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30 janvier 2014

Mali : La Franc e veut maîtriser l’incendie sans s’attaquer aux braises .

Classé dans : Non classé — dominik27 @ 10 h 20 min

Selon François Hollande, la situa- tion au Mali est sous contrôle. « L’intervention a été exception- nelle sur tous les plans » s’est en- thousiasmé Laurent Fabius le 9 jan- vier devant des sénateurs. Il est vrai que le Nord du Mali a été libéré, les djihadistes dispersés, des élections organisées. L’armée française passe le relais à la Minusma et l’on annonce qu’au printemps prochain un millier d’hommes resteront positionnés. Mais les exercices d’autosatisfaction ne peuvent masquer une réalité préoccupante. Sur le plan de la sécu- rité tout d’abord, des attaques djiha- distes se sont multipliées ces der- niers mois, des bandes armées pour- suivent leurs basses œuvres, des violences intercommunautaires per- sistent. Le dialogue entre le gouver- nement et les Touaregs ne progresse pas et Kidal reste une zone de non droit. Sur le fond, les ingrédients qui ont conduit le Mali dans la tourmente sont toujours là. Comme nombre de pays d’Afrique, le pays a subi trois décennies de libéralisme sauvage qui ont déstructuré le tissu économique et social. L’endettement et l’ajuste- ment structurel imposé par le FMI ont poussé au délitement de l’État. La dé- valuation du franc CFA en 1994, l’ex- plosion des prix, le pillage des res-
sources, la corruption encouragée par les logiques de prédation ont conduit à la pauvreté, aux inégalités et au dé- sarroi de la jeunesse. Si le peuple malien avait accueilli avec soulagement l’opération Serval il y a un an, des voix discordantes, au départ isolées, sont de plus en plus nombreuses. L’espoir issu de la libé- ration du septentrion malien et de l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta est progressive- ment en train de re- tomber. Comme en témoigne la faible participation aux législatives qui ont vu un retour aux pratiques d’avant la crise, avec des listes sans diffé- renciation idéolo- gique et un système institutionnel inopérant. Le risque est que le pays retombe dans les mêmes ornières. En refusant de faire l’analyse sé- rieuse des raisons qui ont amené à la déstabilisation du Mali, l’Élysée et le gouvernement, dans la logique du Livre Blanc d’avril 2013, ne veulent pas voir combien il est urgent de changer de politique. Il y a certes quelques efforts annoncés en matière de transparence des aides apportées
– avec un site dédié sur Internet – mais qui relèvent davantage d’un effet cosmétique. La « communauté internationale » s’est engagée à fournir 3,2 milliards de dollars au Mali. Pour l’instant, le quart a été investi et la suite est en point d’interrogation. Il s’agit de sau- poudrage, sans cohérence, alors qu’il conviendrait d’engager une véritable prospective de co-développement. Dans le même temps, les ac- teurs concernés font le constat que les pratiques économiques de domination per- durent, à com- mencer par l’ex- traction minière qui se poursuit hors de toute réelle maîtrise ma- lienne, et dans le maintien à l’écart des collectivités locales suceptibles de porter les revendications des po- pulations et leur aspiration à obtenir des retombées pour les territoires. Au Mali mais plus largement au Sahel, tout montre que la France cherche à contrôler l’incendie sans s’attaquer aux braises. Paris veut ainsi axer sa politique sur le seul plan sécuritaire, en assurant sa présence militaire à
long terme au nom de la « lutte contre le terrorisme ». Tout ceci bien sûr en lien avec les États-Unis, OTAN et partage des rôles obligent. La France revoit son dispositif en co- piant la stratégie US de présence dis- crète. Elle veut imposer au Mali un ac- cord opaque de coopération de dé- fense et veut mettre fin aux grandes implantations, coûteuses, trop visi- bles, pour implanter des « plots », souples, maillant le terrain. Pour sur- veiller les départs de feu, point be- soin de canadairs, la France achète des drones… L’ensemble de cette politique n’a pas pour objectif de renforcer les bases de développement mais simplement de perpétuer la domination au moin- dre coût. C’est à l’opposé d’une véri- table démarche de coopération mu- tuellement avantageuse accompa- gnant une nécessaire deuxième indépendance et à même de dévelop- per les relations économiques entre la France et l’Afrique.µ Dominique Josse Relations internationales du PCF- Afrique

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