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26 février 2014

Michel Fréchet « Seul un service public de l’eau pourra harmoniser les prix » .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 17 h 11 min

Société -            Michel Fréchet « Seul un service public de l’eau pourra harmoniser les prix » . humanite            le 10 Décembre 2013

Eau

Michel Fréchet « Seul un service public de l’eau pourra harmoniser les prix »

Mots clés :                           véolia,                            gestion de l’eau,                            eau,                            prix de l’eau,                            accès à l’eau,                            michel fréchet,                            eau potable,                            suez-lyonnaise des eaux,                            la saur,

 

Le président de la Confédération générale du logement, Michel Fréchet, fustige le manque de transparence sur ce dossier sensible.

Pourquoi votre association, qui défend les locataires, s’est-elle intéressée 
au prix de l’eau ?

Michel Fréchet. Nous sommes d’abord une association d’habitants, locataires ou propriétaires. Et, depuis quelques années, nous sommes de plus en plus interpellés par des citoyens qui souhaitent avoir des informations sur le prix de l’eau, qui est une dépense de consommation liée au logement. Même si l’eau n’est pas le poste le plus important des charges locatives ou des frais de copropriété, il s’agit d’un poste en augmentation.

Peut-on parler d’un manque de transparence sur le prix de l’eau ?

Michel Fréchet. Les textes de loi imposent une transparence. Sur le terrain, en revanche, tout change. C’est un parcours du combattant pour obtenir des informations sur les prix de l’eau. Lorsque nous avons réalisé notre enquête, nous avons dû relancer à plusieurs reprises l’une des six agences de l’eau, ces établissements publics nationaux en charge de la politique publique de l’eau dans le pays. L’une d’entre elles n’a même jamais répondu. En théorie, les maires doivent chaque année présenter en conseil municipal un rapport sur les prix de l’eau, rapport qui doit être communiqué aux usagers qui le demandent. Il serait intéressant de regarder combien de maires mettent à disposition ce document aux citoyens qui en font la demande. Aujourd’hui, j’en fais le pari, il n’y en aurait qu’une minorité.

Avez-vous été surpris par les résultats 
de cette enquête ?

Michel Fréchet. On savait qu’il y avait des différences de prix, mais on n’imaginait pas que les écarts pouvaient être si importants. Ils peuvent aller du simple au double entre les départements. Et les écarts peuvent aller de 1 à 7 au sein d’un même département. Les prix peuvent être très disparates, y compris dans des villes voisines, comme à Suresnes, Boulogne, Saint-Cloud et Paris.

Face à une telle jungle de prix, et à quelques mois des municipales, que proposez-vous ?

Michel Fréchet. Des départements très ruraux, comme la Lozère ou les Deux-Sèvres, ont des coûts d’entretien des canalisations plus élevés qu’un département comme les Hauts-de-Seine. En moyenne, il y a 60 centimes de différence entre les communes de 100 000 habitants et celles de moins de 10 000 habitants. Le seul moyen de rendre supportable la facture, c’est de mutualiser les coûts, comme on l’a fait à la Libération avec l’électricité ou le téléphone. Certaines collectivités locales l’ont fait. Nantes Métropole, par exemple, a décidé d’harmoniser ses prix de l’eau. Cela s’est traduit par une baisse des prix dans une majorité de communes de cette agglomération. Pourquoi ce qui est possible au niveau local ne serait pas possible au niveau national ? On peut y arriver, à condition d’avoir une volonté politique. Nos militants, sur le terrain, vont se saisir de cette étude pour interpeller directement les décideurs politiques en place, et ceux qui sont candidats à prendre leur place. Ils leur demanderont ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils comptent faire sur le prix de l’eau. Nous espérons voir les citoyens s’emparer de cette thématique. Depuis quelques années, des élus ont réussi à faire baisser le prix de l’eau. Mais seule la création d’un service public national permettra d’harmoniser les tarifs et de créer un prix unique sur l’ensemble du territoire. C’est d’autant plus nécessaire qu’il faudra de plus en plus faire attention à notre consommation dans les années à venir, pendant lesquelles l’eau va devenir de plus en plus rare. Cette régulation et les investissements nécessaires ne peuvent pas être laissés à des sociétés privées dont le seul objectif est de faire 
du business.

Entretien réalisé par P. Du.

La facturation de l’eau, jungle française .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 17 h 09 min

Société -            La facturation de l’eau, jungle française . laterre            le 10 Décembre 2013

Eau

La facturation de l’eau, jungle française

Mots clés :                           collectivités locales,                            gestion de l’eau,                            eau,                            prix de l’eau,                            services publics,

 

  Une étude de la Confédération générale du logement, publiée aujourd’hui, révèle les fortes injustices liées au prix de l’eau. Souvent excessif, celui-ci varie selon que l’on vit en ville ou dans le secteur rural, première victime de   cette inégalité.

La France se découpe en six grands bassins versants. Six zones où se partagent les eaux qui tombent sur notre pays, de l’Artois- Picardie, au nord, au bassin Adour-Garonne, au sud. Voilà pour la géographie, limpide. La carte des prix de l’eau est bien plus complexe. « C’est une véritable jungle », résume la Confédération générale du logement (CGL), qui a répertorié la tarification pratiquée dans 6 322 communes de l’Hexagone. Son étude, que l’Humanité s’est procurée, montre de grandes injustices selon le département où l’on habite, selon que l’on vit dans un village ou une grande ville.

