter Steinmeier a « fait ses armes » à la tête des services de renseignements allemands durant la guerre en Yougoslavie.

Monde -            humanite            le 7 Mars 2014

Quels sont les pays qui interfèrent dans les événements ukrainiens ?

L’Ukraine et le savoir-faire de la nouvelle diplomatie allemande

Mots clés :                           ukraine,                            allemagne,                            anders fogh rasmussen,                            guido westerwelle,                            suzanne wasum-rainer,                            vladimir caller,

Par Vladimir Caller, Analyste politique.

 

Vladimir Caller, analyste politique, analyse l’activisme du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, dans la crise ukrainienne.

Ce 31 janvier passé, dans le cadre de la Conférence de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : « L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde. » Venant précisément de ce ministre-là, ces paroles prennent un relief particulier.

Bien plus prudent que son prédécesseur, Guido Westerwelle, qui s’était permis d’aller à la place Maïdan pour haranguer les manifestants, un peu comme si Ahmadinejad venait faire des quenelles devant le ministère de Manuel Valls, l’actuel ministre des Affaires étrangères s’est plutôt distingué par une extrême discrétion, en particulier sur son rôle dans les services secrets de son pays pendant les guerres yougoslaves. En fait, sa carrière dans les services spéciaux et la diplomatie commença en 1998 lorsqu’il fut nommé coordinateur des organes d’intelligence de la chancellerie jusqu’à en devenir le chef en 1999, ayant à sa charge le BND (Bundesnachrichtendienst), le service fédéral de renseignement. À ce titre, il a été le responsable, côté allemand, des programmes germano-américains de l’ainsi nommée « guerre contre le terrorisme ».

Kosovo

Ce furent ses performances lors des guerres yougoslaves qui ont contribué à l’accroissement de l’influence allemande dans le sud-est européen et qui lui ont donné le rôle qui est le sien aujourd’hui. C’est sous sa gestion de la chancellerie allemande que le BND a non seulement cessé de considérer l’UCK (Armée de libération du Kosovo) comme une organisation terroriste mais s’est engagée à la soutenir sans réserve, sur le plan matériel, technologique et de propagande dans sa guerre contre le gouvernement de Milosevic.

La guerre finie avec la victoire de l’UCK et de l’Otan, la Yougoslavie démembrée, l’activisme balkanique de la BND est resté toujours actif sous l’impulsion de FWS. D’ailleurs des analystes de la politique allemande dans la région soupçonnent l’implication du BND lors des graves incidents anti-serbes de mars 2004 au Kosovo. Plus récemment, et dans le cadre de ladite « guerre contre le terrorisme », sa collaboration sans faille avec les services américains, accusés, entre autres, des pratiques illégales comme la séquestration et même de torture, a soulevé de sérieux questionnements.

« Façonner le monde du XXIe siècle »

Doté d’une ambition très marquée, le ministre n’a pas hésité à écrire en 2009 une lettre ouverte au président Obama (En étroite coopération dans le Spiegel du 12 janvier 2009) lui disant: «Ensemble, nous pouvons façonner le monde du XXIe siècle. » Plus localement, cette motivation fut confirmée par une déclaration conjointe de la CDU et du SPD, inspirée notamment par lui, et selon laquelle, «l’Allemagne se devait de participer activement dans la configuration de l’ordre international», et, en plus, de rester prête «à tout genre d’interventions partout dans le monde», y compris bien entendu dans ses versions armées «associant les apports civils et militaires de l’Union européenne», en invoquant, comme ce fut le cas en Yougoslavie et ailleurs, des motivations humanitaires: «Dans ses missions internationales pour les droits humains, la crédibilité de l’Union européenne est tributaire de la façon dont elle respecte ses principes et les applique en commençant par son propre territoire » (Accord de coalition « Assurons l’avenir de l’Allemagne », entre la CDU-CSU-SPD de novembre 2013).

Les événements en Ukraine tombent donc à pic pour nourrir l’activisme de l’actuel ministre: en association avec son collègue polonais, Radoslaw Sikorski, il a contribué à faire basculer le pouvoir à Kiev. Non sans raison, ce dernier avait déclaré à Berlin en 2011: «Je redoute moins la puissance allemande que l’inaction allemande.» Le ministre polonais n’a rien à craindre, FWS s’occupe déjà des dossiers de la Moldavie et de la Géorgie. Et Sikorski, lui, est pressenti comme futur candidat au poste de secrétaire général de l’Otan en replacement d’Anders Fogh Rasmussen.

Biélorussie

Renouveau donc de la diplomatie allemande où FWS reprend l’héritage de son camarade de l’époque des aventures yougoslaves, Joska Fischer, tout en sortant de la retenue qu’observait son prédécesseur Guido Westerwelle quant aux engagements militaires de la Bundeswehr. Bousculant même la ligne de Mme Merkel, l’Allemagne vient de s’engager à intervenir au Mali et une brigade franco-allemande sera constituée à cet effet.

FWS «va montrer sa différence», disait à ce propos le Monde, le 23 janvier 2014. Tandis que Rasmussen déclarait au même journal, quelques jours plus tard, en parlant de l’intervention armée française: «Ce qui se produit en Afrique pourrait arriver en Europe » (Le Figaro du 29 janvier 2014). À son tour, comme faisant écho, interrogée par la radio France Inter, le 19 février, sur l’éventualité d’une opération militaire en Ukraine, l’ambassadeur allemand en France, Suzanne Wasum-Rainer, ne semblait pas choquée par la question et répondait: «La diplomatie est plus efficace. L’utilisation des moyens militaires est une mesure de dernier recours.» Pas très excessif donc peut-être de songer à l’Ukraine d’aujourd’hui en pensant à la Yougoslavie d’hier et très probablement à la Biélorussie de demain.

Et autant de raisons pour bien méditer sur la phrase du ministre.

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Vladimir Caller

Le Vénézuela de l’après-Chavez est-il en crise? .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 38 min

Le Vénézuela de l'après-Chavez est-il en crise? . 2014-03-09venezuela

 

Monde -            humanite            le 7 Mars 2014

l’Humanité des débats Table ronde

Le Vénézuela de l’après-Chavez est-il en crise?

