Dominik27

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1 mars 2014

Gattaz & Fils, et le PS au pouvoir .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 17 min

Gattaz & Fils, et le PS au pouvoir . mitterandyvongattaz

François Mitterrand serre la main du président du CNPF Yvon Gattaz (2e à droite), le 5 janvier 1982 à l’Élysée, lors de la cérémonie de vœux aux « forces vives » de la nation. Ils sont accompagnés du premier vice-président du CNPF Yvon Chotard (D) et du président des Chambres d’agriculture Louis Perrin (2e à gauche).

Social-Eco -            humanite            le 26 Février 2014

Patronat

Gattaz & Fils, et le PS au pouvoir

Mots clés :                           croissance,                            emploi,                            medef,                            François Hollande,                            patronat,                            françois mitterrand,                            pierre gattaz,                            yvon gattaz,                            pacte de responsabilité,                            CNPF,

 

 

Enquête. Difficile de démêler 
ce qui relève 
de la tragédie et ce qui renvoie à la farce, mais entre les socialistes et les patrons, entre Mitterrand puis Hollande et les Gattaz père et fils, 
l’histoire se répète, à trente ans de distance, du tournant au tête-à-queue. 
Au final, des cadeaux à gogo, beaucoup de promesses et très peu d’emplois…

L’ironie de l’histoire, vraiment très peu pour lui ! Président du CNPF de 1981 à 1986 et père de l’actuel patron des patrons, Yvon Gattaz récuse formellement toute comparaison. « Le parallèle avec le pacte de responsabilité, cela ne m’inspire rien », prétend-il, faussement détaché, dans le Figaro, début février. Avant de tenter une justification : « Je ne veux vraiment rien dire. Prenez ce stylo. Il se trouvera toujours quelqu’un pour affirmer que j’ai dit qu’il était bleu, mais que mon fils Pierre a déclaré qu’il était noir ! » En matière de stylos, il y a peut-être des débats chez les Gattaz… Mais sur le reste, c’est vraiment même motif, même punition. À trente ans d’intervalle, après avoir pris les rênes du Medef, l’été dernier, le fiston utilise toutes les ficelles du papa pour faire chanter les socialistes aux manettes et leur faire reprendre en chœur les meilleures rengaines du patronat. Noir, c’est noir. C’est connu, quand le PS est au pouvoir, il n’y a plus d’espoir : les « entreprises », très petites boîtes et CAC 40 confondus, sont au fond du trou. Sous Mitterrand, en 1981-1982, elles doivent encaisser les 39 heures, la retraite à soixante ans, les nationalisations, etc. Avec Hollande, en 2012-2013, les menaces pour les patrons demeurent nettement plus virtuelles, mais rien n’empêche le Medef de hurler à la mort devant la « loi Florange » ou la « taxe à 75 % », par exemple. « Les promesses électorales excessives, voire irréalistes, existent dans tous les pays, écrit Yvon Gattaz dans une tribune parue en décembre 2012. Elles peuvent sans doute être pardonnées si elles sont rapidement oubliées devant la falaise granitique des réalités. Mitterrand, naguère, avait accepté peu à peu de suivre nos conseils devant cet immuable principe de réalité qui s’applique aussi inexorablement en économie qu’en physique. » Selon le patriarche qui l’a maintes fois répété, c’est le 16 avril 1982 que tout se joue entre le gouvernement Mauroy et le CNPF. Ce jour-là, des mois avant le « tournant » de la rigueur, les socialistes jurent, en coulisses, qu’ils ne toucheront plus au temps de travail, qu’ils allégeront la taxe professionnelle et stabiliseront les prélèvements obligatoires. « Cette promesse verbale, qui ne devait être confirmée par aucun accord écrit pour raison de discrétion vis-à-vis de la presse et aussi vis-à-vis des alliés communistes toujours soupçonneux, fut tenue sans défaillance pendant quinze ans, rapportera plus tard Yvon Gattaz. On peut s’étonner de la discrétion qui entoura cette décision importante. En fait, ni le gouvernement ni le CNPF n’avaient intérêt à crier victoire, il fut donc décidé que nous serions tous discrets et je pus, comme président du CNPF, affirmer aux journalistes nombreux sur le perron que seules quelques mesurettes d’atténuation avaient été tentées pour sauver les entreprises en danger. » Aujourd’hui, entre Pierre Gattaz et François Hollande, la mauvaise pièce de boulevard se joue à front renversé, car au fond, derrière les « mesurettes » du gouvernement contestées par des patrons distribuant des cartons jaunes, comme en octobre dernier à Lyon, la reddition a été signée avant même que les hostilités ne commencent.

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Dans la famille Gattaz, le fils aura au moins profité – même si, évidemment, en bon patron des patrons, il préfère penser qu’il s’est fait tout seul – du travail de sape, discret ou carrément secret, de son paternel qui se pique depuis toujours de « n’avoir jamais fait de politique » avec Mitterrand, mais de lui avoir administré « quelques leçons d’économie » lors de leurs rencontres « confidentielles ». « Quand je suis arrivé au CNPF, j’avais devant moi un SUT, socialisme utopique et tranchant, qui s’est transformé en SAR, socialisme arrondi et responsable, rigole Yvon Gattaz dans un entretien au Nouvel économiste le 30 septembre 1988. Je pense que cette conversion des socialistes à l’entreprise n’est en aucun cas une anomalie de l’histoire. Grâce à mon action et à celle du président de la République (François Mitterrand – NDLR), elle est maintenant définitivement acquise. » Vingt-cinq ans plus tard, juste après le discours de François Hollande sur le pacte de responsabilité, Pierre Gattaz salue les « discours fermement proentrepreneurs » à la tête de l’État et rejoue la comédie du « tournant » à Las Vegas, il y a quelques semaines : « Le président de la République a compris que la France risquait de rester à l’arrêt alors que tous nos voisins européens ont une croissance qui repart à la hausse, s’emballe-t-il. La gravité de la situation est désormais bien intégrée, ce tournant est très important. »

>>> Lire : Les bons plans du  père Gattaz

Chez les Gattaz, bien entendu, on est, comme « l’entreprise », « ni de droite ni de gauche » (Pierre dixit) ou « transpolitique » (Yvon dixit). C’est l’intérêt général que, de 1981 à 2014, le président du CNPF et son héritier au Medef prétendent défendre en bataillant contre les « contraintes » réglementaires et contre les « charges » sociales ou fiscales, au nom d’un syllogisme un brin grossier, mais désormais repris tel quel par les socialistes au pouvoir : la compétitivité détermine la croissance, la croissance crée des emplois, donc la compétitivité crée des emplois ! Alors que le fils Gattaz engage aujourd’hui le Medef dans une vaste opération de communication, avec distribution de pin’s à l’appui, autour du « million d’emplois » que les entreprises pourraient bien créer, sans engagement formel, si et seulement si l’État leur offre 100 milliards d’euros de baisse des cotisations sociales et des impôts, tout en libéralisant totalement le marché du travail ainsi que le droit social, le père Yvon a, également, durant son mandat multiplié les promesses de créations d’emplois par centaines de milliers contre quelques menus cadeaux au patronat.