DE FORTES DISPARITÉS DANS LE MÊME DÉPARTEMENT

L’eau coûte ainsi deux fois plus cher en moyenne dans le Tarn-et-Garonne (5,72 euros du mètre cube) qu’en Haute- Vienne (2,93 euros). L’écart entre les départements peut varier du simple au triple si l’on étudie les prix médians, encore plus révélateurs. Pis, il y a de fortes disparités au sein d’un même département, et parfois entre communes voisines. Et ces disparités ne s’expliquent pas toujours par la topographie. « Dans les Hauts-de-Seine, les villes de Suresnes, Saint-Cloud et Boulogne-Billancourt sont voisines et ont toutes une frontière avec Paris. Pourtant, le mètre cube d’eau est facturé 3,01 euros à Paris ; 3,68 euros à Saint- Cloud ; 3,95 euros à Boulogne- Billancourt et… 4,24 euros à Suresnes. » Et les villes de plus de 100 000 habitants, dont on parle le plus, ne sont pas forcément les plus chères. En moyenne, elles facturent le mètre cube autour de 3,35 euros, avec des prix qui tendent à s’homogénéiser. « La France rurale est une fois de plus pénalisée », dénonce la CGL. Les écarts peuvent aller de 1 à 7 dans les villes de moins de 10 000 habitants. Une injustice qui n’est pas facile à repérer face à la multiplicité des modes de tarification. Quand cette dernière n’est pas divisée entre abonnement et consommation, elle est parfois saisonnière, voire aussi dégressive. À Néret, Montlevicq ou Champillet (Indre), plus vous consommez, moins vous payez ! Et la tarification sociale, qui peut parfois être socialement plus juste, ne va pas aider à s’y retrouver dans cette « jungle ». Car facturer selon la consommation et les revenus ne fera pas baisser le prix payé par la collectivité dans son ensemble. Les grandes multinationales, comme Veolia ou Suez, n’y sont d’ailleurs pas opposées. Seul un monopole public permettrait « une mutualisation des coûts et un prix unique de l’eau à l’échelle nationale », plaide la CGL (lire notre entretien cidessous). « Cette péréquation des prix, absolument nécessaire, peut être réalisée sans attendre la création d’un service public national », estime Jean-Claude Oliva, de la Coordination eau Île-de-France, qui appelle, ce week-end, à un grand rassemblement à Saint-Martin-d’Hères, près de Grenoble, pour que l’eau publique soit au coeur des enjeux des municipales (lire encadré). La gestion décentralisée de l’eau a d’ailleurs permis de remporter des batailles pour un accès à une eau moins chère. On ne compte plus les collectivités ayant décidé de créer une régie publique (lire ci-contre). La disparité des prix entre les zones rurales et les grandes villes fait craindre le risque « d’un service public de l’eau à deux vitesses », alerte de son côté Emmanuel Poilane, directeur de la Fondation Danielle-Mitterand France Libertés. « D’un côté, il y aurait les grandes villes, en régie ou en délégation de service public, avec une eau relativement peu chère, grâce à leur densité de population. Et de l’autre, des communes rurales, où les canalisations, réalisées dans les années 1970, vont devoir bénéficier d’investissements lourds, sur le long terme. » Qui va payer ? « Ce ne sont pas les grands groupes », assure Emmanuel Poilane, qui souligne l’urgence d’une véritable péréquation nationale. Le débat ne se limite donc pas à la seule alternative public/privé au niveau local, ni à la question du prix. Pour le responsable de France Libertés, « c’est tout le modèle économique du service public de l’eau qu’il faut repenser ».

 

Pierre Duquesne

Près d’un million et demi de Français boivent une eau du robinet encore trop polluée .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 17 h 06 min

Société -            Près d'un million et demi de Français boivent une eau du robinet encore trop polluée . humanitefr            le 26 Février 2014

 

Près d’un million et demi de Français boivent une eau du robinet encore trop polluée

 

 

Si 98% des Français bénéficient d’une eau potable de bonne qualité, en progrès depuis deux ans, près d’1,5 million d’entres-eux reçoivent encore une eau trop polluée au robinet, a souligné mercredi l’association UFC-Que Choisir. En cause : l’agriculture qui est de loin la première responsable.

Par rapport à sa dernière carte de la qualité de l’eau en France établie en 2012, l’association de consommateurs se réjouit que 280.000 Français supplémentaires bénéficient d’une eau conforme à la réglementation sur les six critères étudiés (qualité bactériologique, teneur en aluminium, pesticides, nitrates, sélénium et radioactivité). « Près de 98% » des Français ont donc « accès tout le long de l’année à une eau de bonne qualité », ajoute-t-elle. En revanche, 1,48 million de consommateurs « continuent à payer pour une eau non conforme », regrette l’association, qui s’appuie sur les résultats d’analyses publiés, commune par commune, par le ministère de la Santé pendant deux ans.