Mots clés :                           vénézuéla,                            nicolas maduro,                            olivier compagnon,                            l’après chavez,                            jacques sapir,                            obey ament,

 

 

Table ronde avec Olivier Compagnon, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Iheal. Obey Ament, coordinateur du groupe Amérique latine du Parti communiste français. Jacques sapir, économiste et directeur d’études à l’EHESS.

Rappel des faits. Un an après la disparition d’Hugo Chavez, le Venezuela est traversé par un mouvement de profonde déstabilisation orchestré par l’opposition locale et la diplomatie des États-Unis. Un mouvement social, parti des milieux estudiantins sur la base de la dénonciation de l’insécurité a vite été relayé par un opposition battue aux élections d’avril 2013 mais impatiente d’en découdre avec Nicolas Maduro, successeur de Chavez. Depuis la mi-février, la tension monte avec, du côté de l’opposition, la volonté manifeste de discréditer les représentants constitutionnels de la république bolivarienne et d’entraîner le pays dans un mouvement d’enlisement. Une tentative pour rejouer le coup d’État de 2002 ? Ou, plus proche dans le temps, de renouveler, plus loin dans « l’arrière-cour », l’essai qui a permis l’éviction, avec la bénédiction du Pentagone, du président élu du Honduras, Manuel Zelaya, en juin 2009 ? Le fait est que, sous une double dimension – politique et économique –, les assises de la Révolution bolivarienne semblent fragilisées.

 

 

Les récents événements 
au Venezuela mettent 
en exergue les difficultés économiques du pays. 
Quelles sont-elles?

Obey Ament. Le Venezuela reste un pays dépendant des exportations pétrolières (95 % du total exporté) et des importations d’aliments, machines-outils et produits transformés. L’objectif du gouvernement bolivarien, qui vise la diversification de son économie et le développement des secteurs industriels et agricoles, n’a pas encore pu aboutir. Les revenus du pétrole ont été massivement utilisés pour le développement social du pays. En 2010, le Venezuela est devenu le pays de l’Amérique latine où les inégalités ont le plus reculé ; en 2012, la pauvreté a encore reculé de 20 %. Les Vénézuéliens ont aujourd’hui une sécurité sociale et des pensions indexées sur le salaire minimum. Le taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire est passé de 48 %, en 1998, à 73 % et, dans l’enseignement supérieur, il atteint 83 % grâce aux programmes spéciaux en direction des exclus. Ces progrès sociaux ont permis de rééquilibrer un salaire moyen en recul qui ne se remet pas des années de néolibéralisme et qui a connu des fortes chutes lors de la période autour du coup d’État de 2002 et avec la crise dans les pays industrialisés. Une forte inflation et la spéculation avec le dollar sont le fruit des déséquilibres propres à un pays dépendant de la rente pétrolière. Vient s’ajouter la « guerre économique », entretenue par une partie du patronat qui contrôle les importations, organise l’accaparement des produits de première nécessité et spécule contre la monnaie nationale. C’est sur ces difficultés que l’opposition la plus radicale s’appuie en essayant d’entraîner les Vénézuéliens dans une spirale de la violence qui cherche à faire tomber le gouvernement

Olivier Compagnon. Le principal problème économique auquel sont confrontés les Vénézuéliens aujourd’hui réside précisément dans l’inflation, qui a atteint des proportions exceptionnelles en 2013 avec un taux annuel supérieur à 55 % et qui affecte grandement le revenu des ménages, bien que les salaires augmentent aussi régulièrement. La cause structurelle en réside dans le caractère rentier d’une économie qui repose sur un afflux massif de pétrodollars et qui n’a pas fait l’objet d’une réelle diversification sous Chavez. C’était l’un des principaux défis des années 2000, avec celui de la diminution de l’insécurité, et aucun des deux n’a réellement été relevé. Dans une certaine mesure, c’est la lassitude d’une grande partie de la population face à ces maux que paye aujourd’hui le gouvernement Maduro.

Jacques Sapir. Le Venezuela connaît effectivement, depuis septembre 2012, une forte accélération de l’inflation et le décrochement du taux de change officiel avec celui de la « rue ». Ce sont les symptômes de difficultés qui, pour une partie, tiennent à une politique sociale trop ambitieuse (3 millions de logements équipés qui sont distribués gratuitement), mais aussi, pour une autre partie, aux difficultés qu’il y a à ré-industrialiser un pays qui s’est soumis, depuis la fin des années 1930, à la logique de la rente pétrolière. Le gouvernement me semble avoir été trop soumis à la logique « consumériste » qui domine dans la société et qui pousse à la gratuité. Or, nous savons bien que le socialisme, ce n’est pas la gratuité et cela d’autant moins que, grâce à la politique économique mise en place, le taux de chômage est très bas (5 %). Il faut de plus savoir que la pression fiscale est très faible, autour de 13 % du PIB. En Russie, dans une économie où les hydrocarbures sont importants, on est à 23 % du PIB en contributions directes.

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Assiste-t-on à une rupture dans 
la conscience politique et sociale des Vénézuéliens à l’égard du projet bolivarien, ou à une énième tentative de déstabilisation du régime par 
ses opposants ?

Olivier Compagnon. Sans doute, à un peu des deux. D’un côté, l’extrême conflictualité politique que l’on observe aujourd’hui s’inscrit dans la continuité de ce que l’on a pu observer dès le début des années 2000, notamment au moment de la tentative de coup d’État d’avril 2002, évidemment. Les années Chavez ont produit un très fort clivage politique qui resurgit périodiquement dans des termes, et avec des acteurs, relativement constants. Dans le même temps, depuis 2007-2008 au moins, des secteurs traditionnellement acquis à la Révolution bolivarienne tendent à s’en démarquer en raison des nombreux problèmes irrésolus et d’une usure du pouvoir qui est un processus politique somme toute logique. Les indéniables progrès réalisés en termes de redistribution, lisibles dans la nette diminution de l’indice de Gini qui évalue l’inégale répartition des revenus au sein d’une société, ne suffisent plus à entretenir la flamme. D’autant que Maduro n’a jamais réussi à construire un leadership comparable à celui de Chavez depuis un an, étant donné sa moindre habileté médiatique et les fortes oppositions qu’il rencontre à l’intérieur de son propre camp.

