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3 février 2014

Quand l’UMP utilise la réserve parlementaire pour empêcher les logements sociaux à Paris (Ian Brossat)

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 33 min

-            Quand l’UMP utilise la réserve parlementaire pour empêcher les logements sociaux à Paris (Ian Brossat) humanitefr            le 3 Février 2014

 

Quand l’UMP utilise la réserve parlementaire pour empêcher les logements sociaux à Paris (Ian Brossat)

Mots clés :                           ian brossat,                            logements,

 

 

L’Assemblée nationale vient de rendre public l’usage que chaque député a fait de sa réserve parlementaire au cours de l’année 2013. Il apparaît qu’une fois encore, Claude Goasguen, député-maire du 16ème arrondissement, investi à nouveau par Nathalie Kosciusko-Morizet pour les municipales de mars 2014, a versé 2000 euros à l’association Porte d’Auteuil Environnement.

Cette officine est connue pour avoir déposé plusieurs recours contre le projet de logements, notamment sociaux, à la Porte d’Auteuil. Ces procédures judiciaires ont considérablement contribué à ralentir la livraison de ces nouveaux logements. Non contente de s’opposer par ses votes aux logements sociaux, la droite parisienne prête main forte, avec les deniers du contribuable, à des associations qui refusent la mixité sociale.

A l’heure où nous célébrons le 60ème anniversaire de l’appel de l’Abbé Pierre pour le droit au logement, l’UMP parisienne montre qu’elle n’a pas changé de logiciel : accrochée à l’entre-soi, elle refuse que Paris soit une ville accueillante pour les classes moyennes et populaires.

Avec Anne Hidalgo, nous voulons, au contraire, franchir une nouvelle étape pour la mixité sociale en fixant un objectif de 30% de logements sociaux, mieux répartis à l’échelle du territoire parisien. C’est tout le sens du projet de construction de logements entre la Porte d’Auteuil et la Porte Dauphine.

Culture L’argent, tout un cinéma au Forum des images .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 17 min

Culture L’argent, tout un cinéma au Forum des images

L'argent, tout un cinéma au Forum des images

Jusqu’au 28 février, le Forum des images poursuit son cycle de films et de rencontres, consacré à l’argent.

Annie Ernaux : « J’ai toujours été persuadée que rien n’était jamais gagné pour les femmes ».

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 11 min

Annie Ernaux :

 

Société -            humanite            le 3 Février 2014

Libertés

Annie Ernaux : « J’ai toujours été persuadée que rien n’était jamais gagné pour les femmes »

Mots clés :                           laïcité,                            entretien,                            égalité hommes femmes,                            ivg,                            droit des femmes,                            manif pour tous,                            annie ernaux,                            droit à l’avortement,

 

 

Annie Ernaux revient sur l’avortement clandestin qu’elle avait subi en 1964 , et raconté dans son livre l’Événement. L’écrivaine alerte sur ce que veut dire absence de loi et ce que signifie être totalement dans l’illégalité. 

Vous avez subi, en janvier 1964, un avortement clandestin. Quel écho éveille en vous 
la remise en cause de l’IVG 
en Espagne et, d’une façon pernicieuse, en France ?

annie-ernaux Annie Ernaux. C’est un écho 
moins d’ordre sensible que 
d’ordre intellectuel. Est-ce si impensable d’imaginer le retour vers l’avortement clandestin ? 
J’ai toujours été persuadée 
que rien n’était jamais gagné 
pour les femmes.

Vous êtes découragée 
par cette ritournelle ?

Annie Ernaux. Non. J’ai envie d’entrer de nouveau dans 
ce combat. Il reste que je suis effarée que l’Espagne en arrive à cette régression. Le choix d’avorter ou non se heurte 
à des choses plus profondes, 
qui ne sont pas seulement liées à la liberté des femmes. La nouvelle contestation prend une nouvelle allure qui rejoint la question du respect de la vie, qui se propage d’une façon extrême. D’autant que beaucoup de femmes ne savent plus ce qu’est une absence de contraception, d’avortement libre. On ne sait plus ce que subir un avortement clandestin veut dire. C’est cela qui me perturbe, me fait peur.

Pourquoi avoir attendu 
trente-cinq ans avant de faire 
le récit de votre avortement clandestin, dans votre livre l’Événement, publié en 2000 ?

Annie Ernaux. En réalité, je n’ai pas attendu trente-cinq ans. J’ai écrit les Armoires vides en 1974, alors que nous étions en pleine lutte pour obtenir la libéralisation de l’avortement. Mon roman, qui avait pour cadre l’avortement, était une façon pour moi de prendre part au militantisme. J’étais au Mlac, le Mouvement de libération pour l’avortement et la contraception. Auparavant, au groupe Choisir de Gisèle Halimi.

Vous n’êtes pas allée jusqu’à signer le Manifeste des 343 salopes ?

Annie Ernaux. En 1971, il était hors de question pour moi de le faire. C’était impensable. Je n’étais rien. De plus, j’étais mariée à un cadre, et déclarer publiquement avoir avorté aurait eu l’effet d’une bombe.

Comment a été reçu votre livre l’Événement, publié en 2000 ?

Annie Ernaux. Il n’a eu aucun retentissement. L’accueil média a été épouvantable. Une sorte de loi du silence l’a accompagné. Alors que Bernard Pivot avait l’habitude de m’inviter, là il s’est abstenu. Un journaliste n’a pas voulu en parler car, m’avait-il dit : « La lecture du livre m’a donné la nausée. » Pour beaucoup de médias ce combat était dépassé. Arte a estimé qu’il n’y avait aucun intérêt à revenir sur ce sujet. Il y a eu un consensus pour ne pas en parler.

Était-il nécessaire pour vous de ne pas laisser votre expérience enfouie ?

Annie Ernaux. Je voulais témoigner. Cette expérience a changé ma vie d’une façon extrême : il y a un avant et un après. D’où le titre : l’Événement. J’ai été confrontée à l’inimaginable, à l’inouï. On sait que l’on peut en mourir, mais on affronte quand même la mort. On a du mal à comprendre ce qu’est l’absence de loi, ce que signifie être totalement dans l’illégalité, dans la quête d’une personne pour vous donner l’adresse d’une avorteuse, ou pour vous prêter de l’argent. Une femme dans mon quartier, à Yvetot, a été trouvée morte sur la table. Elle avait deux enfants.

Vous avez éprouvé de la honte 
et subi la réprobation ?

Annie Ernaux. Je n’ai jamais 
eu honte. J’ai évidemment 
subi la réprobation. Mais j’ai davantage souffert du silence autour de mon avortement. 
À l’époque, donc en 1964, 
je ne pouvais en parler à personne. Pas même à ma meilleure amie. Mon mari 
le savait mais on n’en parlait 
pas. Après la sortie de mon 
livre, en 2000, les femmes qui avaient subi une IVG 
ne voulaient pas témoigner, elles souhaitaient tirer un trait. L’amnésie. Or il est impossible d’oublier. La nuit du 20 au 21 janvier 1964 est devenue une date anniversaire pour moi. Une immense solitude enveloppe les femmes qui avortent.