Comme en 2012, l’agriculture est, « de loin », la première responsable

Un dépassement des normes ne signifie pas pour autant que l’eau n’est pas potable, a tenu à souligner, lors d’une conférence de presse Olivier Andrault, chargé de mission à UFC-Que Choisir et qui a piloté l’étude. « Il y a des marges de sécurité », a-t-il précisé, soulignant qu’il revenait aux mairies de décider de restreindre la consommation.Dans 63% des cas de non-conformité, l’eau arrive trop chargée en  pesticides, en nitrates issus des apports d’engrais et de fumure animale  sur les cultures et en sélénium, un composant du sous-sol naturel mais  toxique apparaissant dans les cas de « surexploitation des nappes  phréatiques ». Ces pollutions agricoles, les pesticides étant les  plus répandus, concernent potentiellement 900.000 consommateurs,  principalement « dans les zones d’agriculture intensive du quart Nord-Est  de la France ». Un tiers des pollutions proviennent de défauts dans  le traitement de l’eau (surdosage en chlore ou dépassement de teneur en  aluminium). Quelque 500.000 Français, résidant majoritairement en zones  rurales et de montagnes, sont concernés par un problème dû « à la  vétusté des réseaux ou le manque de surveillance » des équipements. La radioactivité naturelle explique le reliquat de non-conformité (soit 4% des cas).

La bonne qualité de l’eau du robinet reste néanmoins « en trompe l’oeil »

Globalement, la qualité de l’eau est bien meilleure dans les zones urbaines, les pollutions étant « majoritairement retrouvées dans des petites communes » rurales, note UFC-Que Choisir. L’écart s’est d’ailleurs encore creusé depuis 2012 avec un niveau de contamination en baisse de 35% dans les communes de plus de 5.000 habitants mais en hausse de 8% dans les villages de moins de 500 habitants. La bonne qualité de l’eau du robinet en France reste néanmoins « en trompe l’oeil » pour l’association, car principalement due aux moyens importants mis dans la dépollution plus que dans la prévention pour protéger les nappes. « Chaque année, pas moins de 400 captages d’eau potable sont fermés, essentiellement pour des raisons de pollution agricole », indique M. Andrault. « A chaque fois qu’on ferme un captage, on enfouit un problème sans le régler« . Pour le président de UFC-Que Choisir, Alain Bazot, « on assiste à un véritable fuite en avant ». « C’est une politique de l’étouffoir, qui fait que les choses ne sont pas visibles. Sans doute que le réveil sera extrêmement douloureux dans les années qui viennent », a-t-il déclaré. Selon l’association, le coût de la dépollution se situe par an entre 640.000 et 1.140 millions d’euros. Cette « prime » à la dépollution constitue, à ses yeux, « une aberration économique, puisque ce sont les consommateurs – et non les agriculteurs pollueurs – qui paient l’essentiel des taxes de dépollution ». L’association profite donc du Salon de l’agriculture pour réclamer des soutiens financiers accrus aux « agricultures utilisant une faible quantité d’intrants ».

Lire aussi :

« The Grand Budapest Hotel », une facétie poivrée à l’humour décapant .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 54 min

 

Culture -            humanite            le 26 Février 2014

Cinéma

« The Grand Budapest Hotel », une facétie poivrée à l’humour décapant

Mots clés :                           cinéma,                            mathieu amalric,                            wes anderson,                            stefan zweig,                            tilda swinton,                            ralph fiennes,

 

 

Cinéma. The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson. États-Unis/Allemagne. 1 h 40. Huitième film, 
et sans doute 
le plus enlevé, pour Wes Anderson 
avec ce Grand Budapest Hotel. Un modèle 
de précision digne de Jerry Lewis.

Le plus connu des réalisateurs texans a un faible pour les noms propres. Quand nous ne sommes pas À bord du Darjeeling Limited ou avec la Famille Tenenbaum, nous voici à Rushmore ou partageant la Vie aquatique, celle de Steve Zissou en l’occurrence. Sa nouvelle création, qui vient d’obtenir le grand prix du jury au tout récent festival du film de Berlin, après en avoir fait l’ouverture, The Grand Budapest Hotel, est une comédie dramatique en anglais quoique le français y soit employé à l’occasion, mais coproduite entre les États-Unis et l’Allemagne et tournée dans ces fameux studios de Babelsberg fondés en 1911, où le cinéma germanique vit le jour à l’époque où l’expressionnisme allemand permit de sculpter l’ombre et la lumière dans ses implications physiques aussi bien que symboliques et morales, l’éclairage électrique venant d’être inventé à cet endroit précis.

Si l’histoire est celle d’un homme qui est homme aux clés d’or doté de ce savoir-faire qui caractérise les grandes maisons, monsieur Gustave H. (Ralph Fiennes), le lieu est tout aussi important, ce mythique Grand Hôtel de Budapest, palace de l’entre-deux-guerres et fruit d’une imagination rose bonbon, non tout à fait inventé pour autant.

L’origine littéraire du scénario provient de Stefan Zweig

En effet, le lieu de l’action correspond au Gorlitzer Warenhaus, grand magasin historique construit en 1912 à la frontière entre l’Allemagne, la Pologne et la République tchèque mais qui, sous le trait de l’illustrateur, devient une de ces villes d’eaux d’Europe centrale comme on en trouve avec délectation dans les principautés d’opérette des films d’Ernst Lubitsch, ou, pour entretenir un fort rapport au réel, disons que nous pourrions être au grand hôtel Pupp, celui qui sert encore aujourd’hui de quartier général au festival de Karlovy Vary.