Obey Ament. Contrairement à l’image que certains médias ont voulu imposer, il faut insister sur le fait qu’une majorité de Vénézuéliens n’adhèrent pas aux dernières manifestations de l’opposition. Lors du référendum de 2007, la campagne de peur orchestrée par l’opposition a mobilisé une partie des classes moyennes, favorisant ainsi la victoire du non contre le projet socialiste chaviste. Depuis, l’opposition gagne du terrain d’élection en élection. Ces couches sociales, inquiètes des difficultés actuelles, se retrouvent avec les classes possédantes et avec l’opposition la plus radicale dans un mouvement violent qui cherche la déstabilisation du pays et la fin du gouvernement chaviste.

Jacques Sapir. Le projet bolivarien a permis de réinsérer dans la société la majorité exclue de la population – indiens, noirs et métis. La révolution fut le fait de ceux que l’on appelle les « colorados », et qui sont la grande majorité de la population. C’est un grand et réel succès de Chavez et des gouvernements qui se sont succédé que d’avoir sorti cette population de la misère. Mais le projet bolivarien tend aujourd’hui à s’essouffler parce qu’il fonctionne sur la distribution et non la redistribution. Il est urgent de lui trouver de nouvelles modalités d’application. De plus, il est incontestable qu’il y a un problème de corruption dans l’administration. Sans en exagérer l’effet, il faut que le gouvernement y prenne garde. Par ailleurs, il ne faut jamais oublier qu’une partie de l’opposition n’a jamais admis le régime. Elle est dans une logique putschiste depuis le début de la révolution bolivarienne. C’est le cas de ces élites « blanches » de la grande bourgeoisie compradore, dont Capriles est le représentant, et dont le rêve – et seul objectif – est de passer la fin de semaine à Miami. L’opposition entre « blancos » et « colorados » est importante. Elle est intrinsèquement violente. Il y a cependant une opposition plus modérée, qui a voté la « loi habilitante » qui donne la possibilité au président Maduro de gouverner par décrets. L’opposition putschiste mène aussi une véritable guerre, avec des assassinats ciblés, contre cette opposition démocratique.

2014-03-09venezuela2

À quels nouveaux enjeux, sur 
le terrain économique en particulier, se trouve confronté le gouvernement du président Maduro ? Quelles pistes peut-il ou doit-il emprunter ?

Olivier Compagnon. Indépendamment d’éléments conjoncturels liés par exemple aux variations du cours du pétrole, la question centrale demeure bien d’engager des réformes structurelles permettant au Venezuela de limiter sa dépendance vis-à-vis des exportations de pétrole et des importations de produits de toute sorte, notamment dans le domaine alimentaire. Cela suppose un véritable effort de planification que la temporalité politique du XXIe siècle, au Venezuela comme ailleurs, n’autorise peut-être plus.

Obey Ament. Les enjeux actuels sont économiques et politiques : jusqu’ici, 64 % des ventes à l’extérieur ont servi le développement, afin de répondre à l’urgence d’une situation laissée par le néolibéralisme. Mais les objectifs de diversification économique pour sortir du modèle « rentiste » restent à atteindre. Les énormes ressources disponibles peuvent orienter vers l’industrialisation, pour favoriser la souveraineté alimentaire et la formation permettant au Venezuela de dépasser le modèle de développement actuel. Le projet d’intégration des pays du Cône Sud est une pièce maîtresse pour l’avenir. Jusqu’ici, cette intégration a beaucoup avancé sur le plan politique mais reste bloquée sur le plan du développement des infrastructures et de la création d’un marché régional et de chaînes productives.

Jacques Sapir. Le premier enjeu, de court terme, est de stabiliser le taux de change. Il faut que le gouvernement unifie le taux « officiel » et le taux de la « rue », et qu’il mette ce taux sous le contrôle de la banque centrale, qui agira alors par des systèmes de dépôts obligatoires et de taux d’intérêt. Mais sur le fond, il faut à la fois pousser à une ré-industrialisation du pays et au développement de productions locales, et mettre en place un système social plus juste, fondé sur la redistribution et non la simple distribution. On oublie que le Venezuela fut un exportateur de biens alimentaires jusqu’au début des années 1940, avant que la logique de la rente n’emporte tout. Par ailleurs, la quasi-gratuité des carburants n’a pas de sens. C’est une subvention aux propriétaires de grosses voitures américaines ! Il faut aider les plus pauvres, au prorata de leurs revenus, mais cesser, sauf cas particulier, cette politique de la gratuité ou de quasi-gratuité. Il faut aussi un système fiscal qui fonctionne, et reconstruire une administration largement inexistante depuis les années 1950.

 

La violence et l’audace des manipulations médiatiques à l’égard du gouvernement vénézuélien 
ne replongent-elles pas le pays 
dans un contexte analogue à celui 
du coup d’État de 2002 ?

Olivier Compagnon. La violence politique et les manipulations médiatiques sont aujourd’hui l’apanage des deux camps, au point que le climat actuel s’apparente, plus encore qu’en 2002, à celui d’une guerre civile. L’un des éléments les plus inquiétants, que l’on pouvait d’ailleurs déjà redouter au moment de la maladie de Chavez et de son retrait progressif de la scène médiatique, se situe dans le faible contrôle que le gouvernement de Maduro a de ses soutiens armés sur le terrain. Le croisement des témoignages recueillis sur le terrain depuis quelques semaines atteste l’existence d’une logique de surenchère, de part et d’autre, qui augure mal d’une sortie de crise pacifique.

Jacques Sapir. Vous avez entièrement raison de parler de coup d’État. Les manifestations de ces dernières semaines ont été particulièrement violentes, avec des groupes armés qui cherchent l’affrontement avec la garde nationale. Les manipulations médiatiques sont aussi importantes. La droite putschiste, avec l’aide des États-Unis, mène une véritable guerre médiatique contre le gouvernement et n’hésite pas à faire circuler de fausses rumeurs et de fausses informations. C’est une stratégie de guerre civile à laquelle le gouvernement est confronté. Le soutien des gauches européennes au gouvernement a été très faible. C’est un problème sérieux aujourd’hui.