1erfevrierivg

Dans votre agenda, en sortant de chez le gynéco, vous aviez écrit : «Je suis enceinte. C’est l’horreur.» Cette phrase exprimait-elle la peur de ce qui vous attendait ?

Annie Ernaux. C’est l’horreur, car cela vous tombe sur la tête. C’est l’horreur et qu’allais-je faire ? Le garder à vingt-trois ans voulait dire que mon avenir était foutu. C’est l’époque où toutes les femmes avaient peur de se retrouver enceintes, il n’existait pas de contraception. Le manque d’imagination ou l’amnésie sur cette période permet qu’on laisse faire ce qui ne devrait jamais se reproduire.

Vous racontez dans le détail 
la sonde dans l’utérus par la faiseuse d’anges et l’hémorragie. Vous avez frôlé la mort ?

Annie Ernaux. Oui. J’ai appelé le médecin pour ne pas mourir, alors qu’il y a des filles qui ne le faisaient pas, elles avaient honte. Je me suis fait traiter comme une moins que rien. Le médecin, appelé par le concierge de la cité universitaire, m’avait pris le menton et, en me tutoyant, me demandait de lui jurer de ne pas recommencer. Des médecins acceptaient d’enfreindre la loi si l’on était de milieu aisé. J’ai appris par la garde de nuit que le chirurgien qui avait fait le curetage ne savait pas que j’étais étudiante. Il avait honte de m’avoir traitée comme une ouvrière, m’a-t-elle raconté. Certaines femmes aisées allaient en Suisse. Pour moi, c’était horriblement cher. J’ai payé 400 francs la faiseuse d’anges. C’est cela qui risque d’arriver en Espagne : trouver l’argent et l’adresse des avorteurs.

Quel message avez-vous envie d’adresser aux jeunes ?

Annie Ernaux. Il faut absolument qu’elles se mobilisent. Sinon, 
c’est le retour à la faiseuse d’anges, aux médecins « marron », si l’on en trouve. Il me semble qu’elles ne sont pas suffisamment mobilisées. 
Il y a des militantes, mais le 
gros des filles ne luttent pas 
au niveau qu’il faut. Même 
le film de Claire Simon, les Bureaux de Dieu, en 2008, 
n’a pas eu l’écho qu’il fallait. Il n’y a que l’érotisme qui peut concerner les hommes. Le reste, c’est une histoire de «bonnes femmes». Les femmes souffrent du manque de centres d’IVG. L’ex-candidat François Hollande avait promis leur ouverture. 
Est-ce juste une promesse 
de campagne ?

(1) L’Événement, d’Annie Ernaux, 
éditions Gallimard, 2000.

Lire aussi :

Entretien réalisé par Mina Kaci

Annie Ernaux : « J’ai toujours été persuadée que rien n’était jamais gagné pour les femmes ».

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 09 min

Annie Ernaux :

 

Société -            humanite            le 3 Février 2014

Libertés

Annie Ernaux : « J’ai toujours été persuadée que rien n’était jamais gagné pour les femmes »

Mots clés :                           laïcité,                            entretien,                            égalité hommes femmes,                            ivg,                            droit des femmes,                            manif pour tous,                            annie ernaux,                            droit à l’avortement,

 

 

Annie Ernaux revient sur l’avortement clandestin qu’elle avait subi en 1964 , et raconté dans son livre l’Événement. L’écrivaine alerte sur ce que veut dire absence de loi et ce que signifie être totalement dans l’illégalité. 

Vous avez subi, en janvier 1964, un avortement clandestin. Quel écho éveille en vous 
la remise en cause de l’IVG 
en Espagne et, d’une façon pernicieuse, en France ?

annie-ernaux Annie Ernaux. C’est un écho 
moins d’ordre sensible que 
d’ordre intellectuel. Est-ce si impensable d’imaginer le retour vers l’avortement clandestin ? 
J’ai toujours été persuadée 
que rien n’était jamais gagné 
pour les femmes.

Vous êtes découragée 
par cette ritournelle ?

Annie Ernaux. Non. J’ai envie d’entrer de nouveau dans 
ce combat. Il reste que je suis effarée que l’Espagne en arrive à cette régression. Le choix d’avorter ou non se heurte 
à des choses plus profondes, 
qui ne sont pas seulement liées à la liberté des femmes. La nouvelle contestation prend une nouvelle allure qui rejoint la question du respect de la vie, qui se propage d’une façon extrême. D’autant que beaucoup de femmes ne savent plus ce qu’est une absence de contraception, d’avortement libre. On ne sait plus ce que subir un avortement clandestin veut dire. C’est cela qui me perturbe, me fait peur.

Pourquoi avoir attendu 
trente-cinq ans avant de faire 
le récit de votre avortement clandestin, dans votre livre l’Événement, publié en 2000 ?

Annie Ernaux. En réalité, je n’ai pas attendu trente-cinq ans. J’ai écrit les Armoires vides en 1974, alors que nous étions en pleine lutte pour obtenir la libéralisation de l’avortement. Mon roman, qui avait pour cadre l’avortement, était une façon pour moi de prendre part au militantisme. J’étais au Mlac, le Mouvement de libération pour l’avortement et la contraception. Auparavant, au groupe Choisir de Gisèle Halimi.

Vous n’êtes pas allée jusqu’à signer le Manifeste des 343 salopes ?

Annie Ernaux. En 1971, il était hors de question pour moi de le faire. C’était impensable. Je n’étais rien. De plus, j’étais mariée à un cadre, et déclarer publiquement avoir avorté aurait eu l’effet d’une bombe.

Comment a été reçu votre livre l’Événement, publié en 2000 ?

Annie Ernaux. Il n’a eu aucun retentissement. L’accueil média a été épouvantable. Une sorte de loi du silence l’a accompagné. Alors que Bernard Pivot avait l’habitude de m’inviter, là il s’est abstenu. Un journaliste n’a pas voulu en parler car, m’avait-il dit : « La lecture du livre m’a donné la nausée. » Pour beaucoup de médias ce combat était dépassé. Arte a estimé qu’il n’y avait aucun intérêt à revenir sur ce sujet. Il y a eu un consensus pour ne pas en parler.

Était-il nécessaire pour vous de ne pas laisser votre expérience enfouie ?

Annie Ernaux. Je voulais témoigner. Cette expérience a changé ma vie d’une façon extrême : il y a un avant et un après. D’où le titre : l’Événement. J’ai été confrontée à l’inimaginable, à l’inouï. On sait que l’on peut en mourir, mais on affronte quand même la mort. On a du mal à comprendre ce qu’est l’absence de loi, ce que signifie être totalement dans l’illégalité, dans la quête d’une personne pour vous donner l’adresse d’une avorteuse, ou pour vous prêter de l’argent. Une femme dans mon quartier, à Yvetot, a été trouvée morte sur la table. Elle avait deux enfants.

Vous avez éprouvé de la honte 
et subi la réprobation ?