Faciliter les licenciements pour permettre les embauches, quelle idée de génie !

En juillet 1984, réclamant l’expérimentation pendant cinq ans d’« emplois nouveaux à contraintes allégées » (Enca), Yvon Gattaz met un marché sur la table : si les socialistes acceptent de supprimer l’autorisation administrative préalable en cas de licenciement, de fermer les yeux sur les obligations sociales et fiscales liées aux seuils du nombre de salariés dans les entreprises et d’exonérer de taxes et de cotisations sur ces emplois, le CNPF pourrait créer « 471 000 emplois supplémentaires, dont 400 000 dès la première année ». Devant les railleries que suscite ce chiffrage précis, Yvon Gattaz s’abrite derrière un obscur cabinet de conseils, Pragma, dont l’étude a été réalisée, on l’apprendra plus tard, à partir d’un sondage auprès de 230 chefs d’entreprise. En février 1985, dans l’Express, le président du CNPF en rajoute une couche, affirmant, toujours sur la base d’un sondage Pragma, que la suppression de l’autorisation administrative de licenciement « peut à elle seule débloquer plus de 300 000 emplois nouveaux ». D’après les travaux de l’Insee et du Plan, relayés par la presse à l’époque, cette mesure devait entraîner plutôt la destruction de 200 000 emplois, et dès la première année, là encore !

Faciliter les licenciements pour permettre les embauches, quelle idée de génie ! Le 18 décembre 1985, sur Europe 1, un journaliste interpelle Yvon Gattaz : « Alors, les mesures immédiates que vous prendriez s’il y avait un changement de gouvernement ? D’abord la liberté de licencier ? Massacrer le Code du travail, comme dit l’Humanité ce matin ? » Et le patron des patrons de s’offusquer : « Oh, massacrer le Code du travail ! Le résultat de cette suppression sera une embauche massive, nous la garantissons. » Appelés à « négocier » sur cette mesure de flexibilité, les syndicats finissent, tous, par refuser d’avaliser une telle régression. Et c’est lors de la première cohabitation, le 1er juillet 1986 que le patronat engrange cette victoire. Un an plus tard, le 22 juillet 1987, sur France Inter, Yvon Gattaz se fait nettement moins affirmatif sur les « créations d’emploi » : « Bien que je sois optimiste sur les effets de cette suppression de l’autorisation administrative de licenciement, je dis que pour l’instant nous ne pouvons pas juger, parce que nous sommes malheureusement handicapés par une croissance plus faible que celle qui était prévue, quelque 3 % de croissance en 1987, alors que nous n’aurons au mieux que 1,5 %. »

>>> Lire : Derrière les légendes, toujours le coup de pub

Mais quelques années plus tard, Yvon Gattaz est plus catégorique sur ses « résultats ». « La courbe de l’emploi a bondi, uniquement pour des raisons psychologiques », estime-t-il en 1993. En 2005, dans un courrier des lecteurs au Monde, il peaufine encore la réécriture de l’histoire, en parlant désormais d’emplois « sauvés », et non plus exclusivement « créés » : « Les chiffres sont clairs : à partir de 1986, en dix-huit mois, ont bien été sauvés ou créés 375 000 emplois, 246 000 sauvés par arrêt de la descente inexorable de l’emploi depuis cinq ans et 129 000 réellement créés sous forme de nouveaux emplois. On ne peut attribuer le retournement spectaculaire des chiffres à la croissance qui n’est intervenue qu’en 1988. L’influence psychologique néfaste de l’autorisation de licenciement a bien été scientifiquement démontrée. » Et depuis, il reprend cette antienne si peu « scientifique » (lire notre encadré ci-dessous) dans ses livres comme dans ses entretiens : « On voit le rapport direct entre contraintes et emploi, édicte-t-il. Si on bouche un tuyau à la sortie, il se bouche aussi à l’entrée. On ne peut plus douter que les flexibilités créent de l’emploi. »

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Aujourd’hui, plus besoin de tour de passe-passe à la tête du Medef. L’année dernière, lors de   « un partenaire exigeant, mais toujours soucieux de construire une relation de confiance », François Hollande avait rappelé la « relation paradoxale » qu’il avait su nouer avec François Mitterrand. Le mois dernier, lors de sa visite d’État aux États-Unis, le président de la République a fait applaudir Pierre Gattaz, empêtré dans un couac de communication sur le pacte de responsabilité. « Il sera même dit que j’ai fait applaudir le président du Medef, a-t-il cru pouvoir blaguer. Je ne doute pas qu’il me rendra la pareille le moment venu, ça fait partie du pacte de responsabilité, je l’avoue. » En 1993, se demandant si un gouvernement de droite aurait pu « obtenir un tel consensus » pour offrir autant de cadeaux au patronat, Yvon Gattaz s’était exclamé dans un bouquin : « Vive les socialistes ! » Derrière l’ironie, l’histoire fait parfois des pieds de nez.

Les gattaz se moquent du monde. Dans une note publiée le 18 février sur son blog (hussonet.free.fr), Michel Husson met en pièces le bilan à la sauce Gattaz de la suppression de l’autorisation de licenciement en 1986 : 246 000 emplois « sauvés » et 129 000 emplois « nouveaux » en dix-huit mois. « C’est doublement se moquer du monde que d’évoquer 246 000 emplois “sauvés de la pente inexorablement descendante”, écrit-il. D’abord parce qu’à l’époque Gattaz promettait des emplois « supplémentaires » et ensuite parce qu’on ne peut raisonner comme si la courbe de l’emploi suivait une course folle indépendante de l’activité économique. » L’économiste rappelle qu’entre 1986 et 1988, comme avant et après, « il existe une étroite corrélation entre la croissance du PIB et celle de l’emploi ».