Obey Ament. Les espaces de participation créés depuis 2009 semblent insuffisants, des nouveaux espaces sont en train d’être créés. La réponse positive d’une partie de l’opposition et du patronat à participer à une « conférence pour la paix et la cohabitation », à l’appel du président Nicolas Maduro, ouvre la possibilité d’une nouvelle étape dans la vie politique du pays. La direction de la « table de l’unité démocratique », qui regroupe l’opposition, rejette cette possibilité, pariant sur la stratégie de la violence. Une commission pour la vérité pour l’économie, avec la participation des ministères du Travail, de l’Industrie, du Commerce extérieur et des représentants d’entreprises, a déjà avancé des objectifs tels que la priorité dans l’assignation des devises pour les entreprises qui importent pour produire ou qui importent des équipements destinés à la production agricole. Le président Nicolas Maduro semble être en passe de gagner le pari du dialogue national qu’il avait lancé après son élection. Mais le choix de la violence fait par certains dirigeants de l’opposition reste une menace contre la démocratie et une forme de sabotage qui cherche à miner toute avancée.

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Non au pillage de l’outil industriel .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 01 min

Biscuiterie Jeannette

Non au pillage de l’outil industriel

vendredi 7 mars 2014 , par Alessandro Vitagliano

 


Ce matin, vendredi 7 mars, la mobilisation devant la biscuiterie Jeannette à Caen, a empêché la coupure de gaz, annoncée par le cabinet Lizé, chargé de la liquidation de l’entreprise.

Un huissier s’est  présenté ce matin, un peu avant midi, pour faire procéder à la coupure de gaz. Il a été accueilli par les ex-salariés, avec leur syndicat CGT, qui ont fait valoir l’illégalité de la procédure. Tous les salaries n’ayant pas été licenciés, le propriétaire des lieux a, selon eux, obligation de chauffer les lieux et donc une coupure de gaz serait illégale.

« Si aujourd’hui on nous enlève le gaz, un potentiel repreneur ne pourrait pas voir les machines en état de fonctionner ; c’est la raison pour laquelle ce matin de nombreuses personnes se sont mobilisées pour empêcher de procéder à ces coupures de gaz », nous expliquait, dans un entretien téléphonique, Franck Merouze de l’union locale CGT.

Selon le syndicat CGT, en contact avec la DIRECCTE, une dizaine de repreneurs se sont manifestés dont trois seraient sérieux.

Les salariés de la biscuiterie Jeannette de Caen ont vendu, jeudi 6 mars 2014, en moins de deux heures des dizaines de milliers de madeleines qu’ils ont fabriquées lors d’une relance de la production. Les 36 salariés de cette biscuiterie centenaire, licenciés en janvier occupent jour et nuit leur usine. Ils ont ainsi empêché la vente aux enchères des machines prévue il y a 2 semaines. Ils ont relancé leur production pour attirer l’attention d’éventuels repreneurs. Les machines étaient à l’arrêt depuis décembre.

Face au succès de la vente et à l’accumulation de nouvelles commandes, les salariés entendent renouveler l’opération, a indiqué la CGT. « On multipliera par quatre la production », a affirmé Franck Mérouze, secrétaire de l’union locale CGT.

8 mars 2014

Ukraine. Ne pas mourir pour les oligarques…

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 19 h 52 min

Monde -            Ukraine. Ne pas mourir pour les oligarques… hd            le 8 Mars 2014

 

Ukraine. Ne pas mourir pour les oligarques…

Mots clés :                           ukraine,                            L’Humanité Dimanche,                            patrick le hyaric,                            hd,

 

 

une-hdDans l’édito de l’Humanité dimanche de cette semaine, Patrick Le Hyaric estime: « Le dangereux engrenage à l’œuvre au cœur de l’Europe  porte en germe le risque de guerre. L’intervention de forces militaires russes en Crimée pour l’occuper, au mépris du droit international, peut dégénérer. Il faut arrêter vite l’escalade et seule la recherche d’un accord politique entre toutes les parties concernées y parviendra. »

Rappelons qu’au départ, il y a en Ukraine une crise économique et sociale profonde, et, comme dans de nombreux pays, le rejet par une majorité de la population de ce couple infernal, avec d’un côté misère-pauvreté-chômage et de l’autre l’enrichissement, la corruption et la kleptocratie de castes dirigeantes qui gangrènent l’Etat et des responsables politiques depuis la fin de l’Union soviétique. Le salaire moyen y est de 250 euros et les retraites de 90 euros, pendant que les premiers ministres et autres oligarques vivent sur l’or. C’est contre cela d’abord que s’est révolté le peuple.

Le retournement de l’ancien président Ianoukovitch qui négociait un accord d’association avec l’Union européenne, pour se rallier à l’automne au projet de Poutine d’une union douanière eurasienne, avait fait naître des illusions et des espoirs sur lesquels ont surfé des forces à l’intérieur de l’Ukraine et au sein de l’Union européenne, contre ce même président et la Russie. C’est sur ces mouvements populaires de rejet et de contestation légitime que se sont greffées des forces ultraréactionnaires et fascisantes, soutenues souvent par les droites allemandes, nord-américaines et la « commission trilatérale » réunie comme par hasard en octobre 2013 avec ce projet à l’ordre du jour où l’un des intervenants n’était autre que M. Iatseniouk, devenu nouveau premier ministre. Le journal conservateur allemand Die Welt a qualifié l’un de ces partis, appelé « secteur droit », « d’association informelle de petits groupes droitiers et néo-fascistes ». Et le magazine américain Time, qui a donné la parole à son premier responsable a qualifié leur idéologie comme « frisant le fascisme ». Avec le parti Svoboda, antisémite,  dont le mot d’ordre est « l’Ukraine aux ukrainiens », ils ont réussi à Kiev à récupérer les mouvements de protestation pour la justice et la démocratie et à occuper, avec des milices paramilitaires, très bien armées, les bâtiments officiels et à chasser le président corrompu élu qui a perdu le soutien du Parlement et de son propre parti.