À un décor immuable, mais changeant du temps qui passe, de la montée du nazisme, des bruits de bottes, du passage d’une guerre mondiale à la suivante et des épisodes qui la poursuivent, Wes Anderson a retenu trois formats de projection, de celui du muet à aujourd’hui, comme il a choisi de multiplier les collaborateurs, ce qui laisse des rôles variés et multiples à Tony Revolori, futur possesseur du lieu, Tilda Swinton en comtesse extravagante, ou les Français Mathieu Amalric et Léa Seydoux, le rôle le plus jeune étant confié à l’Irlandaise Sagirse Ronan. N’oublions pas la musique, une fois de plus confiée à Alexandre Desplat tandis que l’origine littéraire du scénario provient de Stefan Zweig. Saluons enfin le souci de la reconstitution où tout se veut plaisir pour les yeux et les oreilles. Du grand spectacle à l’ancienne, donc. On demande la suite royale dans ce palais des Mille et Une Nuits de la Mitteleuropa.

La bande annonce :

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Jean Roy

La droite cherche à tout prix à enterrer le chavisme .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 50 min

Monde -            La droite cherche à tout prix à enterrer le chavisme . humanite            le 17 Février 2014

Venezuela

La droite cherche à tout prix à enterrer le chavisme

Mots clés :                           hugo chavez,                            vénézuéla,                            henrique capriles,                            nicolas maduro,                            leopoldo lopez,                            chavisme,                            ramon muchacho,

 

Depuis mercredi, la droite, tiraillée par sa mouvance extrémiste, a repris le chemin de la rue. Ce nouveau coup de force contre la révolution bolivarienne, par étudiants interposés, s’est soldé par de violents affrontements.

Gauche et droite se disputent la rue. Depuis mercredi, les manifestations se succèdent dans la capitale vénézuélienne et en province. Des dizaines de milliers de militants et soutiens du président socialiste, Nicolas Maduro, ont envahi, samedi, le centre de la capitale, « pour la paix et la vie », à l’occasion du lancement du plan national pour Paix et cohabitation. « Le peuple veut la justice contre le fascisme et la violence. Compatriotes, il y en aura. Le fascisme se combat avec la loi et la justice, et une sévère punition », a martelé le président Nicolas Maduro, en référence aux événements du 12 février. Ce jour-là, des milliers d’étudiants et des partisans de l’opposition ont défilé contre la criminalité, la cherté de la vie, mais surtout contre le gouvernement, avant que la démonstration ne tourne au coup de force. De violents affrontements avec les forces de l’ordre et des groupes de choc chavistes ont fait 3 morts et près de 80 blessés. Plusieurs ministères ont été vandalisés. Les artères de la capitale sont depuis occupées par les uns et les autres. Samedi, le successeur du président défunt Hugo Chavez a confirmé qu’un tribunal avait lancé un mandat d’arrêt contre Leopoldo Lopez, l’ancien maire du richissime arrondissement de Chacao et figure de la droite au Venezuela, que le gouvernement tient pour responsable des incitations aux violences.

La criminalité, bannière électorale de la droite

La marche aura été l’occasion pour le locataire du palais de Miraflores de présenter les grandes lignes de son plan – désarmement (dans un pays où les armes à feu sont légion), démantèlement des bandes criminelles, programmes sportifs et culturels, réinsertion par l’éducation des prisonniers – mais sans convaincre l’opposition. La criminalité est pourtant la bannière électorale de la droite, qui refuse cependant de participer aux politiques d’État mises en place pour combattre ce fléau. Quant au mouvement estudiantin, il a justement débuté, il y a quinze jours, sur cette question de l’insécurité. D’un commun accord, ce duo dénonce depuis les problèmes – réels – de l’inflation (+ 56 %) et les pénuries alimentaires fomentées par le patronat, qui détient encore les secteurs stratégiques de la production et de la distribution. Et ce d’autant plus que l’économie reste le talon d’Achille du gouvernement après quinze années de « révolution bolivarienne ».

Des milliers d’étudiants et de partisans de la MUD, Mesa de unidad democratica, la coalition de droite, ont de nouveau protesté dans les quartiers chics de l’est de Caracas. À la tombée de la nuit, des heurts avec les forces de l’ordre ont éclaté. Plusieurs stations de métro ont été saccagées ainsi que des bâtiments publics. Le maire de Chacao, Ramon Muchacho, a avoué, via un tweet, que « le terrible manque de leadership » au sein de la contestation engendrait de « l’anarchie ». Même le candidat de la MUD à la présidentielle de 2013, Henrique Capriles, a dû reconnaître le dilemme auquel est confrontée l’opposition. « Qui d’autre plus que moi souhaite dégager ce gouvernement ? » a-t-il déclaré, en rappelant qu’il avait fait des municipales du 8 décembre dernier un plébiscite contre l’exécutif. « Nous ne sommes pas parvenus à cet objectif », a-t-il concédé, la droite enregistrant à cette occasion une énième défaite dans les urnes. Divisée et travaillée par les courants les plus extrémistes, elle est toujours à la recherche de la stratégie qui enterrera le chavisme. Celle du combat de rue n’a jamais été son meilleur choix.