Lire aussi :

Thomas Lemahieu

Accueil mitigé des Centrafricains à la venue de François Hollande .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 15 min

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Devant les soldats français, François Hollande a mis en garde contre « la tentation de partition » du pays

Monde -            humanitefr            le 1 Mars 2014

 

Accueil mitigé des Centrafricains à la venue de François Hollande

Mots clés :                           nigéria,                            François Hollande,                            mali,                            françois bozizé,                            centrafrique,                            séléka,                            Opération Sangaris,                            Catherine Samba-Panza,                            balaka,                            antibalakas,

 

 

Bangui (Centrafrique), envoyé spécial. Le président français a rencontré les troupes de l’opération Sangaris, la présidente Samba-Panza et les plus hautes autorités religieuses. Mais la population n’a pas manifesté le moindre signe de joie à son passage.

Bangui n’est pas Bamako ! François Hollande, qui a fait une étape de quelques heures en Centrafrique, vendredi, s’en est-il rendu compte ? En tout cas, lors du passage de son convoi hautement sécurisé dans les rues de la capitale, la population n’a exprimé aucune joie, aucune gratitude. Nul panneau remerciant « papa Hollande » n’a été brandi, pas un drapeau français n’a été agité. On a même vu des signes de négations voire des gestes plus agressifs. Les regards, en tout cas, ne trompaient pas, surtout dans des quartiers comme le 8e arrondissement, particulièrement sensible, que le président français été obligé de traverser.

Fonctionnaires et membres des forces de sécurité centrafricains ne sont plus payés depuis des mois

Depuis le déclenchement de l’opération Sangaris, le 5 décembre 2013, des « progrès considérables ont été accomplis » mais « il reste beaucoup à faire car beaucoup de Centrafricains sont dispersés sur le territoire, parce que les populations ont connu l’exode parce que des bandits terrorisent encore la population, notamment musulmane », a souligné Hollande devant les soldats, ajoutant que « d’ores et déjà, des milliers de vies ont été sauvées grâce à vous ». Selon Hollande, « la mission, c’est de permettre le rétablissement de l’ordre public » pour achever « la transition politique », avec des élections devant être organisées en principe au plus tard en février 2015. « Le défi, c’est la lutte contre tous les ennemis de la paix sans distinction », a-t-il insisté: « aucun crime ne doit rester impuni ». « Maintenant l’enjeu, ce n’est même pas de rétablir, mais d’établir l’État » et pour cela « il faut commencer par payer les fonctionnaires », a-t-il souligné. Fonctionnaires et membres des forces de sécurité ne sont plus payés depuis des mois, un phénomène récurrent en Centrafrique. Selon Hollande, les salaires seront rapidement versés grâce à une aide des pays de la région. Visiblement la France ne met la main à la poche que pour les dépenses militaires… Après leur entretien François Hollande et Catherine Samba-Panza – toute de remerciements – ont participé à l’archevêché de Bangui à une table ronde avec les dignitaires religieux du pays, qui appellent depuis des mois à la fin des violences entre communautés chrétiennes et musulmanes.

>>> Lire : Donatella Rovera : « Les anti-balakas pratiquent le nettoyage ethnique et les tueries sectaires »

Particulièrement frappant a été le soin mis par ses conseillers à peaufiner son image. Comme si le seul but du voyage était de montrer combien François Hollande avait raison. Une propagande moderne – pardon, une communication – qui s’embarrasse peu des réalités. Ainsi, quand le général Soriano, chef de l’opération Sangaris, affirmait, il y a deux semaines, devant le ministre de la Défense, que dans la ville de Mbaiki un modus vivendi existait entre les communautés chrétiennes et musulmanes, il oubliait simplement de dire que la plupart des musulmans avaient fui et les rares qui restaient vivaient dans la peur. Parmi eux, Saleh Dido, maire adjoint, qui déclarait à l’Humanité se sentir en danger. Il a été abattu vendredi, jour de la visite de Hollande, par les anti-balakas, ces milices qui se revendiquent chrétiennes mais dont le véritable agenda politique semble coïncider avec celui du président déchu François Bozizé. Elles ont prospéré avec l’arrivée des troupes françaises et africaines.

Hollande, sauveur de l’Afrique ou super-commercial pour Areva ?

François Hollande peut bien se poser en sauveur de ce pays (ça marche puisque la plupart des députés et des sénateurs ont approuvé la poursuite de l’opération Sangaris, ce qui prouve la vacuité du débat sur les questions internationales) voire même de l’Afrique (il était au Nigeria, jeudi) et affirmer qu’il faut « assurer durablement le développement en Centrafrique », la réalité du continent est là, terrible : le Niger, qui est actuellement dans une difficile négociation avec la compagnie française Areva exploitante des gisements d’uranium, a demandé vendredi 300 millions d’euros à la communauté internationale pour 2014 afin de lutter contre les pénuries alimentaires et la malnutrition, et gérer le flot massif de réfugiés issus de pays voisins en crise. Quant on sait que la Centrafrique renferme également de l’uranium (ainsi que de l’or, du pétrole et des diamants) on peut se demander ce que signifie le développement durable dans la bouche d’un François Hollande pour qui les entreprises privées doivent être le vecteur de la présence française en Afrique.

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Pierre Barbancey

Le calvaire des Peuls .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 11 min

Monde -            Le calvaire  des Peuls . humanite            le 28 Février 2014

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Le calvaire  des Peuls

Mots clés :                           afrique,                            centrafrique,                            bangui,                            Opération Sangaris,

 

 

Envoyé spécial. Ces éleveurs « transfrontaliers », nomades à l’origine, ne peuvent plus vendre leurs bêtes ni se rendre à Bangui.

El Hadi Daudoulou Aliou est là assis devant sa maison, sur une chaise en bois où son corps se love avec souplesse. Malgré la finesse des doigts, les mains trahissent son âge alors que le visage cuivré est lisse. On dirait de lui un beau vieillard dans un roman français du XIXe siècle. Dans sa large gandoura d’un bleu ciel tranchant avec la rouge latérite, immobile, il scrute tout ce qui passe, tous ceux qui passent. Vous, lorsque vous arrivez devant lui !