Fascistes

Le même sort a été réservé en Crimée aux dirigeants en place par d’autres milices armées. La langue russe a été interdite en Ukraine. La chasse aux communistes y est ouverte comme elle l’est en Crimée à l’encontre des opposants à l’intervention russe. Le coup de force de Kiev a eu lieu après un accord, le 25 février, prévoyant un gouvernement d’union nationale. Qualifier ces actes, qui mêlent ainsi des mouvements opposés et des pressions extérieures fortes, « de révolutionnaires », revient à tromper les citoyens européens. Curieux sont d’ailleurs ceux qui font mine de s’offusquer ici de la montée de l’extrême-droite et qui se réjouissent que le drapeau du parti national-socialiste d’Ukraine flotte sur les bâtiments officiels ! Tout aussi curieux sont ceux qui se sont félicités « des révolutions arabes » en occultant la montée de l’islamisme intégriste et qui ne voient dans les manifestations ukrainiennes que des menées fascistes!

En vérité, comme toujours, le grand capital n’est jamais regardant sur les moyens et les alliances quand il s’agit de ses intérêts. Car, derrière cette inquiétante crise qui nous est souvent présentée comme un nouveau combat entre « le bien et le mal », monte une sale odeur de pétrole et de gaz et souffle le petit vent frais de l’accaparement de mines et de bonnes terres par de nouveaux oligarques sans patrie. Les trois quart du gaz et du pétrole russes passent par l’Ukraine. L’Union européenne achète une bonne part du pétrole russe. Voilà où mènent un monde et une Europe dominés par les puissances financières. Comme trop souvent, les différents impérialismes s’appuient sur des aspirations et la colère du peuple, non pas pour lui apporter satisfaction, mais pour s’appuyer sur de légitimes revendications afin de  mettre en œuvre leur visée de domination. En vérité, l’Ukraine qui dispose de nombreuses richesses et de capacités à produire, est un enjeu géostratégique. C’est ce qui explique que la Russie a voulu l’inclure dans une union douanière, au nom de liens historiques politiques, militaires, économiques, qui les lient. Et, de leur côté, les institutions européennes poussent l’Ukraine à accepter un « accord d’association ». L’une et les autres étaient pour le coup et comme par magie, subitement peu regardantes sur le respect des libertés et de la démocratie en Ukraine. Ceci dans un contexte où ce pays est au bord de la faillite. Il a besoin d’au moins 35 milliards d’euros pour ses budgets publics, pour les deux années à venir.

Forces impérialistes

Faire croire au peuple ukrainien qu’un accord d’association avec l’Union européenne où la Troïka enserre encore plus dans l’étau financier des peuples entiers, le sauverait de la faillite est un pur mensonge. De l’autre côté, lui faire croire que l’Union eurasienne russe le sortirait de la misère au prix de sa domination par l’empire russe, est tout aussi mensonger car la Russie a aussi d’énormes difficultés économiques, sauf à exiger de « forts retours sur investissements ». Ainsi, malgré lui, le peuple ukrainien et peut-être les peuples européens peuvent-ils  devenir les otages de forces impérialistes qui, depuis longtemps à l’Ouest, considèrent l’Ukraine comme une pièce maîtresse dans l’échiquier géostratégique et économique contre la Russie et au service d’un redéploiement du capital à base européenne, souvent allemand. C’est d’ailleurs ce qu’écrivait déjà en 1997, l’ancien conseiller à la présidence des Etats-Unis, M. Zbigniew Brzezinski : « Si Moscou reprend le contrôle de l’Ukraine avec ses 52 millions d’habitants et ses ressources importantes, en reprenant le contrôle sur la mer noire, la Russie se retrouvera automatiquement en possession des moyens nécessaires pour redevenir un Etat impérial ». C’est d’ailleurs pour cette raison que sont mobilisés depuis des années en Ukraine une cohorte d’ONG, de fondations européennes et américaines, dont « Freedom House », « National démocratic Institute », « International for electoral system », en même temps qu’étaient achetées des chaînes de télévision et que des formations paramilitaires que l’on a vu, étaient mises en place. On a d’ailleurs un aperçu de l’enjeu quand on voit s’agiter dangereusement les dirigeants de l’OTAN.

De l’autre côté, à l’Est, les mêmes méthodes sont -avec de l’avance- employées par la Russie pour « protéger » ses forces navales en Crimée, installées là à la faveur d’un accord avec les anciens dirigeants ukrainiens. De fait, la Russie occupe sans mandat la Crimée et compte y installer des responsables à sa solde, à la faveur d’un référendum d’autodétermination. Ceci ne peut évidemment qu’attiser un climat de tensions internes à l’Ukraine et faire monter les crispations internationales, compte-tenu des enjeux que nous décrivons plus haut. Alors que Vladimir Poutine a engagé une stratégie de rehaussement du statut de la Russie, les européens auraient grand tort de vouloir l’humilier. Exclure la Russie de la réunion du G8 est une bien mauvaise idée au moment où il faudrait plutôt chercher des points de dialogue et non de guerre. Brandir la menace de sanctions économiques est tout aussi contre productif pour les citoyens européens et provoquera encore plus de difficultés pour les ukrainiens. Et ils le doivent d’autant moins que les Etats-Unis jouent avec l’Europe et la Russie un double jeu. Celui de l’aide à la domination géostratégique avec l’Union européenne et l’OTAN et celui de l’utilisation de la Russie pour d’autres enjeux internationaux, dont la normalisation des relations avec l’Iran. L’Union européenne et la France doivent donc jouer un autre rôle que celui de la tension et des menaces, même verbales.

