Dominik27

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31 janvier 2014

La résistible progression du lepéno-syndicalisme .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 19 h 13 min

Social-Eco -            La résistible progression du lepéno-syndicalisme . humanite            le 30 Janvier 2014

Front national

La résistible progression du lepéno-syndicalisme

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Le parti de Marine Le Pen n’envisage le monde ouvrier que comme un vivier électoral. Son utilisation médiatique des « défroqués » du syndicalisme en est la preuve.

Les qualificatifs n’ont jamais manqué pour souligner les « virages sociaux » successivement affichés par le Front national : de l’« ouvriéro-lepénisme » attribué par Nonna Mayer (1) à Bruno Mégret, dans les années 1990, au « gaucho-lepénisme » inventé par le président du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences-Po), Pascal Perrineau, pour justifier les transferts de voix ouvrières vers le vote FN, le parti a toujours lorgné sur le monde du travail. Son intérêt a redoublé avec l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête. Une quinzaine d’années après une première tentative mégrétiste de développer des réseaux syndicaux FN dans le petit patronat et les administrations publiques (FN pénitentiaire, FN RATP, FN police…), le « nouveau FN » tente de « réactiver ce type de stratégie, reprenant ou développant certaines thématiques sociales et cherchant de nouveau à attirer ou à fédérer des militants syndicaux ou ouvriers », soulignaient, lors du congrès 2013 de l’Association française des sciences politiques, Thierry Choffat, maître de conférences à l’université de Lorraine, et Dominique Andolfatto, de l’université de Bourgogne.

À partir de 1995, suite aux succès électoraux des municipales à Vitrolles, Orange, Marignane et Toulon, le FN tente de s’implanter dans le syndicalisme. Des « pseudo-syndicats », « succursales du parti d’extrême droite », estime l’ancien secrétaire national de la CGT, Bernard Thibault. L’opération échoue, « les tribunaux considérant qu’il s’agit avant tout d’action politique », rappelait Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail, dans un entretien à Liaisons sociales en mars 2011.

Mais face à cet échec, le FN, qui tentait déjà « d’infiltrer les syndicats existants », plus « facilement » à la CFTC et à la CGC, note Bernard Vivier, a alors « explicitement indiqué » que les organisations syndicales ne seraient pas à l’abri de nouvelles tentatives. En creux, la réaction syndicale en cours souligne l’état de cette offensive. Car même si la direction du FN traitait encore, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats de « collaborateurs du patronat » qui « baladent les salariés et les escroquent », depuis 1995, il y a eu « rencontre » avec une partie des syndiqués, notent plusieurs sondages réalisés par Liaisons sociales. À la présidentielle de cette année-là, 24 % des salariés proches de la CFE-CGC se seraient exprimés en faveur de Jean-Marie Le Pen, 16 % de ceux de Force ouvrière, 7 % des cégétistes, 6 % des adhérents de la CFDT et 5 % de ceux de la CFTC. En 2012, un sondage Harris montrait que l’héritière Le Pen capitalise 25 % des suffrages des sympathisants de FO, 15 % de ceux de la CFTC, 16 % à l’Unsa, et conserve « de bonnes implantations » chez les proches de la CFDT (12 %), de la CFE-CGC (11 %), de la CGT (9 %), en restant très minoritaire à SUD Solidaires (4 %) et à la FSU (3 %).

Si, aujourd’hui, le FN, par la voix de sa présidente, ose dire qu’il « ne s’inscrit en aucune manière dans une quelconque démarche d’entrisme », il instrumentalise des syndicalistes, de diverses confédérations (CGT, CFDT, FO, CFTC…), déclarant leur sympathie pour le parti de Marine Le Pen. Plusieurs « affaires » de « défroqués » ont eu un écho relatif : Fabien Engelmann en Moselle, exclu à grand fracas en mars 2011, Annie Lemahieu dans le Nord, démise de ses fonctions chez FO, Roger Demassieux à Calais, exclu de la CFDT, Franck Pech, à Toulouse, banni de SUD, Dominique Morel, à Clermont-Ferrand, viré de la Fédération nationale des chauffeurs routiers…

Pourtant, même si le Cercle national de défense des travailleurs syndiqués (CNDTS), qui disposerait, selon Thierry Choffat et Dominique Andolfatto, d’une « centaine de contacts », a été réactivé, on est encore loin de la vague de « coming out » que promettait le parti, croyant inventer le « national-syndicalisme ». « En quelque sorte, poursuivent les chercheurs, la nouvelle stratégie ne serait plus celle de l’entrisme mais celle du “sortisme”, à savoir, dévoiler a posteriori le passé ou les fonctions syndicales actuelles de certains de ses candidats. »

 

(1) Ces Français qui votent FN, 1999.

Grégory Marin

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