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9 mars 2014

L’Ukraine et le savoir-faire de la nouvelle diplomatie allemande .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 11 h 49 min

L’Ukraine et le savoir-faire de la nouvelle diplomatie allemande . 2014-03-10steinmeir

Frank Walter Steinmeier a « fait ses armes » à la tête des services de renseignements allemands durant la guerre en Yougoslavie.

Monde -            humanite            le 7 Mars 2014

Quels sont les pays qui interfèrent dans les événements ukrainiens ?

L’Ukraine et le savoir-faire de la nouvelle diplomatie allemande

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Par Vladimir Caller, Analyste politique.

 

Vladimir Caller, analyste politique, analyse l’activisme du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, dans la crise ukrainienne.

Ce 31 janvier passé, dans le cadre de la Conférence de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : « L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde. » Venant précisément de ce ministre-là, ces paroles prennent un relief particulier.

Bien plus prudent que son prédécesseur, Guido Westerwelle, qui s’était permis d’aller à la place Maïdan pour haranguer les manifestants, un peu comme si Ahmadinejad venait faire des quenelles devant le ministère de Manuel Valls, l’actuel ministre des Affaires étrangères s’est plutôt distingué par une extrême discrétion, en particulier sur son rôle dans les services secrets de son pays pendant les guerres yougoslaves. En fait, sa carrière dans les services spéciaux et la diplomatie commença en 1998 lorsqu’il fut nommé coordinateur des organes d’intelligence de la chancellerie jusqu’à en devenir le chef en 1999, ayant à sa charge le BND (Bundesnachrichtendienst), le service fédéral de renseignement. À ce titre, il a été le responsable, côté allemand, des programmes germano-américains de l’ainsi nommée « guerre contre le terrorisme ».

Kosovo

Ce furent ses performances lors des guerres yougoslaves qui ont contribué à l’accroissement de l’influence allemande dans le sud-est européen et qui lui ont donné le rôle qui est le sien aujourd’hui. C’est sous sa gestion de la chancellerie allemande que le BND a non seulement cessé de considérer l’UCK (Armée de libération du Kosovo) comme une organisation terroriste mais s’est engagée à la soutenir sans réserve, sur le plan matériel, technologique et de propagande dans sa guerre contre le gouvernement de Milosevic.

La guerre finie avec la victoire de l’UCK et de l’Otan, la Yougoslavie démembrée, l’activisme balkanique de la BND est resté toujours actif sous l’impulsion de FWS. D’ailleurs des analystes de la politique allemande dans la région soupçonnent l’implication du BND lors des graves incidents anti-serbes de mars 2004 au Kosovo. Plus récemment, et dans le cadre de ladite « guerre contre le terrorisme », sa collaboration sans faille avec les services américains, accusés, entre autres, des pratiques illégales comme la séquestration et même de torture, a soulevé de sérieux questionnements.

« Façonner le monde du XXIe siècle »

Doté d’une ambition très marquée, le ministre n’a pas hésité à écrire en 2009 une lettre ouverte au président Obama (En étroite coopération dans le Spiegel du 12 janvier 2009) lui disant: «Ensemble, nous pouvons façonner le monde du XXIe siècle. » Plus localement, cette motivation fut confirmée par une déclaration conjointe de la CDU et du SPD, inspirée notamment par lui, et selon laquelle, «l’Allemagne se devait de participer activement dans la configuration de l’ordre international», et, en plus, de rester prête «à tout genre d’interventions partout dans le monde», y compris bien entendu dans ses versions armées «associant les apports civils et militaires de l’Union européenne», en invoquant, comme ce fut le cas en Yougoslavie et ailleurs, des motivations humanitaires: «Dans ses missions internationales pour les droits humains, la crédibilité de l’Union européenne est tributaire de la façon dont elle respecte ses principes et les applique en commençant par son propre territoire » (Accord de coalition « Assurons l’avenir de l’Allemagne », entre la CDU-CSU-SPD de novembre 2013).

Les événements en Ukraine tombent donc à pic pour nourrir l’activisme de l’actuel ministre: en association avec son collègue polonais, Radoslaw Sikorski, il a contribué à faire basculer le pouvoir à Kiev. Non sans raison, ce dernier avait déclaré à Berlin en 2011: «Je redoute moins la puissance allemande que l’inaction allemande.» Le ministre polonais n’a rien à craindre, FWS s’occupe déjà des dossiers de la Moldavie et de la Géorgie. Et Sikorski, lui, est pressenti comme futur candidat au poste de secrétaire général de l’Otan en replacement d’Anders Fogh Rasmussen.

Biélorussie

Renouveau donc de la diplomatie allemande où FWS reprend l’héritage de son camarade de l’époque des aventures yougoslaves, Joska Fischer, tout en sortant de la retenue qu’observait son prédécesseur Guido Westerwelle quant aux engagements militaires de la Bundeswehr. Bousculant même la ligne de Mme Merkel, l’Allemagne vient de s’engager à intervenir au Mali et une brigade franco-allemande sera constituée à cet effet.

FWS «va montrer sa différence», disait à ce propos le Monde, le 23 janvier 2014. Tandis que Rasmussen déclarait au même journal, quelques jours plus tard, en parlant de l’intervention armée française: «Ce qui se produit en Afrique pourrait arriver en Europe » (Le Figaro du 29 janvier 2014). À son tour, comme faisant écho, interrogée par la radio France Inter, le 19 février, sur l’éventualité d’une opération militaire en Ukraine, l’ambassadeur allemand en France, Suzanne Wasum-Rainer, ne semblait pas choquée par la question et répondait: «La diplomatie est plus efficace. L’utilisation des moyens militaires est une mesure de dernier recours.» Pas très excessif donc peut-être de songer à l’Ukraine d’aujourd’hui en pensant à la Yougoslavie d’hier et très probablement à la Biélorussie de demain.

Et autant de raisons pour bien méditer sur la phrase du ministre.

  • A lire aussi:

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Vladimir Caller

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