L’amérique latine, en bloc, face aux autres   Sans surprise, les États-Unis ont déclaré, samedi, être « profondément inquiets » face aux « croissantes tensions et la violence » qui ont fait trois morts et plus de 80 blessés. « Alarmé » par les arrestations qui ont suivi les affrontements de ces derniers jours, le secrétaire d’État, John Kerry, s’est autorisé à demander au président Nicolas Maduro de « laisser en liberté les manifestants détenus ». « Nous nous joignons au haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme, au secrétaire général de l’Organisation des États américains, au haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères pour condamner cette violence insensée », écrit John Kerry. Les États membres de l’Union des nations sud-américaines ont, en revanche, « répudié les tentatives de rupture de l’État de droit (…) et de déstabilisation de l’ordre démocratique ». Ils ont exhorté « toutes les forces politiques et sociales du pays à prioriser 
et chercher le dialogue pour une solution pacifique de leurs différences ».

C. Ce.

Venezuela : le leader de la droite aux arrêts .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 47 min

Monde -            Venezuela : le leader de la droite aux arrêts . humanite            le 20 Février 2014

Arrestation

Venezuela : le leader de la droite aux arrêts

Mots clés :                           vénézuéla,                            nicolas maduro,                            leopoldo lopez,                            maria corina machado,                            antonio ledezma,

 

Leopoldo Lopez, l’une des figures de l’opposition, s’est rendu mardi à la justice.

Leopoldo Lopez s’est présenté mardi à la justice, qui avait émis un mandat d’arrêt à la suite de la manifestation du 12 février qui s’est soldée par trois morts, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels. Le dirigeant de l’opposition vénézuélienne devait être entendu hier midi au motif de sa responsabilité intellectuelle en tant qu’initiateur de la marche. À Caracas, des milliers de personnes ont accompagné le leader de Voluntad popular. Avant qu’il ne se rende, il a pris soin de s’adresser à la foule : « L’issue doit être pacifique, l’issue doit avoir lieu au sein de la Constitution mais aussi dans la rue », a-t-il harangué. « L’issue » est un appel à la rébellion lancé en janvier par Leopoldo Lopez et deux autres responsables de la droite, Maria Corina Machado et Antonio Ledezma, pour renverser le gouvernement du président Nicolas Maduro. Défaite dans les urnes à deux reprises en 2013 au profit de la majorité socialiste, l’opposition se déchire en raison de divergences sur la stratégie à adopter pour contrer le pouvoir en place. Mais, au vu de ces derniers jours, c’est bien la frange la plus radicale et extrémiste qui a pris le dessus, en appelant à des protestations de rue tous azimuts sous la bannière des problèmes structuraux du pays (pénuries, criminalité…). Un mouvement qui ne devrait pas s’arrêter là, à en juger par les dernières déclarations de Leopoldo Lopez.

Cathy Ceïbe

Venezuela: quand l’ »objectivité » journalistique se perd dans les ruelles de Caracas .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 36 min

Venezuela: quand l’

Capture d’écran d’un reportage TV de l’AFP sur le Venezuela

Monde -            humanite            le 17 Février 2014

Venezuela

Venezuela: quand l’ »objectivité » journalistique se perd dans les ruelles de Caracas

Mots clés :                           hugo chavez,                            vénézuéla,                            nicolas maduro,                            chacao,                            leopoldo lopez,

 

 

Étrange engouement médiatique qui vilipende trop souvent le  gouvernement vénézuélien depuis que ce dernier, porté par une majorité  d’électeurs, affiche 
la couleur du rouge. L’analyse de Cathy Ceïbe.

Le Venezuela passionne. Du papier au Net, des reportages télévisés aux récits radiophoniques, 
la nation de Bolivar défraie les chroniques. 
Les événements à l’œuvre à Caracas n’échappent pas 
à cette règle, désormais bien installée dans les rédactions. Étrange engouement médiatique qui vilipende trop souvent le gouvernement vénézuélien depuis que ce dernier, porté par une majorité d’électeurs, affiche 
la couleur du rouge.

Le Venezuela n’est pas un paradis. Personne n’a la stupidité de le penser. Le processus à l’œuvre depuis l’élection du président défunt Hugo Chavez, en 1998, est critiquable à bien des égards. Comme tout processus politique. Il est aussi fort de transformations qui ont constitué autant de ruptures et de progrès sur le plan social ou éducatif. Pourquoi le nier? Au point de voir un journaliste du 20 heures d’une chaîne publique française contraint de présenter des excuses à la suite de la diffusion d’un reportage au Venezuela pétri de mensonges? Les charges médiatiques étaient bien moins virulentes contre 
les gouvernements dits de Punto Fijo, lorsque les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens se partageaient les postes, non sans avoir bourrés les urnes.

Le sujet anti- »révolution bolivarienne », ce marronnier

À l’époque, les Vénézuéliens, affamés par les plans d’ajustements structurels du FMI, étaient descendus en masse dans 
les rues. La répression avait fait alors 3 000 morts. 
Les États-Unis, qui se disent «profondément préoccupés» par «les tensions et la violence» en cours, s’étaient empressés, en 2002, de féliciter les auteurs du coup d’État contre Hugo Chavez. L’immense majorité 
des médias leur avaient alors emboîté le pas, offrant 
là une légitimité à des putschistes!