Justice et démocratie

Le feu intérieur des divisions, des haines et des violences, couve donc dangereusement sur fond de crise sociale et économique. Cette crise touche tout autant l’Union européenne que la Russie. Les montées des extrêmes-droite, des ultranationalistes et des fondamentalistes  aujourd’hui dans l’espace européen, ont beaucoup à voir avec la confusion permanente entretenue par des forces qui y ont intérêt et l’angoisse quotidienne face aux lendemains. Les peuples réclament d’abord la justice et la démocratie. Les puissants les prennent en otage. Ils leur envoient les tensions et la guerre.  Rien ne doit être fait pour attiser le feu des braises, mais au contraire, tout devrait être fait pour favoriser l’information, le débat et la solidarité entre salariés, créateurs, jeunesses de toute l’Europe pour un espace européen débarrassé des haines et des menaces de guerre. Tous les peuples européens doivent donc s’en mêler et dire sous différentes formes leur mot pour le dialogue, la coopération, la paix, la justice. Ce n’est pas de déclarations belliqueuses dont ils ont besoin, mais de nouveaux accords de coopération avec le peuple ukrainien comme avec le peuple russe. Et les européens de la grande Europe doivent cesser d’être divisés pour être les sujets et les fantassins d’une économie capitaliste de prédation, dans le cadre d’une guerre déjà déclarée depuis longtemps : la guerre économique.

Le peuple ukrainien doit pouvoir débattre et décider en toute connaissance de cause de son avenir. L’union européenne devrait y aider au lieu de faire croire à l’impossible, comme le fait la haute représentante de l’Union européenne, Mme Asthon qui, de connivence avec le nouveau premier ministre ukrainien, s’est permis de proposer de signer l’accord d’association avec le gouvernement provisoire ukrainien, non issu des urnes. Ceci constituerait un coup de force belliciste. De même, il faut cesser de vouloir insérer l’Ukraine à l’OTAN. D’un autre côté, la Russie doit, elle aussi, respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine et la souveraineté des peuples. Le peuple d’Ukraine doit pouvoir choisir ses représentants dans le cadre d’élections libres, tout comme celui de la République de Crimée. Il faut cesser l’engrenage actuel et réclamer une rencontre européenne qui pourrait peut-être avoir lieu sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et coopération en Europe, en y associant l’Organisation des Nations-Unies pour une issue pacifique et démocratique, respectueuse de la souveraineté des peuples. Les peuples européens aspirent à autre chose que ce que leur promettent cette guerre économique et le lourd bruit des chars. L’issue est dans la solidarité des peuples et des jeunesses pour éradiquer le chômage, répartir autrement les richesses, promouvoir le développement social et humain. Non, les peuples d’Europe n’ont pas à mourir pour les oligarques !

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L’Humanité dimanche en version numérique

Par Patrick Le Hyaric

Algérie: Barakat, ce mouvement de contestation qui inquiète les autorités .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 19 h 48 min

Algérie: Barakat, ce mouvement de contestation qui inquiète les autorités . algerie_barakat

 

Monde -            humanitefr            le 8 Mars 2014

Algérie, présidentielle du 17 avril

Algérie: Barakat, ce mouvement de contestation qui inquiète les autorités

Mots clés :                           algérie,                            abdelaziz bouteflika,                            barakat,

 

 

Depuis l’annnonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika (77 ans) à la présidentielle du 17 avril, les manifestations se sont multipliées en Algérie. La dernière, jeudi dernier, a été sévèrement réprimée.

Jeudi dernier,  le centre d’Alger, devant la faculté, à proximité de la place Maurice Audin, a été le théâtre d’une nouvelle manifestation, la quatrième, à l’appel du mouvement Barakat (ça suffit!) aux cris d’ »Algérie libre et démocratique » et «52 ans, Barakat»! Une quarantaine de manifestants dont des jounalistes, ont été interpellés avant d’être libérés quelques heures plus tard. Depuis l’annnonce le 22 février de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika (77 ans) à la présidentielle du 17 avril, annonce faite par le Premier ministre Abdelmalek Sellal à partir d’Oran, les manifestations se sont multipliées. «Ce n’est pas contre Abdelaziz Bouteflika qu’on proteste, mais contre le fait qu’il brigue un quatrième mandat » explique à l’Humanité Azwaw, dont la photo de l’ interpellation musclée – il est handicapé – a fait le tour de la toile et a été publiée en bonne place par le Washington Post. «Notre problème, ajoute-t-il, c’est ce système politique autoritaire qui se maintient depuis 1962».

Dynamique

Les autorités politiques, relayées par certains médias, tentent de minimiser ces manifestations. Certes,  le 22 février, la première manifestation à laquelle a appelé Amira Bouraoui, jeune médecin-gynécologue, n’a rassemblé devant l’université de Bouzaréah sur les hauteurs d’Alger, qu’un petit groupe de personnes, vite embarquées par la police. «Cette faible mobilisation est en partie due à cette peur de l’instabilité, au défaitisme et à la résignation. Nous estimons qu’il est temps de dire stop» expliquait-elle sur le site en ligne TSA. «En tout cas, les gens ne sont pas hostiles et ne comprennent pas qu’on soit interdit de manifester pacifiquement» explique Azwaw.

Depuis le rassemblement avorté du 1er mars, quand les militants interpellés ont décidé de créer Barakat, il y a de plus en plus de gens qui le rejoignent, d’autant qu’il dispose désormais d’une page sur Facebook.  Est-ce à dire que la dynamique protestataire commence à prendre? S’il est trop tôt pour répondre par l’affirmative,  il n’est pas inutile d’observer que la protestation gagne du terrain même si elle reste cantonnée aux couches jeunes et intellectuelles. C’ est vrai à Alger mais aussi à Constantine et Batna dans les Aurèsainsi qu à Tizi-Ouzou et Bejaïa en Kabylie, où eurent lieu des actions de protestation identiques mobilisant quelques centaines de personnes.  Pour l’heure,  la grande masse des jeunes est restée à l’écart ainsi que de nombreux acteurs de la société civile – les syndicats indépendants par exemple – et partis politiques progressistes.  Mais rien ne dit, cela s’est vu en Egypte cet étté avec le mouvement Tamarod (rébellion), que Barakat ne finisse pas par réveiller de plus en plus de franges de la société algérienne.