Annie Ernaux. Je n’ai jamais 
eu honte. J’ai évidemment 
subi la réprobation. Mais j’ai davantage souffert du silence autour de mon avortement. 
À l’époque, donc en 1964, 
je ne pouvais en parler à personne. Pas même à ma meilleure amie. Mon mari 
le savait mais on n’en parlait 
pas. Après la sortie de mon 
livre, en 2000, les femmes qui avaient subi une IVG 
ne voulaient pas témoigner, elles souhaitaient tirer un trait. L’amnésie. Or il est impossible d’oublier. La nuit du 20 au 21 janvier 1964 est devenue une date anniversaire pour moi. Une immense solitude enveloppe les femmes qui avortent.

1erfevrierivg

Dans votre agenda, en sortant de chez le gynéco, vous aviez écrit : «Je suis enceinte. C’est l’horreur.» Cette phrase exprimait-elle la peur de ce qui vous attendait ?

Annie Ernaux. C’est l’horreur, car cela vous tombe sur la tête. C’est l’horreur et qu’allais-je faire ? Le garder à vingt-trois ans voulait dire que mon avenir était foutu. C’est l’époque où toutes les femmes avaient peur de se retrouver enceintes, il n’existait pas de contraception. Le manque d’imagination ou l’amnésie sur cette période permet qu’on laisse faire ce qui ne devrait jamais se reproduire.

Vous racontez dans le détail 
la sonde dans l’utérus par la faiseuse d’anges et l’hémorragie. Vous avez frôlé la mort ?

Annie Ernaux. Oui. J’ai appelé le médecin pour ne pas mourir, alors qu’il y a des filles qui ne le faisaient pas, elles avaient honte. Je me suis fait traiter comme une moins que rien. Le médecin, appelé par le concierge de la cité universitaire, m’avait pris le menton et, en me tutoyant, me demandait de lui jurer de ne pas recommencer. Des médecins acceptaient d’enfreindre la loi si l’on était de milieu aisé. J’ai appris par la garde de nuit que le chirurgien qui avait fait le curetage ne savait pas que j’étais étudiante. Il avait honte de m’avoir traitée comme une ouvrière, m’a-t-elle raconté. Certaines femmes aisées allaient en Suisse. Pour moi, c’était horriblement cher. J’ai payé 400 francs la faiseuse d’anges. C’est cela qui risque d’arriver en Espagne : trouver l’argent et l’adresse des avorteurs.

Quel message avez-vous envie d’adresser aux jeunes ?

Annie Ernaux. Il faut absolument qu’elles se mobilisent. Sinon, 
c’est le retour à la faiseuse d’anges, aux médecins « marron », si l’on en trouve. Il me semble qu’elles ne sont pas suffisamment mobilisées. 
Il y a des militantes, mais le 
gros des filles ne luttent pas 
au niveau qu’il faut. Même 
le film de Claire Simon, les Bureaux de Dieu, en 2008, 
n’a pas eu l’écho qu’il fallait. Il n’y a que l’érotisme qui peut concerner les hommes. Le reste, c’est une histoire de «bonnes femmes». Les femmes souffrent du manque de centres d’IVG. L’ex-candidat François Hollande avait promis leur ouverture. 
Est-ce juste une promesse 
de campagne ?

(1) L’Événement, d’Annie Ernaux, 
éditions Gallimard, 2000.

Lire aussi :

Entretien réalisé par Mina Kaci

Argumentaire en 6 fiches sur la loi dite de « sécurisation de l’emploi » et ses alternatives

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 17 h 58 min

 

Argumentaire en 6 fiches sur la loi dite de « sécurisation de l’emploi » et ses alternatives

 

Le Projet de loi gouvernemental sur « la sécurisation de l’emploi » : rejet et propositions pour une loi alternative L’ANI du 11 janvier 2013 a été rejeté par les syndicats majoritaires. Sa transcription intégrale dans la loi n’est donc pas acceptable. Construisons une alternative, appuyée par les luttes sociales, de réponse aux besoins d’une véritable sécurisation de l’emploi.

Des principes nouveaux doivent être opposés au projet de loi. Contre un prétendu « dialogue » visant une intégration des salariés et de nouvelles contraintes sur les salariés, alors que le patronat les soumettrait à ses exigences de flexibilité et de profit privé égoïste, imposer des contraintes et obligations des employeurs, un véritable rôle accru des salariés et de leurs droits, promouvoir le rôle de la loi au-dessus des accords . Instituer un droit de veto suspensif des salariés des décisions des employeurs et en cas de refus des propositions alternatives des représentants des salariés, le droit de porter le différend devant une juridiction sociale qualifiée. Construire un autre modèle économique et social de promotion et de sécurisation véritable de l’emploi et de la formation. Pour des alternatives contre le projet de loi : 6 ensembles fondamentaux.

Fiche 1 – Pouvoirs nouveaux des salariés et de leurs représentants

Fiche 2 – Droit de formation

Fiche 3 – Précarité des salariés

Fiche 4 – Contre toutes les suppressions d’emploi et les licenciements

Fiche 5 -Anticipations des mutations économiques

Fiche 6 -Pour un service public de sécurisation de l’emploi et de la formation

Fiche 1

Pouvoirs nouveaux des salariés et de leurs représentants

Ce qu’ils disent

Ils affirment donner de nouveaux droits aux salariés pour mieux anticiper et partager l’information au sein des entreprises et renforcer la capacité de leurs représentants à intervenir sur la stratégie et les emplois.

Ce qu’ils font

En réalité, le projet de loi reprend les ambitions patronales de réduction de la représentation, du rôle et des pouvoirs des institutions représentatives du personnel (IRP).

Il remet en cause l’information des CE et des DP (délégués du personnel). Un accord collectif, et non la loi, pourra fixer les délais et les contenus précis de l’information obligatoire des IRP. Cette information (base de données unique) remplacera de fait les rapports et communications au CE prévus aujourd’hui par la loi. Les représentants des salariés seront tenus d’une obligation de discrétion à l’égard de ces informations, qui les empêchera de les utiliser pour les luttes.

S’il ouvre une obligation annuelle de consultation avec avis des CE sur les orientations stratégiques de l’entreprise, les organes d’administration et de surveillance de l’entreprise ne seront pas tenus d’en tenir compte pour leurs décisions. Et il cadenasse les conditions (modalité et temps) du recours aux experts comptables ou techniques pour les aider.

Il affaiblira les pouvoirs des CHSCT d’entreprise. Dans les groupes, l’employeur principal sera autorisé à créer une instance ad hoc de coordination des CHSCT d’établissement se substituant à eux. Sa composition sera contrôlée en pratique par l’employeur.

Quant à la représentation des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises, le texte reprend en fait une mesure qui existe déjà et restreint son champ d’application. Elle ne concernera que 200 entreprises environ, le nombre de représentants sera réduit et aucun pouvoir réel ne leur sera donné. Ils resteront des potiches muselées par un droit abusif de la confidentialité, sans pouvoirs sur les choix stratégiques de l’entreprise.

Au total, l’arbitraire patronal sur la gestion, son irresponsabilité sociale et ses objectifs de rentabilité financière sont renforcés.