El Hadi est le maire de la commune d’élevage, celle qui, à Bria, regroupe les Peuls. Ils seraient plus de 5 000. Le même nombre que les têtes de bétail, principalement des zébus, qu’ils possèdent. Les Peuls sont ces nomades éleveurs, « transfrontaliers » dont beaucoup, au vue des difficultés régionales, se sont sédentarisés. Comme l’ont fait, il y a vingt-cinq ans, ceux qui vivent ici. « En arrivant, nous avons apporté la richesse », souligne El Hadi sans détour.

Une visite au parc où sont vendues les bêtes corrobore les dires du maire. Peu de monde, peu de ventes. En cause, les événements qui frappent la Centrafrique. « Maintenant, nous avons beaucoup de difficultés. Il n’y a pas de commerçants pour acheter nos bêtes. » Auparavant, ils prenaient même la route jusqu’à Bangui. Un voyage d’un mois, au gré de la marche des troupeaux. Président de la fédération des éleveurs de la Haute-Kotto, Bobiri Amath Aliou énumère les problèmes. « Nous n’avons pas de produits vétérinaires. Or il y a la mouche tsé-tsé et énormément de tiques. » Par manque d’argent, les éleveurs ne peuvent plus acheter le sel nécessaire aux zébus pour éviter la déshydratation. Et puis, musulmans, ils redoutent les anti-balakas qui ne font pas de quartier et les coupeurs de route, avides de viande et de marchandises précieuses. Conscient des enjeux, Bobiri siège au comité de sensibilisation pour la paix entre les communautés chrétienne et musulmane (lire page 4). Philosophe, il dit : « Quand la barbe de ton voisin prend feu, tu dois te raser au plus vite. »

Pierre Barbancey

À Boungou, une rivière de diamants qui excite les convoitises .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 09 min

Monde -            À Boungou, une rivière de diamants qui excite les convoitises . humanite            le 28 Février 2014

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À Boungou, une rivière de diamants qui excite les convoitises

Mots clés :                           afrique,                            pauvreté,                            centrafrique,                            Opération Sangaris,

 

 

Boungou (Centrafrique), envoyé spécial. Officiellement étroitement contrôlée, l’extraction des pierres précieuses fait la convoitise des marchands aussi bien que des groupes armés.

Le village de Boungou 2, situé pratiquement sur les berges de la rivière Boungou, à une vingtaine de kilomètres de Bria, ne paie pas de mine. Enfin, c’est une façon de dire. Parce que des mines, il y en a ! La rivière draine du grès dans lequel se trouvent un grand nombre de petites pierres, très précieuses : les diamants. Un bonheur et un malheur pour les habitants.

Hamat Mahamat est ce qu’on appelle un artisan minier. Financé par un collecteur, il construit des petits barrages sur le fleuve, là où se trouve le lit vif, pour que les ouvriers qu’il emploie puissent, à grands coups de pelles, remplir les tamis et retenir les pierres. Un travail dur, ingrat, usant pour ces hommes qui ont autant les pieds dans l’eau que dans la pauvreté. Ici, pas de pelleteuses ou autres machines coûteuses comme l’utilisent des compagnies canadiennes et chinoises (les Sud-Africains ont déserté les lieux il y a peu) dans des secteurs plus éloignés, mais des motopompes de fortune. « Pour trouver les bons endroits, il suffit de regarder la couleur de la terre », dit l’artisan.

Officiellement, l’extraction du diamant est sous haute surveillance administrative. Pour s’y rendre il faut même montrer patte blanche. Simon Bouyoulo, chef du service préfectoral des mines de Bria, qui nous accompagne, explique que son rôle est de contrôler le secteur et le circuit des diamants. « Sinon, il y aurait beaucoup de contrebande », assène-t-il sans rire. Il parle consciencieusement de la patente qui doit être réglée, du registre dans lequel tout est noté et s’inscrit en faux contre le « processus de Kimberley », regroupement d’États pour la supervision de l’extraction et du flux financier généré. Le diamant de Centrafrique étant soupçonné de financer des groupes armés, le pays n’est plus autorisé à en exporter depuis mai 2013. Ce qui, bien sûr, n’empêche pas les pierres d’être vendues à l’étranger puisqu’en réalité la surveillance est impossible et la corruption largement répandue.

Si les ex-Séléka se sont installés dans cette zone, ce n’est évidemment pas pour rien. Les habitants sont peu loquaces lorsqu’on aborde cette question. Certains acceptent néanmoins, si on ne dévoile pas leur nom, de raconter comment ils se font racketter à chaque franchissement de barrières contrôlées par les miliciens en treillis. D’autres racontent les attaques subies, de nuit, par des hommes en armes à la recherche de sacs de diamants. Mais aucun n’est jamais allé se plaindre…

Pour les artisans et les ouvriers du diamant, la situation actuelle est un manque à gagner certain. Abdelkader, un garagiste de Bria qui fait aussi dans l’extraction de diamants, en sait quelque chose. « Récemment, j’ai trouvé un diamant de 12 carats », assure-t-il. « Je ne l’ai vendu que 200 000 francs CFA (un peu plus de 300 euros – NDLR). Mais j’ai besoin d’argent ». Une baisse du coût qui n’est pas perdue pour tout le monde. Les bureaux d’achat, comme Sodiam ou Badica Côte d’Azur, à la surface financière suffisante, peuvent se permettre de stocker en attendant une reprise des ventes, moment où la plus-value sera extrême.

Pierre Barbancey

Abdoulaye Tidjani : « Pourquoi Paris envoie-t-il toujours des soldats plutôt que des enseignants ? »

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 06 min

Monde -            Abdoulaye Tidjani : « Pourquoi Paris envoie-t-il toujours des soldats plutôt que des enseignants ? » humanite            le 28 Février 2014

centrafique

Abdoulaye Tidjani : « Pourquoi Paris envoie-t-il toujours des soldats plutôt que des enseignants ? »

Mots clés :                           afrique,                            entretien,                            centrafrique,                            bangui,                            michel djotodia,                            Opération Sangaris,

 

Ancien député et auparavant maire de Bria du Parti social-démocrate, Abdoulaye Tidjani siège au Conseil national de transition en tant que Séléka.

Comment jugez-vous la situation ?