Les campagnes 
anti-«révolution bolivarienne» sont récurrentes: 
un marronnier, comme on dit dans le jargon du métier. 
Les exemples affluent comme les qualificatifs à l’encontre d’Hugo Chavez, ravalé au rang de dictateur. Mais qui peut décemment taire qu’il a remporté près d’une quinzaine de scrutins libres et transparents? Sa popularité, à faire pâlir plus d’un chef d’État soi-disant plus respectable parce que dans le vent des idées majeures, est toujours aussi vive auprès d’une majorité de Vénézuéliens. Tordre les faits, c’est mépriser l’éthique professionnelle. Et alimenter le discrédit dont souffrent (déjà) les médias. Le fondateur d’un quotidien du soir a dit : «L’objectivité n’existe pas! L’honnêteté, oui!» Ce n’était pas Jean Jaurès.

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Rien de nouveau au Venezuela

Venezuela. L’opposition de droite poursuit sa contestation dans la rue

Cathy Ceïbe

Venezuela. La paix à Caracas… mais sans la droite .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 32 min

Venezuela. La paix à Caracas...  mais sans la droite . maduro2602

 

Monde -            humanite            le 26 Février 2014

 

Venezuela. La paix à Caracas…  mais sans la droite

Mots clés :                           vénézuéla,                            caracas,                            henrique capriles,                            nicolas maduro,

 

 

L’opposition ne participera pas à la Conférence nationale pour la paix censée mettre un terme aux violences qui ont fait depuis le 6 février, 14 morts et près de 140 blessés.

C’est aujourd’hui que s’ouvre à Caracas la Conférence nationale pour la paix. L’objectif, annoncé dimanche par le président socialiste Nicolas Maduro, est de mettre fin aux violences qui convulsent le Venezuela depuis le 6 février, date de la première manifestation, initiée par l’opposition de droite via les étudiants. À ce jour, quatorze personnes ont trouvé la mort et près de 140 ont été blessées. Dimanche, le chef de l’État a indiqué qu’une commission de la vérité serait chargée par l’Assemblée nationale de faire toute la lumière sur les exactions perpétrées ces dernières semaines. Celle-ci enquêterait « sur toutes les dénonciations du coup d’État en marche, (…) tous les mensonges et toutes manipulations nationales et internationales », a-t-il précisé en référence aux détournements d’images de répression en vue de les imputer au gouvernement afin de le discréditer. Cette commission aurait également pour mission de relever le degré de responsabilité de pays étrangers dans l’actuelle crise.

soutienmaduro

Concernant la conférence pour la paix d’aujourd’hui, Nicolas Maduro a invité tous les secteurs de la société à y participer afin de parvenir à un « accord qui renoncerait à la violence comme moyen pour parvenir à la paix ». L’invitation a été déclinée par l’opposition. Lundi, le leader de la droite, Henrique Capriles, également gouverneur de l’État de Miranda, a refusé de participer au conseil fédéral de gouvernement, « où sont approuvés les budgets pour les communautés, la construction de logements, de complexes sportifs », ainsi que les politiques contre l’insécurité. Quant aux étudiants proches de l’opposition, ils appelaient de nouveau à manifester hier à Caracas afin de se rendre en direction de l’ambassade de Cuba ! En guise de pacification, une énième provocation.

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Cathy Ceïbe

Jules Borker, une vie de résistance à toute injustice .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 27 min

Jules Borker, une vie de résistance à toute injustice . julesborker2502

Jules Borker, en 1972, avec Angela Davis, en Californie, où elle risquait la peine de mort. Photo : Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

Médias -            humanite            le 26 Février 2014

 

Jules Borker, une vie de résistance à toute injustice

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Il fut pendant plus de trente ans l’avocat de l’Humanité. Mais aussi celui d’Angela Davis, de Josette  Audin, des travailleurs du Parisien libéré. Jules Borker est mort lundi matin. Il avait quatre-vingt-quatorze ans.

Jules Borker est né le 20 mai 1919 en Lituanie. Ses parents arrivent à Paris quatre ans plus tard et ouvrent un commerce dans le Sentier qui sera réquisitionné sous l’Occupation. Il se destinait à la médecine. La guerre et son engagement dans la Résistance en auront décidé autrement. Franc-tireur et partisan de décembre 1940 à la Libération, il dirigera des mouvements de jeunesse antinazis à Grenoble, Lyon, Toulouse. À la Libération, il se réoriente vers le droit. En 1947, il devient avocat. Et quel avocat ! Pour ceux qui l’ont côtoyé de près, tel Richard Valeaunu qui fut son associé de longues années durant, « c’était un tribun extrêmement courageux », de la trempe de ceux qui ne se laissent pas démonter par les représentants du parquet. « Lors du procès des travailleurs du Parisien Libéré contre Amaury, je le vois encore se dresser et pointer le doigt dans la bedaine du procureur. »

Il fut l’avocat de Josette Audin, Alfred gerson, Angela Davis, des militants du FLN…

Jules Borker, que ses amis appelaient Antoine, son pseudonyme pendant la Résistance, ne craignait rien ni personne. Pour ce ténor du barreau, aucune cause n’était insurmontable. Parmi les nombreuses affaires qu’il a plaidées, rappelons qu’il fut l’avocat, aux côtés de Gisèle Halimi et de Jacques Vergès, des militants du FLN en organisant un pont aérien pour permettre aux avocats français de se rendre en Algérie, celui de Josette Audin après l’enlèvement et la disparition de Maurice Audin, d’Alfred Gerson, pendant la guerre d’Algérie, d’Angela Davis qu’il a assistée lors de son procès en Californie en 1972 où elle risquait la peine de mort. En 1973, quelques semaines après le coup d’État au Chili, il s’y rend, à la demande d’organisations internationales de jeunesses et avec l’appui de l’Épiscopat français pour enquêter sur l’étendue de la répression frappant principalement la jeunesse chilienne.