Ce qu’il faut faire

Il faut donner de nouveaux pouvoirs sur les choix et critères de gestion des entreprises aux représentants des salariés

CE et DP doivent disposer:

de pouvoirs d’intervention à chaud, en cas de crise, sur les décisions de restructuration des employeurs. Sur la base de leur propre évaluation des raisons invoquées par les employeurs pour modifier volume et structure des effectifs, durée du travail, salaires, conditions d’emploi, de travail et de formation, ils doivent pouvoir faire suspendre les décisions et les projets patronaux (droit de veto suspensif) et formuler des propositions alternatives, visant notamment les coûts du capital.

de pouvoirs d’intervention à froid sur les décisions de gestion des entreprises, avec les citoyens des bassins d’emploi et les élus locaux, afin d’anticiper et d’en modifier les contenus pour des objectifs chiffrés d’emplois et de formations. Ils devraient avoir accès aux informations sur la gestion avec des experts afin notamment de pouvoir s’opposer aux suppressions d’emplois licenciements négociés dans le cadre «d’adaptations aux changements techniques»…

Pour leur financement, les IRP pourraient saisir un Fonds régional de sécurisation de l’emploi et de la formation, ainsi qu’un Pôle financier public, ce qui impliquerait aussi d’autres relations aux banques.

Ces propositions alternatives devraient être obligatoirement examinées par les employeurs. En cas de conflit entre options patronales et salariales, un arbitrage devrait pouvoir être rendu par une instance judiciaire «ad hoc», telle que le Tribunal de grande instance et instance spéciale des conseils de prud’hommes.

Les représentants des salariés dans les conseils d’administration doivent pouvoir saisir les CE et les DP pour des demandes de suspension, de propositions alternatives et d’arbitrage judiciaire.

Les discussions sur les propositions alternatives doivent être articulées aux objectifs chiffrés d’emplois et de formations décidés par les Conférences régionales pour l’emploi et la formation associant élus régionaux, représentants des salariés, des employeurs, des banques et État.

Fiche 2.

Droit de formation

Ce qu’ils disent

L’article 2 prévoit la création d’un compte personnel de formation et d’un conseil en évolution professionnelle.

L’article 9 porte sur la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences). Il prétend améliorer avec la négociation sur la mobilité interne, la politique de formation professionnelle au sein de l’entreprise et le plan de formation dans le cadre des orientations négociées.

Ce qu’ils font

– Toujours seulement 20h par an pendant 6 ans et un plafond de 120h.

– Toujours utilisation du compte personnel de formation soumis à l’accord de l’employeur ou de Pôle emploi.

– Changement cosmétique, non réponse aux besoins effectifs.

Ce qu’il faut faire

1. Accroître la durée totale de la formation: 10% du temps de travail total sur toute la vie, au lieu de 20h par an sur 6 ans soit 120h en tout.

2. Droit de demander un congé de formation élargi, y compris hors du plan de formation, et droit de recours judiciaire contre un refus de l’employeur.

3. Accroissement de la durée des stages, formation longue, qualifiante et diplômante. Chaque stage pourrait atteindre un minimum de formation de 240h par an.

4. Conservation et continuité effective des droits de formation dans la carrière professionnelle.

5. Droit de formation et promotion contre formation d’adaptation à poste de déqualification, avec recours judiciaire.

6. Maintien de la rémunération pendant la durée de la formation.

7. Développement du secteur public de formation, du contrôle et du soutien des associations et entreprises de formation avec la participation des élus régionaux, des syndicats de salariés, des représentants du patronat.

Fiche 3.

Précarité des salariés

Ce qu’ils disent

La précarité des salariés est présentée comme le cœur du projet de loi, qui prétend « faire de la lutte contre la précarité de l’emploi et dans l’emploi un objectif prioritaire ». Plusieurs articles lui sont consacrés, dont certains ont conditionné la signature d’organisations syndicales lors des négociations de l’ANI.

Ce qu’ils font

Loin d’assurer une réelle sécurisation dans l’emploi et dans l’accès à l’emploi, les mesures avancées alimentent la précarité des salariés.

La mesure de sur-cotisation à l’assurance chômage pour les CDD ne concerne que 30 % des CDD (moins de 3 mois). Elle est temporaire (3 mois) et ne touche ni l’intérim ni les saisonniers. Combinée avec une mesure d’exonération temporaire (4 mois) des cotisations à l’assurance chômage pour les CDI des jeunes de moins de 26 ans, son surcoût sera largement compensé pour les entreprises : 110 millions d’euros pour la sur-cotisation CDD mais 155 millions d’euros récupérés pour les exonérations CDI, soit un gain net de 45 millions ! Rien qui empêche d’abuser des CDD !

La réforme du temps partiel fixe à 24h hebdomadaires le temps partiel minimum. Mais elle laisse aux accords de branche la possibilité de déroger à ce plancher. Les patrons pourront imposer 8 avenants au contrat de travail par an et par salarié pour faire varier ce temps de travail en fonction de leurs besoins ou de la conjoncture, au-delà ou en deçà de ces 24h. Foncièrement ces dispositions renforcent l’hyper-flexibilité des salariés à temps partiel mais sécurisent leurs employeurs.

La création de l’activité partielle en remplacement du chômage partiel et l’expérimentation du CDI intermittent (CDII) vont renforcer cette précarisation des emplois.

Le CDII est une sorte de temps partiel modulé sur l’année. Il implique une « flexi-précarité » des salariés encore plus grande que les CDD. Expérimental dans un premier temps, c’est une brèche grave dans la norme CDI du Code du travail.

Ce qu’il faut faire

1. Le CDI doit redevenir la norme obligatoire et être sécurisé.

2. Tous les contrats de travail doivent être graduellement transformés en CDI. Un plan pluriannuel de résorption de tous les emplois précaires à l’exécution contrôlable par les représentants des salariés (CE et DP), qui disposeront d’un droit de recours devant les tribunaux pour sanctionner les entorses de l’employeur au plan.

3. Faire la chasse aux abus du recours à l’intérim ou aux CDD sous motif de surcroît d’activité, par une pénalisation effective de tous les contrats précaires (temps partiels imposés inclus). Dans l’immédiat, en imposant une sur-cotisation forte sur tous les contrats précaires. Puis en imposant un plafond maximum par entreprise de recours à l’emploi précaire qui ne dépasse pas 3 à 5% de l’effectif total de l’entreprise.

4. Pour faciliter la sortie de la précarité, doit être créé dans le même temps un statut de transition des salariés précaires qui garantisse avec l’appui du service public de l’emploi l’accès à un emploi stable avec l’assurance d’un revenu décent.

Fiche 4.

Contre toutes les suppressions d’emploi et les licenciements

 

Ce qu’ils disent

Le projet prétend « maintenir l’emploi et encadrer les licenciements économiques ».

Ce qu’ils font

En réalité, le projet de loi reprend les revendications du Medef en matière de licenciement et de restriction des pouvoirs des représentants des salariés. Il opère des ruptures majeures avec les principes du droit social. Il cherche à faciliter les licenciements au moindre coût pour l’employeur.

Primauté des accords collectifs de branche ou d’entreprise. Le projet de loi renverse la hiérarchie des normes en matière de licenciement. Les procédures encadrant les licenciements pourront être fixées par un accord collectif de branche ou d’entreprise, et non plus seulement par la loi. Plus grave, l’employeur pourra élaborer unilatéralement un plan de licenciement économique collectif (PSE) et le faire valider par simple homologation administrative (respect des procédures et non du contenu ni de la réalité des motifs de la décision). Et cela dans des délais qui empêcheront toute opposition éventuelle de l’administration. Les dispositions d’ordre public de la loi seront donc remplacées par des règles négociées à l’initiative de l’employeur et selon ses besoins.