Abdoulaye Tidjani. Comme très alarmante et décevante pour un pays comme le nôtre. Les problèmes confessionnels n’ont jamais existé et ont été instrumentalisés par l’extérieur et par les médias. La division que nous vivons est déplorable. Le gouvernement français s’est appuyé sur cette 
soi-disant division confessionnelle. 
Ici, à Bria, vous l’avez vu, 
il y a des églises, des mosquées, musulmans et chrétiens vivent 
en harmonie les uns avec les autres. Mais on a instauré cette division dans la tête des gens et maintenant cela va être difficile de l’enlever.

Que signifie aujourd’hui de siéger pour la Séléka au sein du Conseil national de transition (CNT) ?

Abdoulaye Tidjani. Ce n’est rien d’autre que la représentation politique de la Séléka. La branche militaire a été dissoute. Elle n’existe plus. Malheureusement, les questions de sécurité qui se posent à Bangui m’ont forcé à quitter la ville 
et à trouver refuge à Bria, d’où je suis. En quelque sorte, j’ai été chassé 
de Bangui. Mais auparavant j’avais dû moi-même partir de Bria, où une de mes maisons a été brûlée par des éléments armés des Séléka. Ce qui montre entre parenthèses que la cible n’était pas spécialement les chrétiens. Néanmoins, nous essayons de jouer notre rôle. Nous avons accompagné le départ de Michel Djotodia et élu la nouvelle présidente, jusqu’à 
ce que l’insécurité arrive.

Quelles sont les idées majeures 
que vous développez au sein 
du Conseil national de transition 
en tant que Séléka ?

Abdoulaye Tidjani. Pour nous, les structures républicaines du pays conviennent. Nous n’aspirons pas 
à la division. Nous voulons 
que la République centrafricaine reste un pays uni comme il l’était, laïque, respectant tous ses habitants. Encore une fois, le caractère de 
ce pays est laïque. On ne peut pas le diviser entre chrétiens et musulmans.

Mais n’est-ce pas difficile aujourd’hui de préserver une telle conception après tout ce qui s’est passé, les exactions commises par les uns et par les autres ?

Abdoulaye Tidjani. Bien sûr, c’est très difficile. Mais nous attendons. 
La France, l’Union africaine (UA), entre autres, ont dit que le problème centrafricain était un petit problème qu’ils résoudraient rapidement. Nous sommes là. S’ils peuvent amener la paix, qu’ils l’amènent. Mais s’ils ne le peuvent pas, nous ne partirons pas. Nous sommes des Centrafricains. Où irions-nous ? Nous allons rester dans ce pays comme les autres, qui disent aussi être des Centrafricains. La France peut tenter de diviser le pays, mais cette notion n’est pas dans la tête des Centrafricains. Nous voulons que le pays reste uni.

Est-ce que le renforcement 
du contingent français Sangaris 
peut aider ou non ?

Abdoulaye Tidjani. Personnellement, 
je pense que le renforcement 
de Sangaris n’est pas la solution 
à nos problèmes. Ni Sangaris ni 
la Misca (la force africaine – NDLR) n’ont joué un rôle digne pour les Centrafricains. Ils nous ont divisés. Ils devaient protéger les biens et les personnes. Or les gens se sont massacrés devant eux. Maintenant 
il est très difficile pour eux d’amener 
la paix. Le problème centrafricain est un problème politique. Avant de partir, le président Bozizé a distribué des machettes et des armes. Au lieu de nous réunir autour d’une table 
et de s’enquérir des difficultés existantes, la France a pris parti. 
Si l’argent qui est dépensé pour envoyer des troupes était utilisé pour la Centrafrique, pour les réparations et pour le développement, ce serait plus profitable. Les militaires 
ne peuvent rien nous apporter. 
Au contraire !

Comment en finir avec ces multiples interventions militaires et mettre en place une politique de développement et non pas une « politique du ventre » ?

Abdoulaye Tidjani. Tous les régimes qui se sont succédé ont leur part de responsabilité. Si chacun vient pour se remplir les poches ou favoriser sa famille, ça ne marchera pas. Il faut des gens qui ont l’intérêt national collé au cœur et au corps. Mais remarquons qu’il n’y a aucun coopérant français en RCA. Pourquoi toujours envoyer des soldats et pas des techniciens, 
des enseignants ou des médecins ?

Bria, envoyé spécial. Entretien réalisé par Pierre Barbancey

Centrafique. Au nord d’un pays meurtri par la misère et la peur .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 02 min

Centrafique. Au nord d’un pays meurtri par la misère et la peur .

Bria est, avec Ndélé, dans le Bamingui-Bangoran, le fief des ex-Séléka

Monde -            humanite            le 28 Février 2014

 

Centrafique. Au nord d’un pays meurtri par la misère et la peur

Mots clés :                           afrique,                            soudan,                            centrafrique,                            bangui,                            Opération Sangaris,                            michel dotodjia,

 

 

Bria (Centrafrique), reportage de notre envoyé spécial. À six cents kilomètres au nord-est de Bangui, Bria est au cœur du fief des Séléka, ces milices d’obédience souvent musulmane qui ont renversé l’ancien potentat François Bozizé. La cité était surnommée « la Scintillante » à cause de ses diamants. Exsangue, elle semble retenir son souffle dans la crainte des violences.

« Bria la Scintillante ». C’est ainsi qu’est surnommée cette ville de la Haute-Kotto, à six cents kilomètres au nord-est de Bangui. Ce qui scintille ? Le diamant ! Pourtant, dans les grandes allées poussiéreuses de latérite, ce qu’on distingue avant tout ce sont des hommes en armes, aux treillis dépareillés, pas toujours très avenants. Bria est, avec Ndélé, dans le Bamingui-Bangoran, le fief des ex-Séléka. C’est là que bon nombre d’entre eux ont trouvé refuge après avoir été forcés de quitter la capitale, chassés par les troupes françaises de l’opération « Sangaris » et celles de la Misca (les forces africaines), laissant une bonne partie de la population subir les exactions des anti-balakas.

bria2802 L’atmosphère est étrange ! A priori, le calme règne. Des enfants jouent, des femmes portent leurs paniers sur la tête, les hommes sont assis cherchant le repos à l’ombre des boutiques. Les voitures sont rares. Seules circulent des motos qui filent comme des libellules au-dessus d’un plan d’eau. Rien que de très normal lorsqu’on sait que le carburant est rare et cher. Les regards pourtant sont lourds, suspicieux. « On maintient la paix en Haute-Kotta », affirme Robert Morgode, le préfet qui nous reçoit dans une tenue d’apparat – casquette comprise – qui n’a rien à envier à celle des préfets français et se dit à la tête d’une « préfecture post-conflit ». À l’entendre, tout irait bien à Bria. Voire ! Les bâtiments administratifs ont été brûlés il y a un an par des Séléka déchaînés et son autorité actuelle vaut plus par un modus vivendi accepté par le commandement militaire de la zone entre les mains, justement, des ex-Séléka.