En 1979, il fera condamner trois hauts fonctionnaires, le constructeur et l’architecte du collège Édouard-Pailleron dans l’incendie duquel seize élèves et quatre adultes trouvèrent la mort. Une première en France. Mais pour Jules Borker, aucune cause n’était insurmontable.

Avocat de l’Humanité contre Maurice Papon

Comme avocat, il avait à cœur la défense et la liberté de la presse, de ses journalistes. Avocat de notre journal, il était de tous les combats contre la censure. En 1997, il avait mis en échec Jean-Louis Debré, alors ministre de l’Intérieur, qui avait cru bon de poursuivre l’Humanité devant les tribunaux après un article d’Élisabeth Fleury qui relatait un passage à tabac purement gratuit de trois jeunes gens interpellés sans motif réel par des policiers du commissariat de Fontenay-sous-Bois. À la même époque, c’est Maurice Papon, quelque temps avant son procès à Bordeaux, qui avait assigné l’Humanité en justice pour, tenez-vous bien, « atteinte à la présomption d’innocence », qui voit sa plainte déboutée. En cause, la publication par nos confrères Gilles Smadja et Charles Silvestre des attendus de l’arrêt de renvoi de la Cour de cassation. Ce qui fera dire à maître Borker : « Cette victoire dépasse notre seul journal. La liberté de la presse, au moment où elle fait l’objet de nombreuses attaques, sort grandie et renforcée par cette décision. En déclarant, dans ses attendus, qu’il est “légitime que la presse contribue à éclairer son lectorat sur des faits qui intéressent l’histoire”, le tribunal donne à sa décision une portée particulière à la mesure de l’affaire Papon elle-même. »

Avocat, militant communiste, il fut l’un des négociateurs, d’abord sous l’impulsion de Waldeck Rochet puis de Georges Marchais, du programme commun. Avec son confrère Roland Dumas – pour le Parti socialiste –, ils avaient inventé une affaire de faux divorce pour justifier leurs nombreuses rencontres. Pour Jean-Michel Catala, ancien secrétaire des Jeunesses communistes et lui aussi avocat, « Antoine est un homme qui a une belle histoire et qui mérite le respect ». Jusqu’au bout, il est resté cet homme « délicieux, jeune d’esprit, aux incroyables facultés intellectuelles », ajoute Richard Valeaunu.

Le 3 mai 1990, il reçoit la Légion d’honneur des mains de François Mitterrand. C’est dans les locaux de l’Humanité, son journal, qu’il la fêta avec de nombreuses personnalités et de tous ses amis.

De multiples hommages. L’ancien directeur de l’Humanité, Roland Leroy, a rappelé, à  l’annonce de ce décès, que « Jules Borker était un ami de longue date.  (Je) l’appelais toujours Antoine, ce nom qui lui était resté de l’époque  de la Résistance. Dès les premières années de la guerre froide, il fut  l’un des avocats habituels de la fédération de Seine-Maritime du PCF où  je militais. Plus tard, je fus en contact étroit avec lui quand, sous la  direction de Waldeck Rochet, s’établirent de premières relations avec  le Parti socialiste, puis avec François Mitterrand. Et quand 
je devins  directeur de l’Humanité, il fut l’un des avocats habituels 
du journal.  Tout cela fit qu’entre nous, s’étaient établies des relations d’amitié  étroite. Je ressens une peine profonde que mon épouse 
et moi partageons  avec ses proches ». Pierre Laurent, secrétaire national du  PCF, a rendu hommage au « militant imperturbable, homme de loi et de  justice », au jeune responsable de la MOI, à l’un des artisans du  programme commun, 
à l’animateur du comité Audin, au défenseur des juifs  soviétiques. Des messages ont été adressés aux proches de  Jules Borker par Patrick Apel-Muller, Richard Béninger, Claude Cabanes,  Pierre Zarka

Marie-José Sirach

« Duende » au festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 16 h 21 min

Fuensanta La moneta. ©s-zambon CG40

Culture -            humanitefr            le 4 Juillet 2013

 

« Duende » au festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan

Mots clés :                           espagne,                            oscar niemeyer,                            flamenco,

 

 

Envoyée spéciale. Pour la 25ème édition de sa semaine flamenca, Mont-de-Marsan renouvelle ses liens avec l’Espagne et peut-être même avec une Espagne gitane.

On le sait, c’est une banalité que de l’écrire, le flamenco est un art, avec ses techniques, une histoire plus ou moins compliquée, sa variété de formes et surtout une fabrique à produire des sentiments, à les aggraver de la joie simple, pure, innocente, au désespoir le plus sombre, le plus déchirant. C’est une fête certes, mais une fête qui se prêterait à la gaité et mettrait en relief des accents douloureux. C’est tout à la fois un art de la lumière crue, insolente et des nuits étoilées. C’est un art qui récuse l’indifférence et en appelle à une certaine ferveur, une sorte d’emballement. C’est un art qui captive et ravie.