Accords de maintien dans l’emploi : chantage et montée des licenciements pour motif dit personnel ! Les accords de compétitivité-emploi de Sarkozy sont mis en œuvre. Ainsi, des accords collectifs d’entreprise (accords de maintien dans l’emploi) pourront réduire le temps de travail et les salaires (jusqu’à 1,2 SMIC) dans l’entreprise en prétendant répondre aux aléas de la conjoncture économique. Le maintien des emplois est garanti sur la période d’exécution des accords, sur 2 ans maximum, mais pas au-delà (cf. Continental). Et si le salarié refuse, son licenciement est prononcé pour motif économique individuel, à savoir sans les garanties légales associées au licenciement économique collectif et sans contestations possibles.

Cette flexibilité des salariés est amplifiée par lintroduction d’une mobilité forcée. Dans le cadre de la négociation triennale sur la GPEC, Un accord collectif (dans le cadre de la négociation triennale sur la GPEC), pourra imposer aux salariés de l’entreprise, individuellement ou collectivement, une mobilité forcée géographique ou fonctionnelle. En cas de refus, chaque salarié sera licencié pour motif personnel, là aussi sans les garanties légales associées au licenciement économique collectif et sans contestations possibles.

Déjudiciarisation des conflits sociaux. C’était un vieux rêve du Medef, le projet de loi dé-judiciarise les conflits sociaux du licenciement. Le rôle du juge se réduira à valider la conformité de la rupture avec les motifs de l’accord collectif. On établira une échelle « forfaitaire » des réparations du préjudice contre le principe d’indemnisation intégrale et contre le pouvoir d’appréciation du juge.

 

Ce qu’il faut faire

à ce texte dangereux doit être opposée une alternative radicale. Contre les licenciements et aussi toutes les suppressions d’emplois, nous proposons :

1. Développer la notion de licenciements collectifs contre la montée de licenciement pour motif personnel. Développer leurs garanties pour les salariés et leurs recours pour les plans dits de sauvegarde de l’emploi.

2. Une définition restrictive des motifs de licenciement économique. Notamment faire la preuve que la réduction des coûts ne peut pas être obtenue par des modifications de coûts autres que salariaux.

3. Droit de veto suspensif avec contre-expertise et propositions alternatives des représentants des salariés. En cas de refus des employeurs, droit de porter les différends devant le Tribunal de grande instance ou une section spéciale du conseil de prud’hommes.

4. Pour toutes les suppressions d’emplois, conditions restrictives et garanties analogues à celles des licenciements, recours judiciaire des salariés y compris contre la mise en activité partielle, obligations de reclassement.

5. Refuser les accords dits de maintien de l’emploi, chantage contre les salaires, pour des temps partiels, etc.

6. Pas de mobilité forcée, mais sécurisation dans une mobilité choisie.

7. Reprise de site et revitalisation des bassins d’emplois. Responsabiliser les entreprises avec concertation entre elles et avec les services publics. Promotion des coopératives et appropriations publiques.

Fiche 5.

Anticipations des mutations économiques

 

Ce qu’ils disent

Ils prétendent mieux anticiper l’évolution nécessaire des métiers, des emplois, des compétences pour adapter de façon efficace les entreprises et leurs travailleurs. Ils déclarent mieux informer, consulter, négocier avec les représentants des travailleurs sur la stratégie de l’entreprise.

Ils annoncent empêcher toute fermeture unilatérale d’entreprise viable par son propriétaire, notamment par l´information efficace des CE, pour qu’ils émettent leur avis.

Ce qu’ils font

En réalité, cette prétendue « volonté d’information des IRP » s’accompagne d’un affaiblissement des modalités de consultations actuelles des CE, en même temps qu’elle contribue à leur intégration dans les logiques de gestion des employeurs et légitime leur décision de licenciement ou de flexibilisation de l’entreprise.

Tous les 3 ans, l’employeur devra engager une négociation :

– sur les modalités d’information et de consultation du CE sur la stratégie de l’entreprise ;

– sur la mise en place d’un dispositif de GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) et ses mesures d’accompagnement, notamment dans le plan de formation, mais aussi avec l’utilisation des contrats précaires, la mobilité interne forcée, le recours à la sous-traitance.

Ainsi, la négociation GPEC voit son champ élargi au détriment de celui des droits d’information et d’intervention annuels des CE. Au service de la rentabilité financière, elle sert à organiser de façon moins dramatisée et prétendue « négociée » les départs des salariés ou leur mobilité forcée, au nom de l’adaptation aux changements. Elle permet aux employeurs d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi et sa contestation possible par des suppressions « acceptées » d’emploi.

En matière de reprise d’entreprise, la société qui veut fermer un établissement devra rechercher un repreneur. Mais si le CE est informé de cette recherche et des offres éventuelles de reprise, il ne pourra qu’émettre un avis. Cela ne garantira pas un bon repreneur, ni le maintien de l’emploi et l’essor des qualifications en cas de reprise. Tandis que s’il n’y a pas de repreneur, démonstration sera faite que l’entreprise doit disparaître (cf. la fermeture d’ArcélorMittal Florange).

Ce qu’il faut faire

La GPEC, radicalement transformée, devrait viser l’efficacité sociale pour l’emploi et les qualifications, avec un pouvoir d’intervention et de proposition alternative des CE et délégués du personnel. Ainsi que des recours judiciaires en cas de refus des employeurs. Tous les ans et à horizon de 6 ans, et non seulement de 3 ans, toute entreprise devrait engager une négociation pour définir sa stratégie avec un dispositif de GPEC, dès le niveau de chaque établissement. Celui-ci devrait s’articuler aux besoins d’emploi et de formation sur tous les territoires. Cela impliquerait la création et la tenue annuelles de conférences régionales. Chaque entreprise serait tenue de contribuer à la réalisation d’engagements chiffrés annuels de conversion et de création d’emplois avec les formations nécessaires, pour moderniser tout en faisant reculer le chômage et la précarité, avec de nouvelles conditions de financement.

La réponse aux difficultés anticipées doit se faire non par la pression sur les emplois et les salaires mais par le développement de la formation, la promotion des qualifications, en liaison avec la progression des recherche-développement, en coopération avec les services publics.

Et pour réellement empêcher toute fermeture unilatérale d’entreprise viable par son propriétaire, il faut:

– Affirmer les pouvoirs de recherche des repreneurs par les CE et créer un droit expertise contradictoire en matière de reprise de site financée à 80% par l’entreprise;

–  Accroître les obligations de re-développement imposées aux entreprises qui veulent fermer un établissement, notamment pour les sociétés de plus de 1000 (contribution minimum de 8 fois la valeur mensuelle du SMIC brut par emploi supprimé);

– Faciliter la reprise d’entreprise sous forme de coopérative par les salariés avec le soutien financier de la BPI et d’un pôle public financier.