Sans hiérarchie

Se défendant de toute manipulation, deux des animateurs de Barakat ont expliqué sur les réseaux sociaux qu’il n’est affilié à aucun parti politique. «Le mouvement n’a pas de hiérarchie ni de leader, les responsabilités sont partagées et le directoire qu’on a actuellement est provisoire et composé de sept personnes afin de mettre sur pied les fondements du mouvement». Reste cependant qu’Amira Bouraoui, la plus médiatique, redoutable débatrice, sort quelque peu du lot, comme on l’a vu récemmment sur le plateau d’Echourouk TV, face à une députée voilée du FLN.

Pour l’heure, en dépit des interpellations musclées dont plusieurs de leurs militants ont été l’objet, les animateurs du mouvement, qui préparent de nouvelles actions de protestation, planchent, a-t-on appris, pour une forme d’organisation de type horizontale, « sans hiérarchie » et « sans leader ». Pour déjouer la censure et les interdits, Facebook et Twitter sont leurs principales armes de communication et de mobilisation.

Une chose est certaine, les autorités commencent à faire montre de nervosité. Jeudi, le Premier ministre Abdelmalek Sellal  a mis en garde les « fauteurs de trouble » et les aventuriers ». Avertissant : « tous ceux, qui usurpent la démocratie, devront répondre de leurs actes » ! Après le retrait de plusieurs candidats, et non des moindres, de la course à la présidentielle, accentuant ainsi la décrédibilisation du scrutin du 17 avril, la Coordination nationale des partis politiques et des personnalités nationales pour le boycott de la présidentielle va organiser un sit-in mercredi prochain au Monument des martyrs à Alger. Les Gardes communaux, supplétifs civils de l’armée ayant lutté contre le terrorisme islamiste, comptent également descendre dans la rue pour protester contre le quatrième mandat.

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Hassane Zerrouky

A Renault Cléon, un plan « viennoiseries » contre les suicides .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 19 h 44 min

A Renault Cléon, un plan

 

Social-Eco -            humanite            le 6 Mars 2014

Cactus Bonnet d’âne

A Renault Cléon, un plan « viennoiseries » contre les suicides

Mots clés :                           renault,                            cactus,                            suicides au travail,                            bonnet d’âne,                            accord de compétitivité,                            technologia,                            renault cléon,

 

 

Cactus. À rire ou à pleurer ? La direction de l’usine Renault de Cléon a décidé d’offrir des croissants au personnel pour… prévenir les suicides.

C’est ainsi. Plantons le décor. Une usine de 4 000 salariés, implantée depuis la fin des années 1950 dans une boucle de la Seine près de Rouen, où l’on fabrique des boîtes de vitesses. Le boulot y a toujours été dur. Cadences infernales du travail à la chaîne, pénibilité de la fonderie. Mais il y avait de la résistance, de la solidarité, une certaine fierté, aussi, de bosser pour la marque au losange. Ces dernières années, l’ambiance a sérieusement dévissé, avec le cocktail classique de crise de l’automobile sur laquelle a surfé la direction pour augmenter la pression et faire passer son accord de compétitivité. Les ouvriers y ont perdu 21 jours de congés par an, pas moins!

Pressions de la direction

Alors en avril dernier, un gars se suicide. Début décembre, le rapport du cabinet Technologia expose que, comme tous ses collègues, ce salarié avait subi des pressions de la direction, parce qu’il faisait grève contre cet accord, justement. Un chantage ignoble, une menace de le changer d’équipe et de lui faire perdre 700 euros par mois! Et plus largement, le rapport décrit l’angoisse, la méfiance, la colère du personnel envers Renault.

La direction est touchée au cœur. Deux mois d’intenses réflexions lui permettent d’aboutir à cette stupéfiante traduction, à la mi-février : «Certains collaborateurs ressentent une certaine forme de pression et nous voulons changer cette perception», déclare ainsi le directeur de l’usine à l’AFP. Pourquoi arrêter les pressions, s’il suffit de s’attaquer à leur perception, n’est-ce pas? Le plan d’action: «Nous allons favoriser les temps d’échanges entre les collaborateurs et la hiérarchie lors de petits déjeuners ou événements festifs.» Rien qui ne coûte aux actionnaires. Le hic, qui est venu gâcher toute cette fête, c’est qu’un autre salarié s’est suicidé le 30 janvier sur le site.

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Nadia Cagnati

Travail du dimanche, inspection du travail: Sapin, la réforme au forceps .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 19 h 41 min

Travail du dimanche, inspection du travail: Sapin, la réforme au forceps . sapin_michel

Pour ces deux sujets, le ministre du Travail Michel Sapin veut passer outre les avis du Conseil d’Etat et de l’Assemblée nationale

Social-Eco -            humanite            le 5 Mars 2014

Travail

Travail du dimanche, inspection du travail: Sapin, la réforme au forceps

Mots clés :                           Travail du dimanche,                            droit du travail,                            michel sapin,                            bricorama,                            réforme inspection du travail,                            leroy merlin,                            repos dominical,                            bricolage,                            inspecteurs du travail,                            pierre mériaux,                            anthony smith,

 

 

Alors que l’article de loi réformant l’inspection du travail a été retoqué par le Parlement, le ministre du Travail, Michel Sapin, veut passer en force par décret. Les syndicats crient au déni de démocratie. 

Bricolage: le Conseil d’Etat court-circuité

 La marche forcée, c’est aussi l’attitude adoptée par le gouvernement dans l’affaire du bricolage. Le 12 février dernier, 
le Conseil d’État a suspendu l’application du décret du 30 décembre autorisant les magasins de bricolage à ouvrir le dimanche jusqu’à 
la mi-2015. « Le problème sera réglé dans quelques jours », 
a aussitôt martelé le premier ministre, affirmant qu’il suffisait d’enlever la date butoir de mi-2015 pour faire passer le décret. 
Ce samedi, le Journal officiel a publié le décret du ministère du Travail autorisant les commerces de détail de bricolage à ouvrir le dimanche en dérogation de droit au repos dominical sans limite de temps.

Le décret abroge celui du 30 décembre 2013 qui avait inscrit de manière temporaire, jusqu’à une nouvelle loi, les commerces de détail et de bricolage sur la liste des établissements pouvant ouvrir le dimanche. Il ajoute  »les commerces de détail du bricolage à la liste des catégories d’établissements bénéficiant d’une dérogation de droit en matière de repos dominical en application de l’article L. 3132-12 du code du travail ».