Nommé par Michel Dotodjia, le colonel Ousta estime avoir « arrêté le désordre à Bria ».

Le « comzone », comme on l’appelle ici, est le colonel Ali Ousta, un géant à la mâchoire prognathe, des plus impressionnant. Nous avions eu le loisir d’apprécier son autorité en l’entendant, la veille de notre rencontre, sur les ondes de la station communautaire locale, Radio Barangbaké. Dans le plus pur style militaire, il mettait en garde « ceux qui commettent des braquages, se promènent en armes la nuit, portent des treillis et font accuser les Séléka ». À ceux-là, ils lançaient un avertissement : « J’ai donné ordre à la police militaire de les abattre s’ils sont pris en flagrant délit. » Nommé par l’ancien président de la transition, Michel Dotodjia, le colonel Ousta estime avoir « arrêté le désordre à Bria ». Pour cela, ancien forestier, il s’est déplacé en brousse pour « demander aux gens de revenir ». Un périple qui l’a amené jusqu’à Nzacko, à plus de 130 kilomètres. « J’ai eu affaire à Joseph Koni et à ses rebelles de la LRA (l’armée de résistance du seigneur, sanguinaire rébellion ougandaise qui sévit aux frontières du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique – NDLR). Ils avaient enlevé plus de 60 personnes. On les a eus à la frontière du Soudan et on a récupéré tous les otages », raconte-t-il. Une façon de montrer que l’époque Séléka est révolue. « Nous sommes ici dans un site de cantonnement. Autrefois, c’est vrai, il y avait des étrangers parmi nous (allusions aux miliciens tchadiens et soudanais que comptait la Séléka – NDLR), mais ce n’est plus le cas. Les armes que nous avons servent à protéger les personnes et les biens », explique encore le colonel Ousta, qui dit « attendre des instructions du ministère de la Défense ». Des instructions qui tardent à venir. Comme il le révèle, des soldats français sont venus à deux reprises à Bria, hélicoptères à l’appui, puis s’en sont allés après quelques tensions.

« Depuis le temps des Blancs, déjà, il n’y a rien, même pas de routes, pas d’écoles, pas d’hôpitaux. »

Forcés de fuir Bangui, bon nombre d’originaires de Bria sont revenus, dont beaucoup de fonctionnaires. C’est le cas de Delphin Grebaye – « chrétien mais de famille musulmane », comme il le dit – qui dénonce l’idée d’une guerre confessionnelle et préfère parler d’un nord délaissé de tout temps, y compris pendant la colonisation. « Depuis le temps des Blancs, déjà, il n’y a rien, même pas de routes, pas d’écoles, pas d’hôpitaux. » Pour Mahamat Service, ingénieur géographe, « le calme était revenu à Bangui. On avait même repris le travail. Mais quand les soldats français sont arrivés, le désordre a commencé, on a été attaqué. Si on demande à la France d’envoyer cent personnes pour l’éducation ou pour des tâches d’intérêt général, on n’aura rien. Par contre, elle sait envoyer ses troupes ». Pour les étudiants, la situation est encore plus dramatique. La Centrafrique ne possède qu’une université. Elle est à Bangui. Les cours ont repris mais ceux qui se trouvent à Bria, dans l’impossibilité matérielle et sécuritaire de retourner dans la capitale, sont pénalisés et leur année compromise. « Il ne me reste que deux matières à valider mais j’ai trop peur d’aller à Bangui », avoue Kamal Come. Miskine Zackarie explique qu’il aimerait bien continuer ses études mais « je suis renié à cause de mon appartenance ethnique de la région du nord-est ». Pis, comme le souligne El Makin Mansour, « certains de nos collègues ont été froidement abattus, d’autres ont été kidnappés ». Ils ont lancé un appel (et demandé à l’Humanité de le relayer) à l’Unesco, aux ONG et aux universités « pour poursuivre nos études dans une université qui pourra nous accueillir ».

Ce soir-là, à proximité de notre logement, une altercation entre ex-Séléka a viré au drame

Les troupes du colonel Ousta ne touchent plus la prime globale d’alimentation (PGA) et ne sont pas payées. Alors, ses hommes touchent quelques subsides pour sécuriser les camions qui passent ou laisser passer les marchandises aux barrières d’entrée. À peine quelques billets en poche, ils se précipitent dans une cave (les bars locaux) où ils ingurgitent un alcool frelaté (70 degrés, quand même !) qui les rend fous. Dans ces moments-là, les femmes évitent de les croiser et se cachent aussi vite que possible. Ce soir-là, à proximité de notre logement, une altercation entre ex-Séléka a viré au drame. L’un a lancé une grenade, blessant plusieurs personnes avant d’être abattu. Le lendemain, pour un rien, les armes ont encore parlé aux quatre coins de la ville, semant la terreur parmi les habitants. Tout le monde sait que, chaque jour, arrivent des réfugiés dont certains n’ont pas lâché leurs armes. Des recrues potentielles pour des milices ou des rébellions, venues des frontières toutes proches, que l’ont dit en pleine recomposition.

Bria la Scintillante est recouverte d’une sale poussière. Non plus celle de la latérite, si belle, mais celle de la misère, de la peur et de la déshérence, si affreuse celle-là.

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Pierre Barbancey

Ianoukovitch: « Personne ne m’a renversé » .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 10 h 56 min

Ianoukovitch:

 

Monde -            humanitefr            le 28 Février 2014

Ukraine

Ianoukovitch: « Personne ne m’a renversé »

Mots clés :                           ukraine,                            russie,                            kiev,                            viktor ianoukovitch,                            vladimir poutine,

 

 

Viktor Ianoukovitch s’est exprimé ce vendredi, depuis la Russie. Isolé, se plaignant du silence de Poutine, il reste néanmoins convaincu de sa légitimité à la tête de l’Ukraine, promettant son retour. Il nie également son implication dans les violences qui ont fait des dizaines de victimes à Kiev. Le parquet ukrainien ne l’entend pas de cette oreille et réclame à la Russie son extradition pour meurtre de masse.

