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27 février 2014

Le Medef rêve d’intermittents payés au chapeau…

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 56 min

Le Medef rêve d’intermittents payés au chapeau... intermittents2702

Manifestation des intermittents à Paris, jeudi 27 février.

Culture -            humanite            le 27 Février 2014

unedic

Le Medef rêve d’intermittents payés au chapeau…

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L’avant-dernière séance de négociations sur la convention de l’assurance chômage s’ouvre ce jeudi. Une journée placée sous le signe de la mobilisation avec de nombreux rassemblements à Paris, devant le siège du Medef, et en province. 

« Êtes-vous favorable à la proposition du Medef d’en finir avec le régime des intermittents du spectacle ? » propose le Point dans un sondage à l’adresse de ses lecteurs. En 2003, un intermittent du spectacle, croisé dans une des nombreuses manifestations, brandissait une pancarte sur laquelle il avait écrit : « Pour faire des économies, tue un clown ! » Si les arguments du Medef n’ont pas varié d’un pouce depuis, la situation n’est plus tout à fait la même qu’il y a dix ans tant les salariés intermittents ont élaboré des contre-propositions.

  • Voir la vidéo : Les propositions pour le régime des intermittents du spectacle (annexes 8 et 10) présentées par le comédien Samuel Churin

En 2013, après de nombreuses auditions de l’ensemble des acteurs concernés (à l’exception notable du Medef qui n’a pas daigné venir s’exprimer devant la représentation nationale), un rapport parlementaire sous la direction du député PS Jean-Patrick Gilles est venu conforter la nécessité de maintenir les annexes 8 et 10 de la convention Unedic de l’assurance chômage, et quelques-unes de ses recommandations recoupaient les propositions des intermittents, techniciens et artistes, portées par le nouveau comité de suivi composé de parlementaires (Noël Mamère, Pierre Laurent, Laurent Grandguillaume), de syndicats (CGT, FO, SUD…), de la coordination et d’organisations professionnelles (Syndeac, Synavi). Parmi les propositions du comité de suivi, on peut en distinguer trois : le retour à la date anniversaire et 507 heures en 12 mois avec indemnisation sur 12 mois ; le plafonnement du cumul salaires et indemnités, ou encore la prise en compte des heures d’enseignement et d’heures faites au régime général.

Il est beaucoup question de chiffres dès lors que l’on évoque l’assurance chômage des intermittents. Des chiffres le plus souvent invérifiables mais qui ont la peau dure tant ils sont amplement relayés. Ainsi, les intermittents coûteraient… un milliard par-ci, quelques millions par-là. Nos confrères du Figaro, reprenant in extenso les éléments de langage du Medef, écrivent (le 18 février) que les intermittents « représentent 15 % de l’emploi en France mais plus de 50 % des allocations versées ». L’Express (le 17 janvier) parle du « très coûteux régime d’indemnisation des métiers du spectacle » tandis que l’Opinion préfère l’expression de « ruineux dossier » (le 25 février).

Un Medef qui se fait de plus en plus arrogant 

Il est évident que la réforme de 2003, adoptée par le Medef et la CFDT, n’a en rien résolu le déficit d’alors (estimé aux alentours de 800 millions, chiffre tout aussi invérifiable). Car ce n’était pas son propos. L’objet de cette réforme était bien de durcir les conditions d’entrée à l’assurance chômage pour les artistes et techniciens (507 heures sur 10 mois pour les techniciens, sur 10 mois et demi pour les artistes. Ce qui eut pour effet immédiat l’exclusion de dizaines de milliers d’artistes et de techniciens du système). Dix ans plus tard, le bilan est bien là : sur plus de 254 000 salariés intermittents qui ont cotisé en 2011, seuls 43 % ont bénéficié d’une journée d’indemnisation. Vous avez dit privilégiés ? En 2011, le salaire annuel moyen de ces mêmes salariés (artistes et techniciens confondus) est de 8 503 euros. Celui des seuls artistes de 4 869 euros. Quant au salaire annuel médian de l’ensemble des intermittents du spectacle, il est de 2 762 euros… Vous avez dit privilégiés ?