Et dans le cas où l’entreprise menacée de fermeture est essentielle pour le redressement productif, engager son appropriation sociale et publique (nationalisation, société mixte…).

Fiche 6.

Pour un service public de sécurisation de l’emploi et de la formation

Ce qu’ils disent

Le projet de loi de sécurisation de l’emploi du gouvernement prétend un « gagnant-gagnant » entre salariés et employeurs.

Pour les chômeurs, il déclare créer des « droits rechargeables à l’indemnisation ». Cela est présenté comme contribuant aux « contre-parties » octroyées aux salariés. En cas de reprise d’emploi après une période de chômage, les salariés préserveraient le reliquat de leurs droits aux allocations chômage non utilisés. Ce reliquat s’ajouterait aux nouveaux droits acquis durant la reprise de l’emploi et pourrait être utilisé en cas de retour à la case chômage.

Ce qu’ils font

En réalité, le projet de loi organise un recul très grave du droit social et des services publics de l’emploi et de la formation, qui s’appuie aussi sur les prétendues « contre-parties pour les salariés » qu’il contient (droits rechargeables, complémentaire santé…).

Conçus tels que dans le texte, ces « droits rechargeables » vont faciliter le développement du chômage, total et partiel, des emplois précaires et des petits boulots.

De plus, le texte renvoie leur mise en œuvre à la négociation à venir sur le financement de l’UNEDIC, l’organisme qui les financera. Or, le gouvernement et le Medef ont déjà fait savoir qu’ils refusaient de financer la mesure, en la conditionnant à la « non aggravation du déséquilibre financier du régime d’assurance chômage ». Ainsi, non seulement la proposition ne pourra pas améliorer la situation mais, comble du cynisme, elle se retournera contre les chômeurs, puisque pour la financer il faudrait réduire le niveau des allocations chômage actuelles !

 

Ce qu’il faut faire

Une véritable sécurisation de l’emploi nécessiterait de réformer le service public de l’emploi afin de le renforcer considérablement et de le démocratiser.

Nous proposons un véritable processus de sécurisation des trajectoires professionnelles avec l’affiliation automatique de chaque résident, dès la fin de la scolarité obligatoire, à un service public et social de sécurisation de l’emploi et de la formation démocratisé, avec un nouveau statut de sécurisation et de promotion des salariés.

Ce nouveau service public viserait notamment une réforme de progrès de Pôle emploi et de l’AFPA, avec une coopération nouvelle, pour:

1. une amélioration significative de l’indemnisation du chômage et des minima sociaux (taux d’indemnisation à hauteur du SMIC sans dégressivité et absorption des allocataires sociaux dans le champ de l’assurance chômage);

2. la lutte contre la précarité (modulation des taux de cotisations patronales pour pénaliser tous les emplois précaires de l’entreprise; plan de résorption de la précarité; allongement de la période de référence donnant droit aux indemnisations chômage);

3. l’insertion des jeunes dans l’activité professionnelle et l’emploi (allocation autonomie pour les jeunes, statut du stagiaire (rémunération obligatoire adaptée au poste occupé, contrat pédagogique avec l’employeur), contrats de sécurisation de l’entrée dans l’emploi à temps plein des jeunes);

4. un véritable retour à l’emploi de qualité pour les précaires et les chômeurs, notamment par la formation continue choisie pour permettre une mobilité de progrès.

Ce nouveau service public et social devrait construire un système unifié d’indemnisation du chômage en sortant de la coupure assistance/assurance.

Ni étatique, malgré la présence des pouvoirs publics dans sa gouvernance. Ni étroitement paritaire, bien qu’associant le patronat dans sa gouvernance mais de façon non dominante avec les organisations syndicales et les associations de chômeurs. Il viserait une nouvelle démocratie sociale avec l’élection des représentants des salariés et des chômeurs aux organismes de gestion des fonds sociaux d’indemnisation du chômage, au suffrage universel sur listes syndicales, pour des propositions alternatives sur les reprises d’emplois, les formations et les salaires.

Il s’appuierait sur les conférences régionales de sécurisation et de créations d’emplois et de formation, avec des élus régionaux, des représentants des syndicats de salariés, du patronat, des banques, des Fonds régionaux pour l’emploi et la formation, pour des bilans et des objectifs chiffrés de transformations en emplois stables, de création de bons emplois et formations.

En direct dès 19h30: rencontre publique avec Alexis Tsipras .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 17 h 19 min

En direct dès 19h30: rencontre publique avec Alexis Tsipras . 2014-02-03tsipras

 

Politique -            humanitefr            le 3 Février 2014

 

En direct dès 19h30: rencontre publique avec Alexis Tsipras

Mots clés :                           front de gauche,                            pge,                            alexis tsipras,

 

 

Dès 19 heures 30, suivez la rencontre publique avec le candidat du Parti de la gauche européenne à la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras, et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Le président de Syriza est arrivé ce lundi matin à Paris pour une visite de deux jours dans le cadre de sa candidature à la présidence de la Commission européenne au nom du Parti de la gauche européenne (PGE). Temps fort de sa venue en France, Alexis Tsipras tient une rencontre publique à l’invitation de Pierre Laurent, Président du PGE, ce lundi soir au siège du Parti communiste français.

 

Retransmission à suivre dès 19h30

Auparavant, lors d’une visite au siège du Parti de gauche, le leader de Syriza a affirmé que « la vraie gauche », est en mesure d’emporter les scrutins aussi bien européens que locaux en Grèce. « Les Européennes sont importantes pour rompre avec l’austérité et  ses destructions sociales. La seule alternative est à gauche, la vraie gauche. Elle ne se trouve pas auprès d’une droite extrême populiste, non plus chez les  socialistes qui sont en train de se transformer en conservateurs  néolibéraux, non plus à droite qui nous a menés dans la crise actuelle. La seule manière pour sortir de cette crise,  c’est la lutte unie avec toutes les valeurs de la gauche ».

Quant aux municipales et régionales grecques du mois de mai, « la perspective de l’arrivée au pouvoir de Syriza fait peur à l’establishment grec et européen », explique Alexis Tsipras ce lundi. La semaine dernière, il explicitait lors d’un discours devant le comité central de son parti: « Le retournement dont nous rêvions, pour lequel nous nous sommes battus  afin de délier le pays du mémorandum (d’austérité) est à notre portée. L’heure des comptes (est arrivé pour) un système  politique usé, une élite économique corrompue qui a mené la Grèce et son  peuple à la tragédie d’aujourd’hui. L’heure du peuple et du Syriza  est arrivée », a-t-il ajouté.

  • Rendez-vous:

Rencontre publique avec Alexis Tsipras, lundi 3 février à 19h30 à l’Espace Niemeyer (siège du PCF), 2, place du Colonel Fabien – Paris

  • A lire aussi:

Le PGE fait front commun pour refonder l’Europe

Alexis Tsipras candidat à la présidence de la Commission européenne

S.G.