Au cours d’une conférence de presse organisée depuis la Russie, mais non loin de la frontière ukrainienne, l’ancien président Viktor Ianoukovitch a assuré qu’il continuerait à lutter pour l’avenir de l’Ukraine, tombée selon lui entre les mains de forces « néo-nazies » et « pro-fascistes ». Il a argumenté qu’il n’avait été destitué, malgré la décision en ce sens du parlement ukrainien, contraint de quitter le pays en raison de menaces dont il dit avoir fait l’objet. Il a du coup promis de retourner en Ukraine une fois que sa sécurité personnelle serait assurée. Mais il a ajouté ne pas avoir l’intention de participer à l’élection présidentielle prévue le 25 mai, « illégale », selon lui. Loin d’apaiser les tensions, Viktor Ianoukovitch a affirmé que les manifestants étaient seuls responsables des violences qui ont fait des dizaines de morts la semaine dernière à Kiev, ajoutant qu’il n’avait jamais donné l’ordre aux forces de sécurité d’ouvrir le feu. Le parquet général d’Ukraine a néanmoins affiché son intention de demander son extradition. Une enquête contre lui pour « meurtres de masse » a été ouverte. Enfin, tout en concédant avoir parlé au président russe par téléphone, il a lancé : « La Russie doit et est obligée d’agir, et connaissant le caractère de Vladimir Poutine, je me demande pourquoi il est si réservé et pourquoi il garde le silence ». « La Russie doit user de tous les possibilités dont elle dispose pour mettre fin au chaos et la terreur en Ukraine. Mais je suis catégoriquement contre une invasion, une violation de la souveraineté de l’Ukraine ».

Des hommes armés en Crimée

« Tout ce qui se passe en Crimée est une réaction absolument naturelle à un coup d’Etat de bandits, à Kiev une poignée de radicaux a usurpé le pouvoir » a commenté Ianoukovitch. C’est qu’après l’occupation du parlement régional jeudi, une grosse centaine d’hommes armés ont pris le contrôle dans la nuit de deux aéroports de Crimée. Aucune revendication ou uniforme officiel, mais selon des témoins, à Simféropol, chef-lieu de la Crimée, certains de ces hommes « ne dissimulent pas leur appartenance aux forces armées russes ». De même selon les garde-frontières ukrainiens, une dizaine d’hélicoptères de l’armée russe sont entrés vendredi dans l’espace aérien au-dessus de la région de Crimée. La flotte russe a démenti être impliquée dans la prise de contrôle des aéroports.

crimee_0 Le directeur du Conseil national de sécurité et de défense, Andriï Paroubiï, a cependant affirmé dans l’après midi que les autorités centrales ukrainiennes avaient repris le contrôle des deux aéroports. Il affirme que des soldats de l’armée russe ont participé à au moins l’une de ces opérations. Des « unités armées de la flotte russe bloquent » l’aéroport de Belbek, proche de Sébastopol, a aussi annoncé le ministre ukrainien de l’Intérieur par intérim, Arsen Avakov.

« Garantir la souveraineté de l’Ukraine »

« Je considère ce qui se passe comme une invasion armée et une occupation. En violation de tous les accords et normes internationaux », a lancé le ministre Arsen Avakov. Au Parlement à Kiev, les députés ont réagi à ces développements en votant ce vendredi une résolution appelant les pays occidentaux à garantir la souveraineté de l’Ukraine. Le texte voté demande aux pays garants (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie) de « confirmer leurs engagements » envers l’Ukraine et de lancer des « consultations immédiates avec (elle) pour faire baisser la tension ».

Une schizophrénie aussi à l’international. Le discours des puissances européennes reste peu clair. A l’image de l’Allemagne. Angela Merkel, qui a félicité ce vendredi Arseni Iatseniouk, désigné Premier ministre par le Parlement ukrainien, et l’a assuré de son soutien. Le même jour, le ministre des Affaires Etrangères allemand, avec ses homologues français et polonais, a signé une déclaration bien plus réservée. « Nous avons la conviction que la stabilité politique et les réformes en Ukraine nécessitent un large consensus soutenu par toutes les parties prenantes sans exception. En particulier, la prise en considération de la diversité de la société ukrainienne exige de tendre la main aux régions de l’Est et du Sud en tenant compte de l’ensemble de leurs intérêts légitimes, y compris concernant les droits des minorités, en particulier s’agissant des questions linguistiques. La situation que connaît l’Ukraine ne peut être traitée d’une façon durable que si toutes les forces politiques s’unissent et poursuivent un objectif commun ».

Ukraine. Un pouvoir intérimaire sous influence .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 10 h 51 min

Ukraine. Un pouvoir intérimaire sous influence . iatseniouk

Arseni Iatseniouk, qui prend la tête du gouvernement, est un libéral, « très proche des milieux d’affaires ».

Monde -            humanite            le 28 Février 2014

 

Ukraine. Un pouvoir intérimaire sous influence

Mots clés :                           ukraine,                            timochenko,                            kiev,                            oleg tiagnibok,                            vladimir bidiovka,                            vladimir kassaev,                            andreï paroubiï,

 

 

De envoyé spécial en Ukraine. Le gouvernement, adoubé hier, fait la part belle à Ioulia Timochenko et à l’extrême droite.

Présenté en grande pompe devant la foule sur la place de l’Indépendance à Kiev, le gouvernement intérimaire n’a étonné personne. Tout le monde s’attendait à ce que le banquier Iatseniouk occupe le poste de premier ministre. Cela confirme la main mise du parti Batkivshchina de Ioulia Timochenko sur l’après-Maïdan. Avec Arseni Iatseniouk chef du gouvernement, Arsen Avakov au ministère de l’Intérieur et Olexandre Tourtchinov président du Parlement et donc chef de l’État jusqu’aux élections, le parti Batkivshchina occupe les trois postes clés du nouveau pouvoir. Un grand chelem qui laisse poindre un certain scepticisme quant aux intentions de changement. Le politologue Artiom Bidenko n’y va pas par quatre chemins : « Il s’agit d’une défaite pour le peuple rassemblé depuis trois mois. Ils ont formé un gouvernement de technocrates qui n’induira aucun changement de système. »

Iatseniouk, qui prend la tête du gouvernement à trente-neuf ans, est un ancien avocat qui a rapidement gravi les échelons, puisqu’il a déjà occupé les postes de ministre de l’Économie et des Affaires étrangères dans les administrations précédentes et dirigé la Banque nationale d’Ukraine. Libéral, il est « très proche des milieux d’affaires », pointe le politologue Vladimir Kassaev. Le risque d’une nouvelle crise politique avant les élections est censé être écarté avec la nouvelle coalition : Choix européen. Celle-ci réunit 250 députés issus des groupes parlementaires de Batkivtshchina (101 députés), d’Oudar (Klitschko, 40 députés) jusqu’à Svoboda (Oleg Tiagnibok, extrême droite, 37 députés). Cette coalition et les postes clés obtenus au sein du gouvernement, comme à la tête du Conseil national de sécurité et de défense par Andreï Paroubiï, permet à l’extrême droite de s’installer comme une force parlementaire légitime. « C’est révélateur des liens de Svoboda avec Ioulia Timochenko et son parti », relève Vladimir Bidiovka du Parti communiste d’Ukraine.