  • Voir la vidéo : pourquoi le déficit des annexes 8 et 10 des intermittents du spectacle n’existe pas

Le 17 décembre 2013, Pierre Gattaz, actuel patron des patrons, déclarait sur le sujet : « Rien n’est tabou. Tout est à mettre sur la table. » Le passage à l’acte ne s’est pas fait attendre puisque au cours des négociations actuelles sur l’Unedic, le Medef n’a pas hésité à proposer la suppression des annexes 8 et 10 et, dans la foulée, celle de l’annexe 4 dont dépendent les intérimaires. Une provocation de plus de la part d’un Medef de plus en plus arrogant ? On peut penser que, de son point de vue, cette proposition est dans le droit fil de son raisonnement purement libéral. Dans la logique du Medef, il faut en découdre avec le système de l’assurance chômage. Les intermittents, et les intérimaires, deviennent dès lors les boucs émissaires d’un système à bout de souffle du fait de l’explosion du chômage. Selon la logique patronale, l’Unedic est déficitaire… à cause des chômeurs. Étonnant, non ? Et comme on ne peut pas tous les virer, commençons par nous attaquer aux plus fragiles, donc aux intermittents. Mais le Medef ne veut pas en rester là. Non content de vouloir faire basculer les intermittents dans le régime général, niant la spécificité de leurs métiers, il propose que le manque à gagner de ce scénario (estimé à quelque 300 millions) soit financé par l’État. Et non plus par la solidarité interprofessionnelle. Au (faux) prétexte mille fois brandi par le Medef : « Ce n’est pas à l’assurance chômage de financer la culture ! »

Un système adapté à la discontinuité des métiers

C’est bien là que l’aveuglement du Medef, sa méconnaissance profonde de la nature des métiers des artistes et techniciens s’affichent. Dans le spectacle, dans le cinéma, la notion de travail est à dissocier de la notion d’emploi. Entre deux contrats (deux cachets), l’artiste ne s’arrête pas de travailler. Il reste un créateur : il continue d’écrire, de faire ses vocalises s’il est chanteur lyrique, ses échauffements s’il est danseur, de monter des projets s’il est metteur en scène, de lire et de découvrir des auteurs s’il est acteur… S’il est évident que ce n’est pas aux Assedic de payer les répétitions, le système d’assurance chômage des intermittents, adapté à la discontinuité de leurs métiers, est un sacré filet de sécurité pour que les artistes de ce pays puissent envisager la suite sans être paniqués par le vide que constituerait la disparition des annexes 8 et 10. Et qui, par ricochet, participent de l’exception culturelle.

Comme le rappelait judicieusement le comité de suivi il y a quelques jours, l’ensemble des revendications qu’il porte depuis dix ans maintenant « avaient toutes été défendues par le groupe socialiste maintenant dans la majorité, y compris François Hollande, alors député. Aujourd’hui, les ministres en charge du dossier, Aurélie Filippetti pour la culture et Michel Sapin pour le travail, ont pris des engagements sur le maintien des annexes, mais pas sur leur contenu ! ». Et c’est bien là où le bât blesse. Où il en va de la responsabilité des pouvoirs publics de ne pas se contenter d’un « Il faut sauver les annexes 8 et 10 » ou d’un « Il revient aux partenaires sociaux de négocier ». Telles qu’elles sont aujourd’hui, elles sont injustes, inefficaces. À moins de considérer que le Medef ne contrôle tout, ne dirige tout. On se doute que s’il ne tenait qu’à lui, on pourrait même payer les artistes au chapeau. Comme dans le bon vieux temps.

Manifs à Paris et en province. Dans un communiqué envoyé hier en fin de journée, la CGT spectacle alerte sur les dernières manœuvres du Medef qui confirment que « l’indemnisation des travailleurs relevant 
des annexes 8 et 10 du règlement général est désormais alignée sur celle du règlement général ». Pour riposter, une manifestation unitaire parisienne est prévue aujourd’hui à 14 heures place 
du Palais-Royal pour rejoindre le siège du Medef. Une assemblée générale unitaire aura lieu le 5 mars à 18 h 30 à l’Olympia.

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Marie-José Sirach

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