Vers un 9ème dimanche de grève pour les conducteurs de trains du littoral ? (CGT, SUD Rail et FGAAC/CFDT)

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 17 h 07 min

-            Vers un 9ème dimanche de grève pour les conducteurs de trains du littoral ? (CGT, SUD Rail et FGAAC/CFDT) humanitefr            le 3 Février 2014

 

Vers un 9ème dimanche de grève pour les conducteurs de trains du littoral ? (CGT, SUD Rail et FGAAC/CFDT)

application-pdf

Documents à télécharger : Le communiqué de la CGT, SUD Rail et FGAAC/CFDT -

 

 

Cela fait donc 8 dimanches que le conflit dure pour les Agents De Conduite (ADC) du Littoral. La mobilisation ne faiblit pas bien au contraire. Les ADC semblent de plus en plus déterminés à continuer la lutte qu’ils mènent contre une direction qui donne l’impression de les écouter, mais pas forcément de les entendre. Et c’est bien là le problème !

Il faut bien savoir que si ce conflit continu, c’est bien de la faute de la direction. Elle semble avoir misé sur un pourrissement du mouvement. Le taux de 90% de grévistes démontre qu’elle s’est trompée. C’est donc cette direction qui doit assumer pleinement sa responsabilité dans ce conflit et immédiatement changer d’attitude.

La suite du communiqué ci-dessous.

 

Documents à télécharger:
Le communiqué de la CGT, SUD Rail et FGAAC/CFDT
Le communiqué de la CGT, SUD Rail et FGAAC/CFDT

« ¡Basta ya ! » par Jean Ortiz .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 56 min

 

Société -            humanitefr            le 3 Février 2014

 

« ¡Basta ya ! » par Jean Ortiz

Mots clés :                           jean ortiz,                            abbé pierre,

 

 

Les chroniques de Jean Ortiz. Au côté de représentant des Zebda, Ogres de Barback, Massilia Sound system et du maire de la commune andalouse de Marinaleda, notre chroniqueur engagé est intervenu lors de la commémoration du 60ème anniversaire de « l’appel de l’abbé Pierre-hiver 1954″, au village Emmaüs Lescar-Pau.

Oui « Y’en a marre » ! Oui, « y’en a marre » aussi d’entendre ressasser que : « il n’a pas d’alternative » (au système prédateur qui nous opprime). Oui il y a des alternatives, oui, à condition d’attaquer le mal à la racine, d’enfoncer le « mur de l’argent », de partager équitablement le gâteau.

Oui, oui, oui.

Je veux un monde sans abbés Pierre, sans Emmaüs, sans « Restaus du cœur », sans charité, sans Hiver 2015.

Un monde désirable, comme une mer étale, sans bouées caritatives, sans « paix sociale », sans « partenaires sociaux », sans compétition, sans concurrence, sans hiérarchie, où chacun ne restera pas à sa place, où la place de chacun sera celle de tous.

un monde où le pouvoir de tous, l’assemblée de tous, le référendum révocatoire, la communauté des décisions et des biens, la gestion et le contrôle collectifs, le partage et l’égalité des droits et des chances, se substitueront à la ploutocratie, l’exploitation du plus grand nombre, l’aliénation sociale, la discrimination de la femme, du migrant, l’adoration du veau d’or, le festin d’une caste de vampires assoiffés de profits, qui saignent l’homme et la Pachamama, la Terre mère,

et qui tiennent le peuple à l’écart, dans une démocratie prostituée en-dictature des marchés.

Un monde où l’on chassera tous ceux qui font du commerce avec tout et partout.

Je veux un monde où l’humanité ne marchera plus à reculons vers la déshumanisation, l’abîme et le malheur des temps,

où l’on ne nous volera plus la vie. Y’en a Marre Teaser par EmmausLescarPau

Je veux un monde où l’homme ne sera pas une « ressource humaine » mais mon frère, libre de ses choix, acteur de sa vie,

où le travail ne sera plus une « variable d’ajustement » mais un bonheur partagé, où chacun donnera à l’autre, au bien commun, le meilleur de lui-même.

Je veux un monde de tout le monde, de tous les mondes, où chacun fera signifier sa vie, sa dignité, vivra l’altérité, s’enivrera de l’autre,

où chacun naîtra « inclus », intégré, et non « fils de »,

où être ne suffira pas ; où il faudra être autre et être ensemble,

où l’on bannira l’avoir pour instaurer le « sans prix »,

wagon-

où la courbe du chômage disparaîtra,

où l’on pourra crier : « au bonheur ! »

jeter des pavés dans les mares sans faire de vagues,

ou le cri sera essentiel, où nous serons pierres solidaires du chemin,

où l’on ne dira plus : « c’est comme cela »,

où l’on mènera la vie dure aux indifférents,

où l’on perdra la peur des puissants, parce qu’il n’y en aura plus.

Je veux un monde de lenteur, de sobriété, dépourvu de malheur à regarder sans rien faire,

un monde débordant d’alternatives sociétales humanistes, d’arcs-en-ciel possibles,

un monde sans « salariat », sans « capital », sans classes sociales, sans rentabilité en bourse,

sans « droit des affaires », sans politique du chiffre, sans police de la pensée, sans infos-propagande,

sans propriété privée des moyens de production,

où l’on produira juste ce qu’il faut, l’essentiel et non le superflu, pour les besoins des femmes et des hommes,

et pas pour engraisser des actionnaires et des grands patrons, prédateurs et parasites, insatiables.

Un monde qui tiendra compte de sa finitude,

où l’on plantera des arbres pour faire forêt,

où les supermarchés deviendront des coopératives ou des maisons de la culture, ou des hôpitaux gratuits,

et les prisons des écoles,

où l’école laïque, publique, gratuite, obligatoire, sera pour tous un espace de liberté,

suscitera une inextinguible soif d’apprendre, pour atteindre et partager le meilleur de soi.

Je veux un monde où l’on créera de l’emploi sans détruire la nature, en la préservant, sans épuiser la sève nourricière,

où le logement, l’alimentation, l’énergie, l’eau, les forêts, la terre, les ressources naturelles, ces biens communs, seront gérés en commun et relèveront du service public…seront interdits de spéculation.

Je veux monde où la bêtise sera éradiquée,

où la philosophie des Lumières retrouvera son éclat d’antan,

où l’université ne fabriquera plus des clones chair à patron, mais des citoyens à la culture universelle et à la pensée critique.

Je veux un monde multiculturel, débarrassé de tout ordre marchand, du profit et des profiteurs, de toute culture impérialiste,

de toute velléité hégémonique,

où les Palestiniens auront enfin un port d’attache,

et les « Sans-terre » de quoi semer et planter,

où Washington ne pèsera pas plus que La Paz, La Havane, Port au Prince, Luanda, Maputo, Hanoï.

Je veux ce monde et j’invite à le vouloir, à rendre l’utopie vivante, par la volonté de lutter, de recréer du lien, du sens, par le rêve multiplié, le refus de toute fatalité, par le « tous ensemble ».

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Non, nous ne sommes pas condamnés au malheur

Non, cette société pourrie n’est pas l’horizon indépassable de l’humanité.

Il y a des mots que j’aime et qui n’ont pas la mémoire courte ; des mots qui caressent des rêves possibles : solidarité, fraternité, bien commun, « buen vivir », partage, tendresse, amour, bonheur, sobriété, résistance, debout, accueil inconditionnel, pensée libre. Ils sont à portée de main, pour peu que nous le voulions tous.