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Vadim Kamenka

Personnes en situation de handicap : « Un recul supplémentaire » (PCF) .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 10 h 48 min

-            Personnes en situation de handicap :            le 28 Février 2014

 

Personnes en situation de handicap : « Un recul supplémentaire » (PCF)

Mots clés :                           pcf,                            droits des handicapés,

 

 

La loi de 2005 avait fixé un délai de dix ans pour rendre les lieux publics accessibles. Le gouvernement vient de rendre publique une nouvelle reculade. Après avoir refusé de traiter de la perte d’autonomie en dehors du vieillissement, voilà qu’il invente de nouveaux aménagements, avec un agenda repoussant de trois à neuf ans supplémentaires les échéances.

C’est inacceptable pour les associations. Le PCF, membre du Front de Gauche, est aux cotés des associations, des personnes en situation de handicap, de leurs familles et de leur proches pour dénoncer ce recul supplémentaire. Il faut créer les conditions pour compenser la perte d’autonomie et la situation de handicap.

Parti communiste français

Décès à l’hôpital Cochin : le rapport qui cache la sursaturation des urgences .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 10 h 44 min

Décès à l'hôpital Cochin : le rapport qui cache la sursaturation des urgences . urgencescochin

 

Social-Eco -            humanitefr            le 28 Février 2014

 

Décès à l’hôpital Cochin : le rapport qui cache la sursaturation des urgences

Mots clés :                           santé,                            hôpital,                            hôpitaux,                            AP-HP,                            usap-cgt,                            urgences,                            fermeture des urgences,                            hôpital cochin,

 

 

Pour tenter de couper court à la polémique sur l’attente aux urgences depuis la fermeture de celles de l’Hôtel-Dieu, l’AP-HP rend public les conclusions de l’enquête sur le décès d’une patiente de 61 ans, trouvée morte six heures après son arrivée aux urgences de l’hôpital Cochin.

« La communication verbale entre les différents intervenants semble peu privilégiée », est-il écrit dans le rapport de l’enquête ouverte par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont dépend l’hôpital Cochin, quelques jours après le décès de la sexagénaire le 15 février. Les auteurs du rapport qui note que la patiente, dont le personnel pensait qu’elle était partie des urgences, aurait pu être localisée plus tôt « l’anomalie qui préoccupe est de ne pas avoir trouvé la patiente et non pas son décès ».

Cette patiente, transférée à 16h30 par les pompiers aux urgences à la suite d’une « blessure au pied par un morceau de verre », a été retrouvée morte six heures plus tard, vers 23 heures. Pendant ce temps, elle était assise en zone d’attente, en face du poste de l’infirmier d’organisation de l’accueil, qui lui avait mesuré la température, la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Il a estimé que son cas n’exigeait pas la venue immédiate d’un médecin. Certains membres du personnel disent qu’elle semblait toujours vivante jusqu’à 22h00. Toutefois, deux personnels médicaux qui se sont mis à sa recherche pour l’examiner à partir de 21h30 ne l’ont pas trouvée. Ils l’ont appelée à plusieurs reprises et ont fini par conclure qu’elle avait dû partir des urgences d’elle-même. Le décès a été constaté à 23h10. Selon le rapport, « trois éléments auraient pu permettre de localiser la patiente »: la consultation d’un logiciel spécialisé, une demande directe à l’infirmier d’accueil et la vérification des bracelets d’identification des patients. Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, avait déjà reconnu mardi  des « erreurs d’organisation » mais « pas de faute individuelle ».

« Le service d’urgences complètement saturé » selon la CGT

« Les actions correctrices ont été enclenchées dès les premiers constats réalisés », affirme l’AP-HP dans un communiqué. Le rapport recommande notamment de vérifier « un à un les bracelets des patients présents dans les zones de surveillance » lorsqu’un appel ne donne rien, mais aussi de s’assurer que l’ensemble des soignants, y compris étudiants, maîtrisent le logiciel de localisation – qui n’a pas été utilisé par les médecins juniors le 15 février. Quant à la cause du décès, le document évoque une « mort subite présumée d’origine cardiaque ». Ce diagnostic a été « retenu après analyse du dossier médical et scanner post mortem à défaut d’autopsie refusée par les proches ». Comme l’avait déjà soutenu l’AP-HP, le rapport estime que les effectifs étaient suffisants. Cinquante-quatre patients étaient dans la zone de soins à 21h20. Le comité de soutien de l’Hôtel-Dieu, Hôpital pour tous, et la CGT  avaient affirmé que 
« le service d’urgences était complètement saturé  comme le sont quotidiennement toutes les urgences parisiennes ».

« Cela fait des mois que l’on tire la sonnette d’alarme »

«  L’augmentation des volumes d’activité est incompatible avec la  sécurité des patients et des personnels de santé », avait dénoncé dans l’Humanité Christophe Prudhomme, médecin urgentiste syndiqué à la CGT. Même constation du côté de Gérald Kierzek, qui travaille à l’hôpital Cochin et fait figure de fer de lance dans le combat contre la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu, dans un entretien au Parisien, la semaine dernière, le médecin urgentiste a déclaré que « cela fait des mois que l’on tire la sonnette d’alarme. Pour un soignant, ce qui est arrivé est insupportable. Si on continue à fermer les centres d’urgence de proximité, nous pouvons nous attendre à une longue liste de décès comme celui de cette dame. Or, on ferme le service d’urgences de l’Hôtel-Dieu, à taille humaine, pour faire des gros centres comme Cochin. On voit les conséquences… »

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