« Impasse »

Le syndicat du commerce Seci-Unsa et la CGT ont d’ores et déjà indiqué qu’ils demanderaient un référé de suspension du décret puis un recours au fond demandant son annulation. Reprenant les arguments du Conseil d’Etat, ils justifient leur démarche par le fait que l’ouverture des magasins de bricolage ne vise pas à satisfaire « des besoins pérennes » et viole la loi garantissant le droit au repos dominical. Selon Eric Scherrer, délégué représentant de Seci-Unsa, « le Conseil d’Etat ne s’est pas contenté, contrairement à ce que dit le gouvernement, de suspendre sur le fait que le décret était à durée provisoire ». « Le Conseil d’Etat a répondu aussi au fond en expliquant que ce type de décret devait correspondre notamment à une demande nécessaire au fonctionnement de la société », a-t-il assuré. « Or il a conclu que ça ne correspondait pas à une demande nécessaire », selon Eric Scherrer.

Pour Karl Ghazi, délégué CGT, « le conseil dit que le repos dominical est le jour de repos commun garanti par les traités internationaux, par la constitution et par la loi et que pour déroger à ce repos commun il faut des besoins pérennes ». « Le gouvernement est dans une impasse et cherche à s’en sortir par tous les moyens », juge-t-il. Selon lui, « on est dans une démarche de généralisation de l’ouverture des magasins de bricolage et autres ».

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Travail du dimanche: le gouvernement s’acharne

Non-sens

Inspection du travail: l’Assemblée contournée

«Acharnement», «passage en force», «fuite en avant», «bricolage», «abracadabrantesque»… Estomaqués, les syndicalistes de l’inspection du travail semblent ne pas trouver de mots assez forts pour dénoncer la dernière trouvaille du ministre du Travail, Michel Sapin, pour imposer coûte que coûte sa réforme des services, lancée à l’été 2012, et fortement contestée en interne depuis, pour la menace qu’elle fait peser sur les effectifs et sur l’indépendance des agents chargés de contrôler l’application du Code du travail. La semaine dernière, ils ont pu éprouver un court sentiment de victoire. Après son adoption par l’Assemblée nationale, puis son rejet par le Sénat, la commission mixte paritaire décidait, le lundi 24 février, d’écarter de la loi sur la formation professionnelle son article 20, un cavalier détaillant les « nouveaux pouvoirs » attribués à l’inspection du travail, ainsi que la réorganisation de ses services. Mais trois jours plus tard, le ministre est revenu à la charge. Jeudi soir, il a annoncé une proposition de loi au printemps pour le volet « nouveaux pouvoirs ». Et un décret « dans les jours qui viennent » pour le volet « restructuration ». Dès lundi, il a transmis aux syndicats le projet de décret, en vue d’une consultation en comité technique ministériel le 14 mars.

Un passage en force à haut risque

Contourner l’obstacle du débat parlementaire, en transformant un projet de loi en projet de décret échappant à toute discussion, la méthode choque. « Le décret, c’est la dernière invention de nos hiérarques, qui montre à quel point ce pouvoir s’assied sur les règles les plus élémentaires de la démocratie, s’emporte Pierre Mériaux, du syndicat SNU (FSU) de l’inspection du travail. C’est choquant et irresponsable. Pour n’importe quelle institution, surtout si elle a une fonction régalienne, on ne doit pas pouvoir modifier son fonctionnement sans débat devant le Parlement ! » Un passage en force à haut risque juridique. Le projet de loi définissait clairement le nouvel échelon hiérarchique des « directeurs d’unité de contrôle », justement dénoncés par les syndicats comme une manière de reprendre en main les agents et de réorienter leur activité, au détriment de leur mission au service des travailleurs. Avec la contrainte de rester sur le terrain réglementaire, le projet de décret louvoie sur la question de ce nouvel échelon. « Sapin veut faire rentrer par la fenêtre ce qui est sorti par la porte du Parlement, cela aboutit à une rédaction du décret abracadabrantesque, appuie Anthony Smith de la CGT. Écrire un décret en deux jours, c’est une fuite en avant qui frise le ridicule. »

« On va riposter »

Autre aberration, le ministère a décidé de ne pas soumettre ce nouveau projet de décret au Conseil national de l’inspection du travail (Cnit), au motif que ce conseil de « sages » avait déjà examiné le projet de loi et les décrets afférents, alors qu’il s’agit de textes différents… Des points d’appui pour les syndicats, pour un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler le décret. « On va riposter, confirme Pierre Mériaux du SNU. Mais vu l’acharnement de Sapin et sa clique, le risque est qu’ils réorganisent tout de même les services. Et si dans un an le Conseil d’État nous donne raison, ce sera le grand bazar. C’est ce qu’on appelle détruire sciemment un service public, par la désorganisation ! » Pour éviter cette « catastrophe », il faut « retirer ce décret, et ouvrir des négociations sérieuses pour un renforcement réel de l’inspection du travail et pour un Code du travail protecteur, estime Anthony Smith de la CGT. Le ministre doit enfin comprendre qu’on ne peut pas faire une réforme contre l’ensemble du corps ».

Une réforme malgré les agents, c’est pourtant bien l’objectif du ministre Sapin, comme le montre son discours devant les directeurs régionaux, le 12 février dernier. Une harangue les encourageant à porter le projet, impressionnante par le nombre d’occurrences de l’idée de « force » : « C’est à vous de porter le ministère fort, et donc à vous d’être forts dans ce mouvement. Assumez cette force, vous qui vous êtes tant désolés de la faiblesse de ce ministère. Vous n’avez pas le droit de reculer ! C’est à vous de jouer ! » Pour Pierre Mériaux du SNU, « si dans une entreprise je tombais sur un tel discours d’employeur qui galvanise ses cadres pour leur dire de ne pas écouter les voix dissonantes, les râleurs, les syndicalistes, dans une situation de forte tension interne avec plusieurs suicides, ça relèverait du délit de harcèlement ». Contacté par nos soins, le cabinet du ministre Sapin n’a pas donné suite.

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La dernière digue menacée

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Fanny Doumayrou

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