N’attendons aucun « grand soir ». Soyons rebelles. Pour être pleinement soi-même, il faut se rebeller ensemble. Luttons, luttons ! Redonnons du sens, du lien. Le monde n’est pas donné une fois pour toutes.

Nous savons diagnostiquer les fléaux qui nous frappent. Mais nous avons du mal à fédérer nos luttes, à crédibiliser nos projets alternatifs, si humanistes.

Ne cédons pour autant jamais au découragement, croyons au soleil même lorsque de gros nuages noirs s’amoncellent et nous menacent, inventons des fronts de résistance jusqu’au bout, des Marinaleda, libérons des espaces et transformons-les en lieux d’émancipation. Le temps est venu d’inscrire nos pas dans ceux des résistants, d’hier et d’aujourd’hui, dans ceux de l’abbé Pierre au Vercors, dans ceux des « étrangers et nos frères pourtant » de « l’Affiche rouge », afin d’inventer le chemin entre mille orages. Ce monde nouveau vit et palpite en nous.

Accouchons-en ! Donnons-lui la lumière, par l’insurrection des consciences, et par l’insurrection citoyenne dans la rue. « A la calle que ya es hora (…)

¡Basta ya ! »

  • A consulter:

le site du village Emmaüs Lescar-Pau

  • A lire aussi:

Un été à Pau: Emmaüs Pau Lescar, un festival pas comme les autres

Toutes les chroniques de Jean Ortiz

Nos articles sur la commune résistante andalouse de Marinaleda

Jean Ortiz, universitaire, Pau

Médias Avec Jaurès, les Amis de l’Humanité imaginent leur nouvel horizon .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 46 min

Médias Avec Jaurès, les Amis de l’Humanité imaginent leur nouvel horizon

Avec Jaurès, les Amis de l'Humanité imaginent leur nouvel horizon

Grand succès de l’assemblée générale des Amis de l’Humanité, samedi à la Maison des métallos, à Paris, sous la présidence d’Ernest Pignon-Ernest. Plus 
de cent personnes 
le matin, près de trois cents l’après-midi. 
De vastes chantiers 
ont été lancés et des changements à la direction ont été décidés. Charles Silvestre devient 
vice-président. 
Jean-Emmanuel Ducoin le remplace au poste de secrétaire national. 

Pinar Selek, sociologue : torturée, exilée, et toujours pourchassée .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 42 min

Tribunes -            Pinar Selek, sociologue : torturée, exilée, et toujours pourchassée . humanite            le 27 Janvier 2014

En visite en Turquie, François Hollande interviendra-t-il auprès des autorités du pays ?

Pinar Selek, sociologue : torturée, exilée, et toujours pourchassée

Mots clés :                           turquie,                            François Hollande,                            répression,                            droits de l’homme,                            tayyip erdogan,                            pinar selek,                            recep tayyip erdogan,                            frédéric neyrat,

Par Frédéric Neyrat, sociologue, membre de Champ Libre aux Sciences Sociales.

 

François Hollande est en visite officielle en Turquie. L’honorerait d’obtenir que cesse l’acharnement dont Pinar Selek fait l’objet de la part de l’État turc. Revenons sur cette chronologie judiciaire proprement kafkaïenne.

C’est en juillet 1998, à la sortie d’un atelier artistique qu’elle anime pour les enfants des rues d’Istanbul, que Pinar Selek est arrêtée. Elle a vingt-sept ans, elle est sociologue, féministe, militante de toutes les minorités et contre toutes les exclusions. La police veut les noms des personnes qu’elle a interviewées dans le cadre d’une recherche qu’elle mène sur le mouvement kurde. Des noms, contre sa libération.

Pinar Selek refuse ce chantage, en militante, en sociologue. C’est alors l’enchaînement : torture, prison… et inculpation monstrueuse. Le 9 juillet 1998, une explosion avait fait sept morts au marché aux épices : elle est accusée d’y avoir placé une bombe sur la foi d’aveux, obtenus sous la torture, de son soi-disant complice. Il se rétractera un peu plus tard et les expertises montreront très vite que l’explosion est accidentelle (une bouteille de gaz) : elle restera pourtant en prison deux ans et demi avant d’être renvoyée devant le tribunal l’année suivante.

En 2006, c’est l’acquittement, au terme de huit années d’épreuves : torture, prison, accusation de crime et verdict… après cinq  ans de procès. Huit longues années d’épreuves dont nul ne peut sortir indemne. Le calvaire ne fait pourtant que commencer. Le procureur, au nom de l’État, fait appel de la décision d’acquittement. Nouveau procès d’assises en 2008 : nouvel acquittement, immédiatement remis en cause par la Cour de cassation.

Pinar Selek quitte alors la Turquie, répondant à l’invitation du Pen Club allemand. Le tribunal devant lequel l’affaire est renvoyée en 2011 l’acquitte à nouveau mais ce verdict d’acquittement est de nouveau cassé. Le quatrième procès, devant le même tribunal (dont la composition a été opportunément remaniée), sans autres éléments que les accusations infondées de crime terroriste, permettra à l’État turc d’obtenir enfin la condamnation de Pinar Selek. Une condamnation à perpétuité !

La France a accordé dans la foulée l’asile politique à Pinar Selek, qui y vit depuis 2011 et y termine sa thèse. Une protection juridique qui ne met pas fin à l’épreuve. Épreuve de l’innocence déniée. Épreuve de l’exil. Épreuve de l’impossibilité du retour en Turquie mais désormais aussi de l’impossibilité de sortie du territoire français.

Les autorités turques n’en ont pourtant pas fini avec Pinar Selek, elles qui ont engagé, fin décembre 2013, une procédure pour obtenir son extradition. Une procédure qui n’a, heureusement, pas de chance d’aboutir mais qui permet au chef de gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan, empêtré dans des affaires de corruption qui touchent ses ministres et ses proches, de détourner l’attention et de tenter de remobiliser l’opinion en dénonçant à la fois le complot extérieur et l’ennemi intérieur.

Pinar Selek est la figure honnie à la fois des ultranationalistes, présents dans l’appareil d’État, et des islamistes (que l’on ne peut plus qualifier de modérés) au pouvoir : c’est là l’explication de l’acharnement judiciaire et politique dont elle est victime depuis 1998.

Elle sera toujours pour eux coupable. Coupable d’être turque et de soutenir la revendication kurde. Coupable d’être une femme et une féministe. Coupable d’être hétérosexuelle et de se mobiliser pour la défense des droits des minorités sexuelles, gays, lesbiennes, travestis, transsexuels. Coupable d’être une sociologue, analyste des conservatismes de la société turque (son travail sur l’armée est remarquable), et une militante, engagée dans ces luttes sociales et environnementales qui se développent en Turquie, comme l’a montré la mobilisation, en juin dernier, de la place Taksim à Istanbul. Un mouvement large et pluriel, qui s’est étendu à toute la Turquie et a fait vaciller les forces conservatrices turques. Les autorités y ont répondu par la répression.

Cette répression-là et l’acharnement dont fait l’objet Pinar Selek sont bien intrinsèquement liés.

 

Frédéric Neyrat

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