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26 février 2014

Pénibilité des médecins hospitaliers .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 18 h 44 min

Social-Eco -            Pénibilité des médecins hospitaliers . humanite            le 24 Février 2014

Point de vue

Pénibilité des médecins hospitaliers

Mots clés :                           pénibilité ,                            travail de nuit,                            médecins hospitaliers,                            Nathalie Cros-Terraux,                            Yves Rébufat,

Par Dr Nathalie Cros-Terraux, vice-présidente du SNPHAR-E, Dr Yves Rébufat, président du SNPHAR-E.

 

Parler de pénibilité au travail pour les médecins hospitaliers peut sembler surprenant au premier abord. Pourtant, si l’on s’en tient aux facteurs de pénibilité reconnus par le Code du travail dans son article D.4121-5 (contraintes physiques marquées, environnement de travail agressif, certains rythmes de travail), l’hôpital public, de par son fonctionnement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, expose la plupart des salariés qui y travaillent à des horaires de travail particuliers et les médecins n’y échappent pas.

Le travailleur de nuit est défini par les articles L.3122-29 à 31 du Code du travail comme celui qui : soit accomplit, au moins deux fois par semaine, selon son horaire de travail habituel, au moins trois heures de son temps de travail quotidien durant la plage horaire légale (21 heures-6 heures) ou conventionnelle correspondant au travail de nuit ; soit accomplit, au cours d’une période de douze mois consécutifs, 270 heures de travail de nuit. Les médecins hospitaliers qui assurent la permanence des soins entrent donc assez facilement dans la définition du travailleur de nuit en réalisant 30 gardes par an. D’autres médecins sont soumis à du travail posté avec des horaires atypiques (horaires décalés empiétant sur la période nocturne ou grandes amplitudes horaires). Il y en a de plus en plus en raison de l’augmentation de l’amplitude d’ouverture des plateaux techniques (blocs opératoires, radiologie, cardiologie interventionnelle, scanner et IRM…) pour 
des raisons de rentabilité 
de ces équipements.

Il est reconnu par différents rapports (1) que le travail de nuit et le travail posté ont des effets néfastes sur la santé (désadaptation, isolement social, professionnel et familial, fatigue, troubles du sommeil, anxiété, dépression, risque accru de maladies cardio-vasculaires et métaboliques, cancers, etc.). C’est donc une pénibilité à effets immédiats mais aussi retardés.

D’autres organismes comme l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) ont une notion plus large de la pénibilité, incluant les risques psychosociaux ou les contraintes mentales au travail, dont les risques les plus connus sont la charge de travail, la pression temporelle, la réalisation de plusieurs tâches en même temps, les agressions physiques ou verbales, etc. Beaucoup de médecins sont confrontés à cette forme de pénibilité, car le travail médical doit être précis et rigoureux et n’est malheureusement pas toujours réalisé dans un environnement favorable. On retrouve ces notions dans de nombreuses conventions collectives mais pas (encore ?) dans le Code du travail, la détection de l’exposition du salarié à ces risques n’est donc pas une obligation réglementaire. Or la reconnaissance d’une pénibilité passe avant tout par une reconnaissance de la notion d’exposition à celle-ci avant de pouvoir envisager la prévention et une éventuelle compensation. C’est cette reconnaissance et surtout les moyens de l’établir qui posent problème aujourd’hui. C’est une des raisons de notre insistance pour la création d’un CHSCT médical et d’un véritable suivi du corps médical par la médecine du travail, ce dernier étant souvent persuadé d’être immunisé contre tous 
les maux et  toutes les maladies, qu’ils soient du travail ou non. Sans connaissance de la pénibilité, il n’y aura ni prévention ni compensation. Commençons par mesurer l’exposition au travail de nuit de l’ensemble des médecins hospitaliers, nous pourrons ensuite tenter de mesurer d’autres risques plus difficilement appréciables.

 

(1) Rapport du Conseil économique, social et environnemental 2010 : « Le travail de nuit : impact sur les conditions de travail et 
de vie des salariés ». Rapport d’information de l’Assemblée nationale 
en conclusion de la mission sur la pénibilité au travail, 
Jean-Frédéric Poisson, mai 2008.

Nathalie Cros-Terraux, Yves Rébufat

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