Lundi soir, la salle de l’espace François Mitterrand, était comble. Un peu plus de deux mille personnes étaient venues découvrir la dernière création de Maria Pagés, Utopia. Ici, la chorégraphe s’éloigne d’une vision du flamenco réduite à un tragique. La danseuse espagnole érige l’espérance comme principe esthétique pour produire ou revenir à dit-elle : « à une éthique ». Utopia est née de sa rencontre avec l’architecte Oscar Niemeyer, le spectacle comprend huit tableaux, comme des villes nouvelles où la poésie se mélange à la fraternité et où la voix du chanteur brésilien Fred Martins nous inspire les plages de Copacabana, si chères au créateur de Brazillia. Au delà, de la performance et de cet « extra-ordinaire » qu’est le flamenco, Maria Pagés et ses danseurs dessinent une humanité, une convivialité. Cet art avec ses codes, ses références qui à bien des occasions tentent d’échapper à son folklore, élargi, ici, ses inspirations et son horizon.

Une autre danseuse, celle-ci gitane, Fuensanta La Moneta, a fait sensation sur la scène du café Cantante située dans un immense marché couvert. La Moneta était entourée d’un seul guitariste et de plusieurs chanteurs pour son spectacle Paso a Paso. Avec elle, le « baile » s’anime d’une théâtralité féroce. Elle a restitué les figures imposées par le flamenco et au delà de la danse, elle restitue une histoire, avec le Sacro-Monte de Grenade, la ville des gitans selon Frederico Garcia Lorca. Les gestes et le regard de la Moneta disent les mots du poète espagnol « À l’angle de la surprise/le vent nu tourne soudain/dans la nuit d’argent de nuit/la nuit la nuit toute entière. »

On le constate c’est un art donc qui exprime une sensualité lumineuse, traduit les nuances et les intensités du désir, un art enfin qui se nourrit déjà de légendes. Sans remonter aux calendes que l’on songe à Carmen Amaya,  la première danseuse à évoluer en pantalon. Carmen Amaya que l’on voit dans Los Tarantos un film de Francisco Rovira Beleta avec Antonio Gadès dansant sur las Ramblas. Que l’on songe à Paco de Lucia et à sa virtuosité vertigineuse. Ou encore à la Faraona, Lola Florés, qui impose un personnage extravagant qui captive un large public ; elle prétendait ne jamais quitter sa robe à volant jusqu’à dormir avec. Et Cristina Hoyos vue à la Maestranza de Séville, l’opéra qui face à Triana le quartier gitan sur l’autre rive du Guadalquivir. Cristina Hoyos présentait sa troupe et des facettes du flamenco, les unes modernes comptant des ellipses et en contre poids l’apparition caricaturale d’une danseuse portant les effets traditionnel avec une traine grandiloquente. Cristina Hoyos donnait à voir des visions du présent et une vision du passé.

Mais revenons à Mont-de-Marsan, quelques heures avant la Moneta, sur la même scène, Diego del Morao se produisait. Héritier d’une grande famille de guitariste, Diego del Morao a longtemps été un prestigieux « accompagnateur » de chant.  Son premier album Orate auquel participe entre autre celui qu’il  nomme « el maestro » Paco del Lucia est sorti récemment. Il nous en livra l’intégralité lors de son passage. Le brio était donc de mise, accompagné par des percussionnistes et chanteurs, ce concert a subjugué et à révéler s’il le fallait encore un admirable musicien. Le danseur Farruquito présent parmi le public n’a pu s’empêcher de les rejoindre pour esquisser quelques pas de danse.

Vidéo : Diego del Morao, extrait d’Orate

Cette intervention improvisée résume assez bien  la singularité du festival Arte Flamenco. On le comprend, Arte Flamenco, provoque des échanges, propose des rencontres exaltantes à l’instar du concert de deux immenses pianistes, Dorantes et Diego Amador que l’on avait pu voir dans le film de Carlos Saura Flamenco, Flamenco. Dorantes que l’on pourra retrouver samedi à une lecture-récital de Garcia Lorca où il accompagnera le comédien Michel Vuillermoz.

Le flamenco hante la ville comme il hante ses interprètes. À Mont-de-Marsan tout et tous se répondent. Les artistes dialoguent sur leur art, le public, afficionados ou non, est tout à la fois concentré et extraverti. On croirait qu’un autre temps s’installe, un temps méditerranéen au bord de l’atlantique comme l’est l’Andalousie. On le voit, les artistes se sentent chez eux. Tout au long de la semaine, des Master Class sont proposées  de piano flamenco avec Diego Amador ou encore de danse avec Farruquito qui mettra un point final au festival avec Abolengo. De plus, on assiste à des projections de films avec le très beau Poligono Sur de Dominique Abel,  du flamenco de rue, des rencontres avec les artistes, des expositions, à une sorte d’effervescence déclenchée par le flamenco. Il faut se rendre à l’évidence le festival une fois de plus est une réussite.

Festival Arte Flamenco du 1er au 6 juillet Mont-de-Marsan arteflamenco.landes.org

Genica Baczynski

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